1. Quel positionnement en actions adopter pour la fin de l’année?
Notre appréciation des marchés des actions demeure constructive, mais empreinte de prudence. Nous maintenons ainsi une exposition neutre, en ligne avec nos allocations de référence. Les résultats d’entreprises et leurs perspectives bénéficiaires continuent de surprendre positivement, soutenus notamment par l’essor des investissements en intelligence artificielle qui stimulent les marchés mondiaux. De plus, l’assouplissement monétaire initié par la Réserve fédérale allège le coût du capital et apporte un soutien additionnel. Toutefois, plusieurs facteurs nous invitent à la prudence. Les valorisations apparaissent exigeantes, quelles que soient les métriques retenues. Par ailleurs, la concentration des indices rend les marchés vulnérables à des corrections en cas de déception sur un nombre restreint de valeurs. Enfin, la trajectoire de la dette américaine et les pressions politiques exercées sur la Fed pour en réduire la charge d’intérêts constituent des risques majeurs. Les évolutions sur ces deux fronts auront un impact déterminant sur le dollar, l’or et plus largement sur l’attrait des actifs américains.
2. Et dans l’obligataire?
Le positionnement obligataire demeure délicat. Les emprunts suisses affichent des rendements trop faibles pour être compétitifs, tandis que l’érosion de la confiance vis-à-vis de nombreux émetteurs souverains à haut revenu réduit l’attrait de ce segment de la dette internationale. Face à ces contraintes, nous avons diversifié nos expositions en privilégiant des solutions moins directionnelles, moins sensibles à l’évolution des taux longs.
Nous avons également choisi de sous-pondérer la poche obligataire afin de renforcer l’allocation vers l’immobilier et l’or. Ces actifs offrent des caractéristiques aujourd’hui difficiles à retrouver dans les obligations: une protection contre l’inflation et une couverture contre la montée du risque souverain. L’or, en particulier, s’est apprécié depuis 2022 contre l’ensemble des devises, et non pas uniquement contre le dollar.
3. Qu’attendre du franc?
Le franc suisse s’est nettement renforcé, pris entre un euro résilient et un dollar en recul marqué. Dans ce contexte, la BNS devrait maintenir le statu quo. Un retour aux taux négatifs est improbable, car il serait immédiatement sanctionné par Washington. Parallèlement, la relative stabilité de l’euro, combinée aux premiers effets de la relance allemande, compense partiellement la faiblesse du dollar et l’impact des mesures tarifaires.
Le potentiel de la monnaie européenne reste néanmoins limité par la sous-évaluation persistante des devises asiatiques et par l’incertitude politique en France. De son côté, le dollar demeure particulièrement sensible aux orientations budgétaires et monétaires arrêtées à Washington, ce qui continuera de conditionner son évolution face aux autres grandes devises.