Suisse: «Small is beautiful»
Notre préférence pour les petites et moyennes capitalisations suisses se confirme pour le troisième trimestre. Elles peuvent s’appuyer sur des indicateurs avancés (PMI) qui ont atteint en mai leur plus haut niveau depuis l’été 2022. Les Small et Mid caps en sont les premières bénéficiaires, grâce à une plus forte exposition à l’économie domestique que les grandes valeurs du SMI.
Par ailleurs, l’amélioration progressive du climat en Europe, leur principal débouché à l’export, constitue un soutien additionnel. La détente géopolitique liée à la perspective d’une désescalade au Moyen-Orient devrait redonner des couleurs à l’économie du Vieux Continent, en contribuant à stabiliser les coûts énergétiques.
En outre, les petites et moyennes valeurs de la cote helvétique occupent souvent des positions de niche dominantes à l’échelle mondiale, ce qui leur confère une résilience propre, indépendante des fluctuations du cycle. Enfin, leur niveau de valorisation reste raisonnable comparé aux grandes capitalisations, offrant un point d’entrée encore attractif dans un segment combinant croissance, qualité et visibilité.
L’Europe se réinvente
Dans la mesure où les valeurs technologiques américaines, très entourées au deuxième trimestre, montrent quelques signes d’essoufflement, les actions européennes retrouvent de l’intérêt. Elles constituent un axe de diversification intéressant pour un portefeuille centré sur la Suisse, notamment en raison de leur composition sectorielle plus large que celle du SMI. Le marché européen offre une exposition naturelle aux secteurs industriels, financiers et bancaires, traditionnellement sous-représentés dans l’univers helvétique.
Au-delà de cette complémentarité, la transformation structurelle de l’économie européenne plaide pour un regain de confiance. L’Allemagne en est l’illustration: rompant avec son modèle traditionnel adossé à l’automobile et à la chimie, deux secteurs concurrencés par la Chine, elle se réoriente vers la défense, l’aéronautique et les équipements électroniques. Les nouvelles commandes industrielles confirment cette dynamique. Cette transition structurelle soutient un scénario de reprise graduelle de la première économie du Vieux Continent.
L’attrait des pays émergents
Dans la continuité du remarquable exercice 2025, la dynamique des marchés émergents se poursuit en 2026, mais avec une logique différente. Après une phase de revalorisation marquée, c’est désormais la croissance des bénéfices qui constitue le principal moteur de performance. Les révisions bénéficiaires se redressent plus rapidement dans la plupart des économies émergentes que dans les marchés développés, renforçant l’attrait relatif de cet univers.
L’Asie du Nord se distingue particulièrement, portée par la thématique de l’intelligence artificielle et par des améliorations de gouvernance en Corée du Sud et en Chine. Les initiatives de recentrage sur la rentabilité, l’amélioration de la rémunération des actionnaires et la lutte contre les excès concurrentiels soutiennent une lecture positive des perspectives.
En parallèle, le différentiel de valorisation demeure significatif, avec des multiples nettement inférieurs à ceux des marchés développés, ce qui renforce aujourd’hui l’intérêt d’une exposition graduelle aux pays émergents.