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Les entrepôts sont d'immenses ruches, composées de centaines de milliers de casiers empilés les uns sur les autres.

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Marchés28 mai 2018

Les entrepôts de distribution, des ruches robotisées

Des centaines de robots s’activent, se croisent et se frôlent à quelques millimètres sans se toucher. Leur mission: piocher dans les 250 000 alvéoles pour retirer l’une des 45 000 références de produits alimentaires et de grande consommation. Telle est l’activité à l’intérieur d’un entrepôt automatisé de préparation de commandes du groupe britannique Ocado, deuxième acteur britannique de l’e-commerce alimentaire, avec 20% du marché, derrière Tesco.

L’Ocado Smart Platform est une immense ruche, composée de centaines de milliers de casiers empilés les uns sur les autres. Ils contiennent soit des commandes soit du stock dans une ambiance de Rubik’s Cube géant. Habitée par de petits robots bourrés de technologie et se déplaçant à quatre mètres par seconde, cette ruche est entièrement automatisée. Un véritable essaim dont les robots-abeilles électriques viennent automatiquement se recharger lorsque leur autonomie tombe sous les 20% pour repartir de plus belle.

Une fois la commande terminée, elle est, automatiquement aussi, dirigée par convoyeur dans un camion et rangée en fonction de l’itinéraire du chauffeur. Le système repose sur un algorithme très complexe enrichi en continu par des développeurs qui agrègent dix-sept ans d’expérience dans la livraison de produits frais à domicile. Il optimise le stockage des produits et le déplacement des robots. Le temps de préparation des commandes est réduit au maximum: six minutes pour un panier de 50 articles.

 De nombreux partenariats, jusqu’aux États-Unis

En novembre 2017, le distributeur tricolore Casino signait un accord avec Ocado pour la livraison d’un entrepôt dans la région parisienne, qui permettra à son enseigne Monoprix (5 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel) d’accélérer dans le e-commerce début 2020. Au mois de janvier dernier, le groupe britannique annonçait un partenariat exclusif avec Sobeys, numéro deux de la distribution alimentaire au Canada, qui exploite plus de 1 500 magasins et réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 15,6 milliards d’euros. Puis, début mai, un nouvel accord était signé avec le numéro un suédois de la distribution, ICA, alors que l’on assiste à une intensification de la concurrence dans l’alimentaire, notamment d’Amazon. ICA compte environ 1 300 magasins en Suède et sa part de marché s’élève à environ 36% pour des ventes annuelles de 10 milliards d’euros. Enfin, mi-mai, un nouveau partenariat de premier plan était dévoilé, avec cette fois-ci le distributeur américain Kroger, permettant à Ocado d'implanter pour la première fois sa plate-forme de livraison à domicile aux États-Unis. Cet accord prévoit l’installation de 20 entrepôts automatisés au cours des trois prochaines années. Kroger réalise des ventes annuelles de plus de 120 milliards de dollars.

L’annonce de ce dernier partenariat a entraîné un envol de l’action du groupe britannique de 44%. Elle affiche désormais une hausse de 123% depuis le début de l’année et de près de 200% sur douze mois.

Publié dans le commentaire hebdomadaire "Matinale Express - Actions étrangères" de la salle des marchés de la BCV le 28 mai 2018

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