Il semble peu vraisemblable que les taux baissent à nouveau. Entre décembre et juin, la prévision d’inflation pour 2026 de la BNS est passée de 0,3% à 0,6%.

Dans le canton 24 juin 2026
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Les taux d’intérêt remontent légèrement

Les taux hypothécaires ont vraisemblablement atteint un plancher. La pression inflationniste liée au conflit au Moyen-Orient déclenché fin février s’est traduite par une légère remontée des taux d’intérêt. Si le taux directeur de la Banque nationale suisse (BNS) est resté à 0%, le rendement des obligations à 10 ans de la Confédération a sensiblement augmenté, passant de 0,3% durant les deux premiers mois de l’année à 0,6% en mai, avant de redescendre à 0,4% début juin. Quant aux taux hypothécaires fixes à 5 ans, ils se sont rapprochés de 2%, alors que ceux à 10 ans ont franchi ce seuil à début juin, les premiers s’inscrivaient à environ 1,8% et les seconds à 2,1%.

L’environnement économique est devenu plus incertain depuis le changement de cap de la politique commerciale américaine, avec l’annonce début avril 2025 de droits de douane élevés sur une large liste de produits importés aux États-Unis depuis la plupart des économies du monde. Entre les décrets du gouvernement, les accords et les décisions de justice, ces droits de douane ont fortement varié, notamment entre 10% et 39% pour la Suisse. La conjoncture n’a cependant guère été freinée en 2025, grâce à la production visant à alimenter les stocks avant l’entrée en vigueur de ces taxes à l’importation. L’inflation et les taux d’intérêt sont restés bas. La BNS a même ramené son taux directeur à 0% en juin 2025 et la menace du retour des taux négatifs a été présente durant une partie de l’année.

Guerre au moyen-orient

Un nouveau choc est survenu fin février 2026, avec le début de la guerre au Moyen-Orient. Les prix de l’énergie ont pris l’ascenseur et la route commerciale passant par le détroit d’Ormuz a été fermée, perturbant certaines chaînes d’approvisionnement. L’inflation est remontée partout dans le monde; ce faisant, en Suisse, elle a été modérée par une légère appréciation du franc.

Ainsi, alors que le renchérissement se rapprochait de 0% en 2025, il est remonté en 2026, pour s’inscrire à 0,6% en mai, son niveau le plus élevé depuis 18 mois. Les taux d’intérêt ont suivi une courbe similaire, avec une hausse de 0,1 point de pourcentage du rendement des obligations à 10 ans de la Confédération. Ce qui s’est observé en Suisse a aussi été constaté dans d’autres pays. Ainsi, le rendement des bons du Trésor américain est passé de 4,1% au début de l’année à 4,5% début juin et celui du Bund allemand de 2,8% à 3,0%.

Incertitude pour les mois à venir

L’évolution pour les mois à venir était, à l’heure d’écrire ces lignes, difficile à anticiper. Elle dépendra notamment de la durée du conflit au Moyen-Orient. Trois mois après le début des hostilités, les pourparlers entre l’Iran et les États-Unis n’avaient pas abouti. Les prix de l’énergie restaient ainsi élevés, alors que se dessinait, en cas de poursuite du conflit, un risque de pénurie pour l’été, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Cependant, quoi qu’il en soit, il semble peu vraisemblable que les taux baissent à nouveau. Entre décembre et juin, la prévision d’inflation pour 2026 de la BNS est passée de 0,3% à 0,6%. Quant à la prévision de rendement des obligations de la Confédération à 10 ans du Secrétariat d’État à l’économie, elle est passée de 0,3% à 0,5%.