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Si la Fed a commencé à relever ses taux, la Banque centrale européenne (BCE), elle, joue la montre.

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Marchés08 novembre 2017

Les banques centrales pratiquent encore des politiques monétaires accommodantes

 

Depuis plusieurs mois, les pays occidentaux, Suisse exceptée, affichent une croissance réjouissante. La progression du produit intérieur brut dépasse 2% de part et d’autre de l’Atlantique, à la surprise de nombreux investisseurs anglo-saxons qui, en début d’année, ne misaient pas un cent sur le Vieux Continent.

Si l’on en croit les derniers sondages conjoncturels, cette dynamique restera soutenue ces prochains mois. Difficile toutefois pour la croissance des pays occidentaux d’accélérer fortement, leur potentiel à long terme s’étant effrité ces dernières années du fait de l’érosion de la population active et du manque d’investissements durant la dernière décennie.

Croissance soutenue et progression limitée de la population se traduiront par une amélioration du marché de l’emploi. En y ajoutant une inflation installée en territoire positif, les ingrédients semblent réunis pour que les banques centrales se montrent graduellement moins stimulantes. La Réserve fédérale américaine (Fed) a entamé une lente normalisation de sa politique monétaire. Deux hausses de taux ont déjà été orchestrées cette année et deux autres devraient suivre d’ici l’été 2018. Sa politique monétaire n’en restera pas moins accommodante, avec des taux courts inférieurs à la croissance et à l’inflation.

La Banque centrale européenne (BCE), elle, joue la montre. Elle diminuera certes ses achats de dette sur le marché, achats qui resteront en vigueur jusqu’en septembre 2018. Elle ne semble de loin pas prête à relever le loyer de l’argent, même si l’inflation a augmenté depuis douze mois (+1,4% en octobre) et si les salaires ont progressé de près de 2%. Tant que la BCE demeurera stimulante, la marge de manœuvre de la Banque nationale suisse (BNS) sera limitée. Ses taux d’intervention resteront ainsi négatifs durant la majeure partie de l’an prochain.

Publié sur le site 24 Heures le 8 novembre 2017

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