Le degré d’incertitude reste élevé, sur fond de pourparlers entre les États-Unis et l’Iran entrecoupés de regains de tension. Les perspectives demeurent mitigées pour l’économie vaudoise, avec une croissance qui devrait ralentir à 1,0% cette année, contre 2,4% l’an dernier, selon les dernières données publiées ce jour par la Commission Conjoncture vaudoise. La robustesse de la demande intérieure ne compense pas entièrement les effets du manque d’élan de l’environnement mondial. Une légère reprise est possible l’an prochain, avec une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,5%. Cependant, les facteurs de risque restent nombreux: le conflit au Moyen-Orient et la situation géopolitique globale, la politique commerciale américaine, l’endettement de certains pays, le renchérissement ou le cours du franc, notamment.
L’économie du canton fait face à un contexte économique mondial perturbé depuis l’an dernier. La conjoncture est notamment freinée par le changement de cap de la politique commerciale américaine, avec des droits de douane qui évoluent en fonction des décrets, des accords et des décisions de la justice, ainsi que, depuis cette année, par le début de la guerre au Moyen-Orient et la hausse des prix de l’énergie. La croissance vaudoise a encore été dynamique en 2025, en raison de la constitution de stocks aux États-Unis avant la hausse des droits de douane. Mais cet effet s’estompe et la croissance vaudoise ralentit cette année. La même évolution s’observe sur le plan suisse: les estimations et prévisions du Secrétariat d’État à l’économie (SECO) font état d’un ralentissement, avec une croissance qui passe de 1,5% en 2025 à 0,9% en 2026. Une reprise, avec une hausse du PIB helvétique de 1,6%, est également possible au niveau national en 2027.
À l’heure d’écrire ces lignes, la conjoncture semblait résister, notamment grâce à une demande intérieure robuste. Le franc est resté fort mais a échappé à une nouvelle appréciation. Si l’inflation est remontée à 0,5% en rythme annuel en juin, elle s’inscrivait en dessous de son niveau de 2024. En juin également, le chômage poursuivait son recul saisonnier, s’inscrivant à 2,9% sur le plan national et à 4,7% dans le canton. Les indicateurs de la Commission Conjoncture vaudoise montrent une marche des affaires relativement résistante. Dans la construction et les services, la demande intérieure reste solide; bien que mitigées, les perspectives sont stables dans l’industrie, l’hôtellerie-restauration et le commerce. Quant au baromètre conjoncturel du KOF, il est remonté au-dessus de sa moyenne en juin.
Au vu des incertitudes, le SECO a assorti ses prévisions de deux scénarios. Dans le scénario pessimiste, une poursuite du conflit au Moyen-Orient se traduirait par une hausse prolongée des prix de l’énergie et un fort ralentissement de la croissance suisse, à 0,6% en 2026, puis une légère reprise à 1,0% en 2027. Dans le scénario optimiste, une détente géopolitique, une baisse des prix de l’énergie et une hausse des investissements permettraient une croissance de 1,1% cette année et surtout un rebond à 2% l’an prochain. Dans les deux cas, l’évolution serait similaire dans le canton de Vaud.
En raison du degré élevé d’incertitude, les prévisions par branche sont à considérer avec prudence. Toutefois, certaines tendances montrent la robustesse de la demande intérieure. Ainsi, une forte croissance (plus de 2%) pourrait bénéficier aux services financiers en 2026 et en 2027. Dans les services aux entreprises et activités immobilières, une croissance modérée (entre 0,5% et 2%) est attendue cette année, suivie d’une forte croissance l’an prochain. Le commerce de gros et de détail pourrait connaître une croissance forte en 2026, puis modérée en 2027. Dans la construction ainsi que dans les services publics et parapublics, une croissance modérée se dessine pour 2026 et 2027.
Quant aux fabricants de machines, d’instruments de précision et de montres, après plusieurs années difficiles, ils pourraient rebondir et afficher une forte croissance cette année et l’an prochain. Dans les transports et les communications, une stagnation (évolution entre -0,5% et +0,5%) est attendue en 2026 et une baisse modérée (entre -0,5% et -2%) en 2027. L’hôtellerie-restauration pourrait connaître une baisse modérée cette année et l’an prochain. Quant à la chimie-pharma, après plusieurs années dynamiques, elle pourrait connaître une forte baisse (plus de -2%) de l’activité en 2026 et en 2027.
Le PIB est un indicateur essentiel pour évaluer le dynamisme d’une économie. Le PIB vaudois et les prévisions sont publiés par la Commission Conjoncture vaudoise, un partenariat entre l’État de Vaud, la CVCI, la BCV et les principales associations de branches du canton. Ils sont calculés par les économistes Claudio Sfreddo (chef de projet depuis 2008) et Giuliano Bianchi, de l’Institut Quantitas pour l'analyse et la prévision économiques de la HES-SO. Les taux de croissance suisse et vaudois sont corrigés des effets des grands événements sportifs internationaux. Le PIB vaudois et les prévisions sont publiés quatre fois par an (prochaine parution: octobre 2026). Responsables de l’économie privée et décideurs politiques disposent ainsi en tout temps de données et de prévisions à jour, afin de pouvoir mieux préparer leurs décisions et piloter leurs projets.