Globalement, la détente se poursuit sur le marché immobilier vaudois. La construction bat son plein dans un contexte d’affaiblissement du solde démographique. Or, sur le marché des logements en PPE, la situation diffère quelque peu.

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Votre argent13 mai 2019

Le prix des PPE monte, bizarre?

Les prix des logements en PPE (propriété par étages) poursuivent la remontée amorcée en janvier 2017 dans le canton de Vaud. Selon l’indice des transactions de Wüest Partner, ils ont même effacé le précédent record d’avril 2015, de près de 3%. Dans un environnement de détente du marché résidentiel, ce rebond des prix a de quoi surprendre. L’essentiel réside peut-être dans une question d’offre.

Recul des loyers

Globalement, la détente se poursuit sur le marché immobilier vaudois. La construction bat son plein dans un contexte d’affaiblissement du solde démographique. Certes, le canton de Vaud a franchi le cap symbolique des 800 000 habitants en 2018, mais le taux de croissance a été réduit de plus de la moitié par rapport à ces dix dernières années. Par conséquent, le taux de vacance croît. D’une situation de pénurie aggravée en 2009, il a progressé de 0,7%, soit une augmentation de 3000 logements inoccupés dans le canton. Ces changements ont contribué au recul des loyers proposés d’environ 15% depuis 2014.

Hausse des PPE

Le marché des logements en PPE répond, a priori, à des fondamentaux contrastés. Depuis décembre 2014 et l’instauration des taux négatifs par la Banque nationale suisse, les taux hypothécaires stagnent à un bas niveau. Cette situation est favorable pour qui veut acquérir un appartement. Or cette stagnation n’est plus un stimulant pour les prix. Par ailleurs, si la demande est là, c’est l’offre qui fait actuellement défaut. La construction de logements demeure très orientée vers le marché locatif, soutenue par la recherche de rendement des investisseurs. Ainsi, la part des PPE diminue.

En anticipant une poursuite de la détente du marché, l’attractivité de l’immobilier de rendement devrait faiblir. Elle permettrait ainsi une normalisation de la production de logements, plus orientée sur le marché de la propriété.

Paru dans 24 Heures, le 13 mai 2019