1. Quel positionnement en actions adopter d’ici l’été?
L’appréciation de l’environnement géoéconomique actuel débouche sur une lecture nuancée. Les risques de dégradation conjoncturelle sont contrebalancés par la perspective d’une sortie du conflit iranien d’ici l’été, ce qui plaide pour une allocation neutre en actions. La tendance restera vraisemblablement irrégulière, jalonnée d’épisodes de volatilité avant une reprise plus pérenne des indices. Dans une optique prudentielle, les thématiques les plus exposées au cycle – moyennes valeurs allemandes et financières américaines – ont été coupées. Nous apprécions en revanche les actions suisses à hauts dividendes, dont la visibilité des flux offre une certaine sécurité dans un environnement de moindre lisibilité sur les bénéfices, ainsi que le segment des petites et moyennes capitalisations suisses, dont la diversité élargit la palette d’exposition au-delà des grandes valeurs du SMI. La technologie américaine, immunisée contre la hausse des prix de l’énergie et porteuse des meilleures perspectives bénéficiaires aux États-Unis a également été renforcée.
2. Et dans l’obligataire?
La sous-exposition des portefeuilles aux obligations s’est révélée un atout majeur à l’entrée en guerre. Ce positionnement est maintenu dans un contexte où les risques dominants relèvent d’un scénario inflationniste. Nous conservons intacte notre exposition aux emprunts en franc, qui ont pleinement joué leur rôle de valeur refuge au pic des tensions. Le choix de diversifier l’exposition aux obligations domestiques et au crédit High Yield avec des gestions internationales actives s’est également avéré payant. Il a permis d’amortir le choc tout en élargissant les sources de rendement. La forte remontée des taux a par ailleurs conduit à des achats opportunistes sur des obligations européennes, couvertes contre le risque de change. Les emprunts en euros sont en effet ceux qui ont le plus intégré le risque de stagflation et qui nous paraissent aujourd’hui les plus attractifs en termes de valorisation.
3. Qu’attendre du franc?
L’EUR/CHF est étroitement lié à la conjoncture allemande, sérieusement ébranlée par le conflit iranien. Le potentiel de rebond de l’euro apparaît dès lors limité: la paire devrait évoluer dans une fourchette de CHF 0,90 à 0,95 dans les mois qui viennent. Les hausses de taux anticipées de la BCE ne devraient pas inverser cette tendance. Le dollar, de son côté, s’il s’est apprécié durant la phase d’escalade grâce à l’autosuffisance énergétique des États-Unis, a recommencé à perdre du terrain après l’annonce du cessez-le-feu. Ne nous y trompons pas: même protégé contre le renchérissement du pétrole, le billet vert sera pénalisé à moyen terme par les retombées budgétaires du conflit. La reconstitution des stocks militaires pèsera sur des finances publiques déjà sous tension, réduisant une flexibilité fiscale déjà mise à mal. Le dollar devrait évoluer entre CHF 0,75 et 0,80 dans les prochains mois.