À fin octobre, le taux moyen d’un nouvel emprunt à taux fixe sur 5 ans s’inscrivait à environ 1,6%, tandis que celui d’un emprunt à 10 ans était d’environ 1,9%.
Alors qu’ils remontaient légèrement au début de l’année, grâce à l’éloignement de la menace du retour des taux négatifs, les taux d’intérêt se sont à nouveau repliés du fait de la baisse de l’inflation et des remous provoqués par l’annonce par les États-Unis, début avril, de droits de douane élevés sur une large liste de produits importés depuis la plupart des économies du monde. Sur les dix premiers mois de l’année, le rendement des obligations à 10 ans de la Confédération a évolué sous le seuil de 0,5% et le taux des hypothèques à taux fixe à 5 et 10 ans sous celui de 2%.
Malgré une amélioration de la visibilité, avec des accords entre les États-Unis et plusieurs pays, dont un avec la Suisse qui ramène de 39% à 15% les droits de douane additionnels sur de nombreux produits, le degré d’incertitude reste élevé. La force du franc aidant, la Suisse continue de bénéficier de taux d’intérêt bas, en comparaison historique, mais aussi géographique par rapport au loyer de l'argent en euros ou en dollars.
Après sa remontée, liée à la forte poussée de l’inflation entre 2021 et 2022, le rendement des obligations à 10 ans de la Confédération est reparti à la baisse courant 2023. En revanche, malgré le recul du renchérissement des deux côtés de l’Atlantique, les rendements du Bund allemand, référence pour la zone euro, et des bons du Trésor américain n’ont montré aucun signe de détente. À mi-novembre, les rendements du Bund allemand et des bons du Trésor américain atteignaient respectivement 2,7% et 4,1%, des niveaux similaires à ceux de 2023, alors que celui des obligations de la Confédération est passé depuis d’environ 1,5% à moins de 0,5%.
Cette divergence s’explique en partie par des trajectoires d’inflation différentes en Suisse et dans d’autres pays industrialisés. Dans notre pays, le renchérissement est remonté à 3,5% en août 2022, avant de redescendre; il est repassé sous la barre des 2% en juin 2023 et, depuis avril dernier, il est proche de 0%; en octobre, il s’est inscrit à 0,1% en rythme annuel. La Banque nationale suisse (BNS) a eu les coudées franches pour assouplir sa politique monétaire. Son taux directeur est passé de 1,75% à 0% entre mars 2024 et juin 2025. Dans la zone euro et aux États-Unis, le renchérissement était monté jusqu’à respectivement 10,6% et 9,1% en 2022; il restait encore au-dessus de la barre des 2% en automne 2025.
Après leur remontée en 2022 et un plateau aux alentours de 3% jusqu’à la fin du troisième trimestre 2023, les taux fixes des nouvelles hypothèques à 5 et 10 ans sont à nouveau descendus en Suisse. Ainsi, à fin octobre, le taux moyen d’un nouvel emprunt à taux fixe sur 5 ans s’inscrivait à environ 1,6%, tandis que celui d’un emprunt à 10 ans était d’environ 1,9%. Ces taux sont comparables à ceux qui étaient observés en 2014 et 2018, respectivement. Par rapport aux taux les plus avantageux disponibles durant quelques mois au début de la crise du COVID-19, ils ne sont plus élevés que d’environ un demi-point de pourcentage.
Le potentiel de poursuite de la baisse semble donc limité. Son taux directeur est à 0% et, à moins de réintroduire des taux négatifs, la BNS n’a pas de marge de manœuvre avec cet outil de politique monétaire. Quant aux taux à long terme, leur repli semble enclin à marquer le pas. Dans les dernières prévisions pour la Suisse du Secrétariat d’État à l’économie, le rendement des obligations à 10 ans de la Confédération remonterait très légèrement, de 0,4% cette année à 0,5% l’an prochain.