Pour les marchés, la préservation des infrastructures stratégiques du Moyen-Orient représente un enjeu aussi important que la réouverture complète du détroit d'Ormuz.
Les marchés évoluent actuellement dans un environnement marqué par d’importantes tensions en raison de l’intervention israélo-américaine en Iran. Le conflit a pris une dimension régionale – voire mondiale – dans un contexte de forte hausse des prix de l’énergie liée au blocage du détroit d’Ormuz et à des frappes militaires sur des infrastructures stratégiques. La durée de cette guerre, comme son issue, demeure incertaine. Plusieurs trajectoires doivent ainsi être envisagées.
L’attaque israélo-américaine contre l’Iran intervient dans un environnement conjoncturel globalement favorable et désinflationniste.
La dépendance de l’économie mondiale au pétrole s’est significativement réduite au cours des dernières décennies.
À fin 2025, le marché pétrolier présentait une situation d’offre excédentaire, susceptible d’être renforcée par la libération de réserves stratégiques.
Le principal facteur de risque réside dans la durée du conflit. Une guerre prolongée, accompagnée d’une fermeture durable du détroit d’Ormuz et/ou de destructions d’infrastructures énergétiques et civiles, maintiendrait le prix du pétrole au-dessus du seuil critique d'USD 100 le baril.
Les divergences d’objectifs entre les États-Unis et Israël accroissent l’incertitude quant à l’issue et à la temporalité du conflit.
Les marchés actions enregistrent encore des replis mesurés. Les marchés européens et asiatiques sont plus affectés que les États-Unis, ces derniers bénéficiant de leur statut d’exportateur net de pétrole.
Les rendements obligataires ont significativement rebondi depuis le début du conflit, reflétant l’anticipation d’un environnement potentiellement plus inflationniste.
L’analyse des volatilités implicites par classe d’actifs indique que le choc demeure, à ce stade, principalement concentré sur le marché pétrolier.
Le scénario intermédiaire, soit le deuxième, nous paraît le plus probable.
L’exposition aux actions a été ramenée à la neutralité.
Le biais cyclique des portefeuilles actions a été réduit, notamment via la cession des moyennes capitalisations allemandes et des valeurs financières américaines. L’exposition globale au marché américain est, en revanche, renforcée.
Au sein des allocations actions, la diversification géographique et sectorielle, combinée à une pondération significative du marché suisse, devrait continuer de jouer un rôle stabilisateur.
Des prises de bénéfices partielles ont été réalisées sur les plus hauts de l'or, à plus d'USD 5000 l'once, afin de se prémunir contre une forte poussée de la volatilité sur cet actif.
La surpondération du franc suisse contribue à atténuer le choc sur l’ensemble des portefeuilles.
La sous-exposition aux obligations est maintenue, dans un contexte de résurgence du risque inflationniste.
L’exposition aux actifs du Moyen-Orient demeure très limitée.
La position en immobilier coté suisse est conservée, cette classe d’actifs présentant un profil défensif et une résilience relative.