Boucherie Grandjean

André Bourdilloud a réalisé son apprentissage dans la boucherie Grandjean, à Cheseaux-sur-Lausanne. Il en a pris la tête en 2018.

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Entrepreneurs11 juin 2018

Reprendre l’entreprise qui vous emploie

André Bourdilloud, employé de la boucherie Grandjean, a repris l’établissement en utilisant notamment une solution de financement BCV et Cautionnement romand.

Lorsqu’à 15 ans, André Bourdilloud commence son apprentissage dans la boucherie Grandjean, il ne s’imaginait pas diriger un jour l’entreprise. Et bien des années plus tard, quand le dirigeant de cette maison familiale de neuf employés lui annonce prendre sa retraite et lui propose de prendre sa suite, la surprise est «totale» pour lui. «On ne s’attendait pas à ce qu’il parte à ce moment-là.» Pourtant, l’ancien apprenti, fort de 20 ans d’expérience dans l’établissement et responsable de la fabrication, décide de relever le défi. Sur le plan pratique, il souhaitait que son épouse puisse occuper le poste de responsable administrative. «J’avais besoin d’un bras droit à qui je puisse faire confiance et je ne me voyais pas gérer la comptabilité moi-même. Monsieur Grandjean travaillait également avec son épouse, qui a pris sa retraite avec lui.»

Plusieurs sources de financement

Sur le plan financier, une difficulté se pose. «Ayant souscrit tout récemment un prêt pour acheter un appartement, je n’avais pas les fonds disponibles pour pouvoir racheter l’établissement.» C’est la BCV qui a joué le rôle de coordinateur et de facilitateur. «La Banque a réuni tous les acteurs autour de la table pour réfléchir aux solutions possibles. C’est d’elle qu’est venue la solution. C’est important, car, sans cela, c’est encore un commerce local qui aurait pu disparaître», note André Bourdilloud. Cette solution a consisté à trouver plusieurs sources de financement pour le rachat: un apport en fonds propres de la part d’André Bourdilloud et un prêt de la Banque pour lui permettre de racheter une partie du fonds de commerce, dont une partie garantie par le Cautionnement romand. «C’est un établissement que je ne connaissais pas, mais qui apporte une garantie supplémentaire pour la Banque, sans rendre le prêt plus onéreux. Je paie ce service en versant une commission annuelle.» Enfin, un prêt privé au remboursement échelonné sur plusieurs années, a été accordé à André Bourdilloud. Ce montage a permis à André Bourdilloud, père de deux enfants, de conserver un revenu mensuel adapté à ses besoins.

Cette solution complexe a nécessité près de huit mois et plusieurs rencontres avant d’être totalement finalisée. Une durée parfois difficile à gérer, «car les employés veulent savoir comment l’entreprise continue et on ne peut rien dire tant que tout n’est pas signé», mais qui a aussi permis à André Bourdilloud de reprendre l’entreprise clé en main. Il a d’ailleurs décidé de conserver le nom du propriétaire précédent. «Je n’ai aucune intention de changer les recettes ou les produits.» Les clients, eux, lui demandent parfois comment se passe sa nouvelle vie. «Je leur dis toujours: si ça va pour vous, c’est que ça va pour moi.»

 Camille Andres, rédactrice, pour la BCV

 

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