1. Quel est votre positionnement en actions à l’orée du troisième trimestre?
Les actions mondiales ont bénéficié de la solidité des bénéfices des entreprises, notamment dans le secteur des semi-conducteurs. En avril, nous avons complété notre exposition à la technologie américaine sans reprendre de risque lié au dollar. La pondération significative du marché suisse continue de jouer un rôle stabilisateur grâce à la thématique à hauts dividendes, complétée par les petites et moyennes capitalisations, plus sensibles au cycle économique mondial. Nous maintenons notre conviction dans les marchés émergents et l’Europe. En juin, nous avons pris quelques profits à la suite du très fort rebond intervenu depuis fin mars. Pour les prochains mois, nous conservons une pondération neutre en actions. Cette position reflète un équilibre entre, d’une part, la résistance des économies et des bénéfices des sociétés et, d’autre part, un environnement géopolitique perturbé. La diversification reste essentielle. Elle permet de traverser les fluctuations sans dépendre excessivement d’un seul moteur de performance dans une phase de marché où les leaderships peuvent changer rapidement.
2. Et dans l’obligataire?
L’exposition obligataire reste largement sous-pondérée dans les portefeuilles, car le régime de risque n’est plus déflationniste. Plus fondamentalement, hors de la Suisse et de quelques autres États, le statut de valeur refuge des emprunts souverains est de plus en plus remis en question, notamment en raison des dérives de l’endettement public. La hiérarchie des risques dans les portefeuilles obligataires doit être ainsi repensée. Les stratégies passives et indicielles doivent être évitées, car elles favorisent systématiquement les émetteurs les plus endettés. Il faut approcher ce type d’émetteurs de façon opportuniste et ne pas hésiter à diversifier. Le poids du Canada, de la Nouvelle-Zélande ou de la Suisse est négligeable dans les indices, pourtant ce sont les marchés souverains les plus performants en 2026. Nous favorisons les gestions actives qui non seulement expriment des préférences géographiques ou sectorielles marquées, mais qui s’exposent également aux différents relais de performance de la classe d’actifs (courbes de taux, devises, taux réels, anticipations d’inflation).
3. Qu’attendre du franc?
Peu recherché dans un contexte de choc énergétique qui bénéficie davantage aux devises des pays exportateurs de pétrole, le franc s’est stabilisé à des niveaux qui restent élevés. L’après-conflit devrait ouvrir la voie à une poursuite de cette tendance indécise, la réouverture du détroit d’Ormuz devrait en effet bénéficier à l’euro, moins au dollar. Les deux devises vont donc continuer à se compenser peu ou prou. Pour la BNS, la meilleure stratégie se résume à observer et attendre. Étant donné une conjoncture fragilisée, elle n’a aucune raison de se presser pour relever les taux et susciter une appréciation du franc qui n’a pas réellement lieu d’être, l’inflation restant contenue.