Résultats 2002 du Groupe BCV

LE GROUPE BCV EN 2002 : 
MARCHE DES AFFAIRES SATISFAISANTE DANS UN ENVIRONNEMENT DIFFICILE

Malgré l'évolution défavorable de la conjoncture et des marchés financiers, le Groupe BCV affiche pour l'exercice 2002 un résultat opérationnel satisfaisant. Son bénéfice brut s'établit à CHF 320 millions, en baisse de 3% seulement par rapport à l'année précédente. La perte nette de l'exercice, de CHF 1,2 milliard, reflète les décisions prises l'automne dernier en matière d'assainissement du bilan par le renforcement des provisions et des fonds propres. La recapitalisation achevée à la fin du mois de février 2003 permet désormais à la BCV d'entamer son redressement sur des bases solides.

Produits globalement en hausse 
Le total des produits du Groupe BCV a progressé de 2,25% en 2002 pour s'établir à CHF 858,5 millions. Du fait de l'intégration de la société informatique Unicible au 1er juillet 2002, la part brute des filiales à ce montant est passée à 18,3%, contre 11,7% l'année précédente. A périmètre de consolidation constant, c'est-à-dire sans intégration d'Unicible, le total des produits aurait diminué de 3%.
La stabilité du produit net des opérations d'intérêts (-1,6% à CHF 429 millions) constitue un bon résultat dans un environnement marqué par une forte baisse des taux. Par rapport au total du bilan, la marge d'intérêts s'est même améliorée très légèrement, passant de 1,21% en 2001 à 1,22% l'an dernier.
Le produit net des opérations de commissions s'est chiffré à CHF 276 millions. Si les revenus nets des activités de gestion de fortune ont reculé de 12,5%, les autres catégories de commissions ont en revanche augmenté de 9,3%. Les opérations de négoce ont enregistré un résultat positif de CHF 60,4 millions, grâce à une hausse du produit des opérations sur devises, billets et métaux et à une réduction massive des pertes sur titres. Avec CHF 93,3 millions, les autres résultats ordinaires sont en baisse de CHF 32,3 millions (-25,7%). Ce poste avait bénéficié en 2001 du produit exceptionnel important (vente d'actions de la société Orange Communication). En 2002, il a bénéficié notamment d'un apport de quelque CHF 50 millions lié à la consolidation d'Unicible.

Des charges bien contrôlées 
L'intégration d'Unicible explique la hausse de l'effectif du Groupe (+12%) qui atteignait 2'679 personnes (en unités de travail à plein temps) et celle des charges de personnel (+9,6% à CHF 346,5 millions). Sans prendre en compte Unicible, les effectifs du Groupe auraient atteint 2'322 personnes (en unités de travail à plein temps) contre 2'326 personnes à fin 2001. Les autres charges d'exploitation ont été pour leur part contenues (-0,9% à CHF 192 millions). Globalement, les charges d'exploitation, dans lesquelles la part brute des filiales est de 24,2%, ont totalisé CHF 538,5 millions (+5,6%). A périmètre constant, ces charges auraient diminué de 0,5%.

Un résultat opérationnel satisfaisant 
Avec une diminution de 3% seulement à CHF 320 millions, le bénéfice brut de l'exercice 2002 démontre que le Groupe a réalisé une bonne performance dans le contexte très difficile de l'an passé. A périmètre constant, le bénéfice brut de l'exercice aurait été de CHF 307,1 millions (-6,9%).

Résultats nets influencés par les besoins en provisions et fonds propres 
Le compte de résultat consolidé présente une perte nette de CHF 1,2 milliard, qui résulte directement des mesures d'assainissement du bilan annoncées le 29 octobre 2002. La perte du dernier exercice inclut en effet l'attribution de CHF 850 millions aux correctifs de valeur, provisions et pertes, ainsi que celle de CHF 250 millions à la réserve pour risques bancaires généraux. Elle a été couverte entre-temps par l'émission d'un capital-participation de CHF 1,250 millions, achevée le 28 février 2003.
Le détail de ces opérations a été largement commenté à l'occasion des assemblées générales extraordinaires des 30 octobre 2002 et 5 février 2003.

Bilan en légère baisse 
Le total du bilan a reculé de CHF 965 millions (-2,7%) à CHF 35,1 milliards. Ce mouvement résulte surtout de l'évolution des avoirs et engagements en banque qui, comme en 2001, ont été volontairement réduits pour abaisser le niveau des fonds propres exigibles.

Recul de la demande de crédits 
Globalement, les avances à la clientèle ont baissé de CHF 959,4 millions à CHF 25,03 milliards (-3,7%). Le climat économique plus difficile n'est pas étranger à ce mouvement, comme l'indique le fait que les crédits commerciaux ont diminué bien davantage (-CHF 871,5 millions ou -8,6% à CHF 9,25 milliards) que les placements hypothécaires (-0,5% ou CHF 87,9 millions à CHF 15,78 milliards). Parmi les autres postes de l'actif, on relèvera la diminution des immobilisations financières (-CHF 332 millions ou -14,8% à CHF 1,92 milliard) due à concurrence des deux tiers à la réduction des positions en actions. Quant à la forte progression des autres actifs (+CHF 816 millions ou +54,8% à CHF 2,31 milliards), elle est liée notamment à l'augmentation de la valeur de remplacement positive des opérations sur instruments dérivés.

Bonne tenue des dépôts de la clientèle 
Au passif, les dépôts de la clientèle et les emprunts à long terme totalisaient CHF 27,2 milliards au 31 décembre 2002, marquant ainsi un léger recul de CHF 291 millions ou de 1%. Les engagements sous forme d'épargne et de placements ont diminué quelque peu, revenant à CHF 8,34 milliards en fin d'année (-CHF 176 millions ou -2%), et les bons de caisse ont subi les effets de la baisse des taux (?CHF 48 millions ou -7,8% à CHF 577 millions). Les correctifs de valeurs et provisions ont augmenté fortement (+CHF 788 millions ou +CHF 47,5% à CHF 2,45 milliards), conformément aux décisions prises en la matière l'automne dernier. Quant aux fonds propres, ils ont été alimentés en 2002 par l'augmentation du capital-actions (CHF 628 millions) et par l'attribution aux réserves pour risques bancaires généraux (CHF 250 millions). Après déduction de la perte de l'exercice de CHF 1,2 milliard, ils s'établissaient à CHF 1,17 milliard au 31 décembre 2002, en baisse de CHF 332 millions par rapport à l'année antérieure.

L'année 2003 sous le signe du renouveau 
Sur le plan opérationnel, l'exercice 2002 a montré que le Groupe BCV a la capacité de générer un cash flow solide. L'année 2003 sera donc placée sous le signe du renouveau. Le contexte général reste certes difficile, mais le Groupe dispose des moyens nécessaires pour y faire face. L'émission du capital-participation en février 2003, pour un montant brut de CHF 1,25 milliard, a porté les fonds propres à plus de CHF 2,3 milliards et les provisions dépassent CHF 2,4 milliards, donnant à la Banque une assise financière solide.
Pour 2003, l'objectif est de retrouver un résultat net positif. Les mesures internes prises à court terme, touchant à la maîtrise des risques et des coûts, ainsi qu'au mode de fonctionnement de la Banque, devraient permettre d'atteindre cet objectif malgré une situation conjoncturelle et des marchés financiers toujours difficiles.

Lausanne, le 25 mars 2003