L’âge et la perspective de la retraite sont les principales raisons pour lesquelles les entrepreneurs songent à une transmission.

Dans le canton 26 février 2026

Transmettre, fusionner, racheter

d’entreprises devient de plus en plus important. Près de quatre entrepreneurs sur dix mènent une réflexion sur cette question, avec comme motivations l’âge et la retraite. Pour plus d'un quart d'entre eux (12% des responsables d’entreprises), le processus est même déjà engagé, comme le montre un sondage représentatif réalisé entre fin novembre et mi-décembre 2025 par la cellule Études et analyses clients de la BCV (214 réponses, marge d’erreur 6,7%).

La transmission peut prendre plusieurs formes, une vente (40% des réponses), la cession d’une partie des activités (18%), voire une fusion (12%). Parmi les repreneurs potentiels, à côté de la famille, de collaborateurs ou de collaboratrices ou de particuliers sans lien avec l’entreprise, une autre société peut envisager une acquisition pour s’étendre: cette option a été mentionnée par 9% des répondants.

Près d’une entreprise à transmettre sur trois a déjà un repreneur

Contrairement à une idée reçue – et en phase avec des retours du terrain –, une reprise par des membres de la famille, voire par des cadres, n'est pas la piste qui est le plus souvent privilégiée. Dans six cas sur dix, les entrepreneurs envisagent de vendre à un tiers ou, dans cinq cas sur dix, recherchent une solution qui leur permette de se retirer de manière progressive. La transmission familiale est mentionnée un peu plus de deux fois sur dix, une reprise par les cadres un peu plus d’une fois, comme une scission de l’entreprise.

De plus, quelque 30% des entreprises à transmettre ont déjà trouvé un repreneur et une sur deux a estimé la valeur de transmission. Lorsque le repreneur est identifié, la valeur est définie deux fois sur trois.

Bien que les entreprises soient prudemment optimistes, la conjoncture n’est pas la plus favorable, avec un ralentissement de la croissance qui se dessine pour cette année. Toutefois, ce contexte ne semble pas être un obstacle. Sur l'ensemble des opérations, 12% des entreprises vaudoises prévoient une transmission ou un achat dans un délai d'une année, 17% dans un délai de 2 à 4 ans et 14% dans 5 ans ou plus. Les calendriers peuvent aussi varier en fonction de la nature des opérations: en moyenne, quand le délai est connu, les transmissions devraient se faire dans les 4 ans à venir, les acquisitions dans les 5 ans, les scissions dans moins de 3 ans et les fusions (mais 36% n'ont pas de délai imaginé) dans moins de 5 ans.

En général, les entreprises ne s’avancent pas seules. Elles sont trois sur quatre à consulter des fiduciaires dans le cadre les transmissions, que ces dernières soient déjà engagées ou en phase de réflexion. Viennent ensuite, beaucoup moins souvent, les consultantes et les consultants, les avocates et les avocats, puis le conseil bancaire. Une fois le processus engagé, les avocates, les avocats et le conseil bancaire sont abordés par presque la moitié des entreprises concernées. Ainsi, les entreprises approchent dans un premier temps leur fiduciaire et, quand la démarche devient plus concrète, elles se tournent vers les avocates et les avocats ou vers leur banque.

Concernent leur situation financière privée, seule la moitié des personnes interrogées ont effectué des démarches pour évaluer les conséquences d'une transmission. Il s’agit en général d’une simulation de revenus à la retraite, d’une analyse fiscale ou d’une analyse successorale.

ParJean-Pascal Baechler, Responsable de l'Observatoire BCV de l'économie vaudoise, BCV