Cédric Haldimann (à droite) et Bernard Krieg (au centre) ont expliqué à Alexandre Berthoud (à gauche), responsable régional PME dans le Nord à la BCV, les moments clés du changement de génération à la tête de Weinmann Énergies à Échallens.

Entreprises 31 mars 2026

«Nous sommes entrés progressivement dans notre nouveau rôle»

Ils ont repris à cinq l’entreprise dans laquelle ils travaillaient. Depuis le 1er janvier, Luc Giger, Egilio Berlendis, Alessandro Callea, Julien Regamey et Cédric Haldimann, sont à la tête de Weinmann Énergies, dont le siège est à Échallens. Une transaction par étapes en collaboration avec les vendeurs, Enrique Zurita, Philippe Clerc et Bernard Krieg.

«Nous nous sommes mis au vert une fois par an pour réfléchir au futur de Weinmann Énergies». Cédric Haldimann a repris, avec quatre collègues, au 1er janvier de cette année, l’entreprise dans laquelle il travaillait, Weinmann Énergies, un bureau d’ingénieurs spécialisé dans les installations techniques des bâtiments, à Échallens. Une transmission qui illustre bien les constats des spécialistes de ce type de transactions qui peuvent être résumés en quatre étapes clés: anticiper, préparer, transmettre et intégrer.

Entre ces séances de réflexion et la clôture du dossier, plus de cinq ans se sont écoulés. Une période qui a donné le temps aux repreneurs, Luc Giger, Egilio Berlendis, Alessandro Callea, Julien Regamey et Cédric Haldimann, d’entrer petit à petit dans leur futur rôle. Parmi les étapes importantes, Cédric Haldimann cite celle qui leur a permis de réunir leurs actions au sein d’une holding créée tôt dans la démarche, en 2021. Souvent utilisée, cette structure facilite une reprise, notamment sur le plan fiscal et sur le plan financier. Tout en poursuivant l’acquisition des actions restantes, «nous avons accru progressivement notre activité sur le plan opérationnel», explique-t-il. Idem ensuite pour les tâches directoriales. Le tout bien sûr en accord avec les patrons en place.

Une première expérience

Les vendeurs avaient l’avantage d’avoir déjà vécu une transmission. En effet, Enrique Zurita, Philippe Clerc et Bernard Krieg ont repris en 2007 la société créée en 1980 par Charles Weinmann et qui emploie aujourd’hui une centaine de collaborateurs et collaboratrices entre Échallens, Vernier et Neuchâtel. «Nous étions tous d’accord sur le but essentiel: assurer la pérennité de l’entreprise, mais nous ne pouvons nier qu’il y a un gros enjeu émotionnel derrière cette décision de passer le flambeau. L’entreprise, c’est la famille». Pour Bernard Krieg, la vente à des cadres constituait ainsi la solution la plus en ligne avec leur projet, leur vision.

Les dirigeants ont tôt établi une feuille de route pour jalonner l’entrée en fonction de la nouvelle équipe. «Jusqu’à la gestion financière, qui est le poumon de l’entreprise», précise Bernard Krieg. Il insiste sur la transmission de ce qu’il appelle «les sources». Ces savoirs qui s’il s’agit de mettre en pratique pour un fonctionnement linéaire de l’entreprise tout au long de la démarche et après. Et d’ajouter: «il est aussi important de responsabiliser les repreneurs en développant leur esprit d’entrepreneur. Ce n’est pas anodin de passer de collègue à chef».

Changement générationnel

La quête de repreneur commence en fait bien en amont. Au-delà d’identifier les profils qui s’enrichissent les uns les autres, il s’agit aussi de trouver les personnes prêtes à endosser un rôle particulier, aux tâches multiples. Ainsi, de discussion en discussion, afin de trouver les compétences et les ressources financières nécessaires, décision a été prise de constituer une direction collégiale à cinq. Organisée différemment. Bernard Krieg parle de changement générationnel. Leur triumvirat était organisé hiérarchiquement. «Nous avons opté pour une hiérarchie plate, résume Cédric Haldimann. Nous avons réussi à rassurer nos prédécesseurs en leur expliquant notre mode de fonctionnement».

Penser à l’après

Le rôle des vendeurs ne s’arrête pas à la remise des clés de l’entreprise. «Nous avons choisi les trois une trajectoire différente.» Non loin, voire dans l’entreprise. D’ailleurs, les repreneurs soulignent l’importance de les avoir à leurs côtés.

Et chacun de conclure à la vue des défis qui les attendent. «Nous avons désormais les compétences et le réseau de cinq personnes pour poursuivre le développement de l’entreprise dans la continuité. Si je devais retenir deux éléments de la transaction, c’est vraiment d’anticiper et de bien s’entourer», résume Cédric Haldimann en précisant qu’ils ont tôt fait appel à une société spécialisée dans la transmission d’entreprise pour leur accompagnement. Quant à Bernard Krieg, il pointe la notion «de vision pour l’entreprise. Mais il faut aussi prendre le temps d’optimiser ce fameux après, pour soi.» Notamment en passant par la case planification financière. «Cela dit, rien n’est jamais totalement réglé. Les étapes d’une transmission, il faut les vivre».