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Croissance encourageante, perspectives ambiguës

  • La conjoncture tient en dépit de certains signes de fragilité.
  • La dégradation des finances publiques des pays développés préoccupe.
  • L’intérêt pour l’obligataire décroît, au profit de l’or et de l’immobilier.

La croissance est toujours au rendez-vous. Après avoir atteint en août son niveau le plus élevé depuis 14 mois, l’indice des directeurs d’achats PMI composite mondial a légèrement reculé en septembre, mais il reste confortablement installé en zone d’expansion. La résilience de l’activité est encourageante, mais les perspectives sont plus ambiguës que ce qui est suggéré en première lecture. Le secteur manufacturier reste fragile, l’indice de production à venir recule, les entreprises américaines invoquent les hausses de coûts liées aux droits de douane. Les politiques tarifaires à géométrie variable de Donald Trump ne sont pas stabilisées et la Cour suprême devra se prononcer sur leur légalité d’ici la fin de l’année.
 

La Fed entre deux feux

Outre-Atlantique, les créations d’emplois ont significativement ralenti, le taux de chômage reprend le chemin de la hausse et les nouvelles allocations chômage ont rebondi. Parallèlement, les prix ne baissent plus et l’inflation reste bien supérieure à la zone de stabilité des prix, à 2%. Le principal facteur responsable de la ténacité des prix est la hausse de l’inflation des biens de consommation de base, l’impact des droits de douane commençant à se faire sentir. Dans le même temps, l’inflation des services, y compris le logement, demeure élevée, bien au-dessus des taux d’avant la pandémie.
Pour la Réserve fédérale (Fed), les derniers rapports de l’emploi l’ont emporté sur les chiffres d’inflation. Pour la première fois cette année, elle a baissé son taux de référence de 25 points de base en septembre. Les marchés se sont empressés d’ajuster à la hausse leurs perspectives de baisses de taux. Tiraillée entre le soutien à la croissance et la maîtrise de l’inflation, la Fed marche toutefois sur une ligne de crête. La pression exercée par Donald Trump sur l’institution pour baisser drastiquement son taux directeur n’arrange rien. Elle contribue à éroder sa crédibilité et à fragiliser le dollar.

La BCE en position d’attente

En Europe, les indicateurs avancés se sont redressés, l’incertitude tarifaire a régressé et le plan d’investissement allemand permet d’en amortir les effets. Cette embellie est néanmoins péjorée par la crise budgétaire qui couve en France. Faute de majorité à l’Assemblée nationale, la situation va vraisemblablement perdurer jusqu’aux prochaines élections, en 2027. Après huit baisses de taux qui ont ramené le taux directeur dans la zone de neutralité à 2%, la BCE a adopté une stratégie plus attentiste. Les marchés n’anticipent pas de nouvelle intervention avant 2026, mais la forte appréciation de l’euro en 2025 pourrait forcer la main de la BCE pour agir plus tôt, sans parler des risques pour la croissance générés par la situation en France.

Désordre budgétaire généralisé

Comme notre voisine, beaucoup de pays à haut revenu affichent une situation budgétaire préoccupante. Ces inquiétudes se traduisent dans les marchés par la sous-performance des échéances obligataires longues qui n’ont pas suivi le mouvement de baisse des rendements des échéances courtes, notamment aux États-Unis, au Japon, au Royaume-Uni et en France. Les mouvements restent toutefois limités, car les émetteurs souverains ont globalement profité de l’environnement de taux faibles de la décennie passée pour allonger la maturité de leurs emprunts. Cette précaution leur donne plus de temps avant de voir s’installer une spirale funeste entre les taux et le niveau de déficit. La crise obligataire reste donc «larvée», mais un constat s’impose: la classe d’actifs voit son caractère diversifiant s’amenuiser et, au-delà, c’est le statut d’actif «refuge» des emprunts souverains qui va de plus en plus être remis en question si rien n’est fait pour traiter les problèmes budgétaires.
 

Sous-exposition obligataire

Combinées à la faiblesse des rendements en francs suisses, les carences de l’obligataire étranger militent pour une sous-pondération en obligations dans les portefeuilles. Réduire l’exposition au profit de l’immobilier et de l’or permet de retrouver certaines caractéristiques qui font désormais défaut aux obligations, comme l’indexation des revenus à l’inflation et la protection contre la dégradation du risque souverain. La part en actions des allocations reste en revanche proche de la neutralité.

La stratégie d’investissement en 3 questions

Allocation d’actifs: vigilance et sélectivité

1. Quel positionnement en actions adopter pour la fin de l’année?

Notre appréciation des marchés des actions demeure constructive, mais empreinte de prudence. Nous maintenons ainsi une exposition neutre, en ligne avec nos allocations de référence. Les résultats d’entreprises et leurs perspectives bénéficiaires continuent de surprendre positivement, soutenus notamment par l’essor des investissements en intelligence artificielle qui stimulent les marchés mondiaux. De plus, l’assouplissement monétaire initié par la Réserve fédérale allège le coût du capital et apporte un soutien additionnel. Toutefois, plusieurs facteurs nous invitent à la prudence. Les valorisations apparaissent exigeantes, quelles que soient les métriques retenues. Par ailleurs, la concentration des indices rend les marchés vulnérables à des corrections en cas de déception sur un nombre restreint de valeurs. Enfin, la trajectoire de la dette américaine et les pressions politiques exercées sur la Fed pour en réduire la charge d’intérêts constituent des risques majeurs. Les évolutions sur ces deux fronts auront un impact déterminant sur le dollar, l’or et plus largement sur l’attrait des actifs américains.

2. Et dans l’obligataire?

Le positionnement obligataire demeure délicat. Les emprunts suisses affichent des rendements trop faibles pour être compétitifs, tandis que l’érosion de la confiance vis-à-vis de nombreux émetteurs souverains à haut revenu réduit l’attrait de ce segment de la dette internationale. Face à ces contraintes, nous avons diversifié nos expositions en privilégiant des solutions moins directionnelles, moins sensibles à l’évolution des taux longs.

Nous avons également choisi de sous-pondérer la poche obligataire afin de renforcer l’allocation vers l’immobilier et l’or. Ces actifs offrent des caractéristiques aujourd’hui difficiles à retrouver dans les obligations: une protection contre l’inflation et une couverture contre la montée du risque souverain. L’or, en particulier, s’est apprécié depuis 2022 contre l’ensemble des devises, et non pas uniquement contre le dollar.

3. Qu’attendre du franc?

Le franc suisse s’est nettement renforcé, pris entre un euro résilient et un dollar en recul marqué. Dans ce contexte, la BNS devrait maintenir le statu quo. Un retour aux taux négatifs est improbable, car il serait immédiatement sanctionné par Washington. Parallèlement, la relative stabilité de l’euro, combinée aux premiers effets de la relance allemande, compense partiellement la faiblesse du dollar et l’impact des mesures tarifaires.
Le potentiel de la monnaie européenne reste néanmoins limité par la sous-évaluation persistante des devises asiatiques et par l’incertitude politique en France. De son côté, le dollar demeure particulièrement sensible aux orientations budgétaires et monétaires arrêtées à Washington, ce qui continuera de conditionner son évolution face aux autres grandes devises.