Nicolas Brönnimann (à droite), CEO du Groupe Garden-Centre Jean Brönnimann SA, a repris en 2016 l’entreprise créée par son grand-père et développée par son père. Il vient d’acquérir Joss Parcs et Jardins SA à Saint-Légier. Il est en discussion avec David Hunacek (à gauche), responsable régional PME, Chablais, à la BCV.

Entreprises 31 mars 2026

«Dans un rachat, la gestion du temps est vraiment clé»

Le Groupe Garden-Centre Jean Brönnimann SA de Noville vient de reprendre Joss Parcs et Jardins SA à Saint-Légier. Retour sur une transaction qui a dû se faire rapidement avec Nicolas Brönnimann qui a repris, il y a dix ans, l’entreprise créée par son grand-père en 1954 et développée par son père.

S’il dit ne pas avoir de conseil à donner, il a de l’expérience à partager. Nicolas Brönnimann, CEO du Groupe Garden-Centre Jean Brönnimann SA, a repris en 2016 l’entreprise créée par son grand-père en 1954 et développée par son père. Il vient d’acquérir Joss Parcs et Jardins SA à Saint-Légier.

En dix ans, il a diversifié le groupe en ajoutant à la jardinerie le secteur du paysagisme. Un coup d’œil à l’entrée du magasin de Noville résume bien le parcours d’une entreprise qui a dû asseoir sa place sur un marché pour le moins concurrentiel. Si Pâques et le printemps restent une période clé, les étals regorgent de plantes et d’objets désirables tout au long de l’année. Et ceci sans même parler des chantiers sur différents sites de la région et au-delà.

Diversification nécessaire

Sa stratégie, Nicolas Brönnimann l’explique par l’ajout d’une activité moins dépendante de la météo, moins concentrée sur une petite partie de l’année, en l’occurrence le printemps. Jardinier oui mais aussi paysagiste. Cette diversification passe actuellement par la reprise de l’entreprise Joss. Il sourit. «Nous avons un mois d’avance sur le planning, je peux me concentrer maintenant vraiment sur l’opérationnel». Il revient sur cette transaction qui a dû se faire rapidement.

Dans un secteur en concentration, la notion de taille prend toute son importance. L’opportunité de reprendre Joss se présente alors que l’idée de grandir gagnait en maturité. «Nous avons vite décelé les synergies potentielles, avons constaté les grandes compétences internes, le fait que la structure fonctionnait bien. En résumé, nous pouvions cocher beaucoup de cases». Et aujourd’hui, l’intégration avance.

Bien s'entourer

Avec le recul dont il dispose, il constate: «l’important, c’est d’être bien entouré.» Il raconte. «Il faut passer du temps à Saint-Légier pour rencontrer les gens, les inclure dans le projet, les fédérer avec ceux de Noville, du temps aussi pour comprendre le fonctionnement, la culture, pour analyser les chiffres.» Après, il y a donc l’opérationnel. «Il faut ensuite uniformiser les systèmes, notamment comptables, les processus.» Un travail de longue haleine qui doit être soigné dans les détails.

Nicolas Brönnimann compare l’expérience en cours avec la reprise de l’entreprise familiale, il y a dix ans. «En 2016, je connaissais la maison, les clients, les collaborateurs et les collaboratrices. Il y avait aussi mes parents avec qui je discutais beaucoup. Avec qui je discute d’ailleurs encore beaucoup.» Cette fois-ci, c’est différent. Il y a aussi, convient-il, moins d’aspects émotionnels que lorsque la transaction se passe dans le cadre familial. Alors, il a pensé à ce que lui avait soufflé un ami. «Entoure-toi de meilleurs que toi dans différents domaines. Ces gens vont t’aider, t’accompagner.» C’est ainsi qu’il a pu donner du temps à l’équipe de Saint-Légier tout en sachant que celle de Noville fonctionnait et le suivait. Car, «le plus difficile c’est effectivement la gestion du temps jour après jour. C’est l’élément clé dans ce type de rachat. On ne peut pas être partout tout le temps, mais on doit pourtant donner du temps aux gens pour qu’ils vous fassent confiance».

Différents métiers

L’autre élément qu’il tient à souligner concerne également l’accompagnement, mais cette fois-ci dans l’approche des chiffres. Il le dit, il a beau avoir cinq CFC et de l’expérience dans ses domaines d’activité, «je suis jardinier, je ne suis pas banquier, ni fiduciaire. Il faut être bien entouré pour comprendre une entreprise au travers de ses données financières, pour prendre la bonne décision.» Qui plus est lorsque la transaction doit se faire en moins de trois mois, alors que, dans les bonnes pratiques, on parle plutôt en années.

Et alors qu’arrive le printemps, il se dit moins tendu que lorsque les deux tiers du chiffre d’affaires étaient réalisés entre mars et juin.