Un choc protectionniste inédit
Le 2 avril, l’imposition de droits de douane «réciproques» par les États-Unis a constitué une rupture historique avec l’ordre commercial d’après-guerre. Les marchés ont décroché avant de se redresser, à mesure que la Maison Blanche laissait entrevoir une trêve. Cet épisode a néanmoins fait un grand perdant: le dollar qui, à rebours de sa réputation de valeur refuge, a chuté sans trouver de catalyseurs pour se relever. En miroir, l’or s’est envolé, tandis que les performances des actifs américains, ramenées en franc suisse, ont souffert.
Normalisation progressive
La spirale négative a pu être enrayée, grâce à une succession d’accords commerciaux bilatéraux. Les craintes de récession et d’emballement inflationniste ne se sont pas concrétisées. La Réserve fédérale (Fed) s’est gardée d’assouplir trop tôt sa politique monétaire et les partenaires commerciaux des États-Unis ont renoncé aux mesures de rétorsion. La détente tarifaire s’est poursuivie à l’automne avec la trêve sino-américaine sur les terres rares et l’accord de principe conclu entre Berne et Washington. L’adoption du budget américain, début juillet, la reprise du cycle de baisse des taux de la Fed en septembre, la solidité des résultats des sociétés et la fin du «shutdown», mi-novembre, ont également contribué à restaurer un climat de confiance.
Le moteur de l’IA
Le cycle d’investissement lié à l’IA a été un autre moteur essentiel de la croissance et des marchés. Les grandes entreprises technologiques ont lancé ou étendu des projets d’infrastructures se chiffrant en centaines de milliards de dollars, soutenant les actions au-delà du secteur technologique. Le caractère circulaire de ces investissements, ainsi que les interrogations sur leur rentabilité, ont toutefois ravivé les inquiétudes à l’égard des valorisations devenues exigeantes.
En Suisse, outre la saga tarifaire, l’année a été marquée par un franc toujours fort et par le retour à des rendements obligataires très faibles, après la décision de la Banque nationale suisse de ramener son taux directeur à zéro. Dans ce contexte, la sous-exposition aux emprunts helvétiques, tout comme le renforcement des positions dans l’immobilier indirect et dans l’or, figurent parmi les points forts de notre gestion en 2025. En ce qui concerne les actions, l’effort de diversification, à la fois géographique et sectoriel, a permis de tirer parti des marchés boursiers tout en réduisant le risque induit par la forte valorisation et la concentration du marché américain.