Antonioli - Réseaux sociaux: un bon moyen de faire connaître mon entreprise

«Pour une petite entreprise qui veut publier sur les réseaux sociaux sans faire appel à des professionnels, il faut le faire de manière cadrée et établir des règles auxquelles on ne déroge pas.»

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Entrepreneurs01 mars 2017

Réseaux sociaux: un bon moyen de faire connaître mon entreprise

Vous dirigez une petite entreprise et vos moyens de communication sont extrêmement restreints? Les réseaux sociaux offrent des opportunités intéressantes, mais ne peuvent être investis à la légère, explique Vincent Antonioli, formateur au cours création d’entreprise de la BCV et cofondateur de Debout sur la table, société de communication et de content marketing.

Quel est l’intérêt des réseaux sociaux pour une petite entreprise?

Vincent Antonioli: ils permettent de toucher en continu un maximum de personnes très facilement et à moindre coût. L’inconvénient, par contre, est qu’ils ciblent de façon très large: il est difficile de savoir qui reçoit une communication. Ils supposent aussi une interaction avec d’autres utilisateurs, donc un vrai suivi, et ne remplacent pas les canaux traditionnels. Enfin, ils impliquent de ne pas séparer vie publique et privée.

Y a-t-il des règles de base à suivre?

L’idéal est d’avoir une stratégie, pas simplement une présence en ligne. Une stratégie suppose de savoir ce qu’on veut dire et de quelle manière. On construit donc un message ou un contenu qu’on diffuse selon un certain rythme de publication. On ne publie pas la même chose selon le réseau que l’on choisit. Enfin, il faut établir des lignes directrices pour les discussions: savoir à quel moment retirer des commentaires, comment y répondre en restant professionnel, sans verser dans l’émotion, etc.

Quel réseau choisir?

Il n’y a pas de recette toute faite, tout dépend de la cible visée, du produit, de l’activité… Le choix de la plate-forme imposera dans tous les cas un contenu adapté. Sur Facebook, on peut tout diffuser. Twitter sera réservé à des actualités, Instagram aux photos. Par exemple, un carreleur peut l’utiliser pour illustrer ses réalisations avant/après.

Que peut-on raisonnablement mettre en place avec un petit budget et peu de temps?

Pour une petite entreprise qui veut publier sans faire appel à des professionnels, il faut le faire de manière cadrée et établir des règles auxquelles on ne déroge pas: communiquer une fois par semaine, par exemple, mais ni deux fois, ni zéro! Cela permet de donner un rendez-vous fixe à sa communauté et de garder un tempo qui reste gérable sur le long terme.

Pourquoi les réseaux sociaux empêcheraient de séparer vie publique et privée en ligne?

On peut toujours garder un profil privé sur Facebook et une page publique pour l’entreprise. Mais cette séparation a peu d’intérêt aujourd’hui car il est important d’être présent sur les réseaux en permanence pour être au courant de ce qui se passe, ce qui se dit: une réputation peut très vite être mise à mal. Autant garder un profil à partir duquel on communique à titre professionnel et privé.

Pour vous, les réseaux ne remplacent pas les canaux traditionnels?

Non, mais ils constituent une bonne alternative. Par contre, ils restent des outils de communication. Et c’est justement car ce sont des canaux ‘low costs’ et accessibles à tous qu’un contenu diffusé par une entreprise doit lui permettre de se démarquer du reste.

Comment surfer sur la participation, voire la victoire à un concours ou à un prix pour communiquer?

C’est un message intéressant à utiliser de manière globale et surtout sur les réseaux sociaux. Sur LinkedIn par exemple, on pourra ainsi mettre en avant le produit ou service vainqueur auprès d’une communauté de professionnels.

La communication est à deux niveaux: c’est à la fois une information pour le grand public et un faire-valoir pour l’entreprise. Dans tous les cas, il faut savoir expliquer pourquoi l’entreprise a gagné le prix en question. On peut aussi profiter du réseau autour du prix. Les sponsors, jury, partenaires sont autant de prescripteurs pour faire passer son message, en plaçant, dans ce cas, l’événement lui-même bien en avant.

Y-a-t-il d’autres événements dans la vie d’une entreprise dont on peut se servir en matière de communication sur les réseaux?

Un exemple auquel on pense peu: une campagne de crowdfunding. C’est un excellent canal, qui permet de toucher une grande communauté rapidement et facilement, davantage qu’avec les médias traditionnels. Il faut éviter de prendre cette opportunité trop à la légère. Ce n’est pas parce que le canal est rapide et simple d’utilisation qu’il faut bâcler son message. Au contraire, celui-ci doit être construit pour parler aux différents membres de la communauté (financiers purs, famille et amis, fans du produit…). Il faudra aussi savoir comment gérer les échanges, les questions, décider quelles informations donner en public et en privé, etc. Cela demande une vraie proximité avec les outils digitaux, voire une agilité.

Et enfin, y a-t-il une recette magique pour attirer l’attention des médias?

Etre dans l’actualité, au jour J, est indispensable. Venir avec trois semaines de retard sur un événement ou une tendance est trop tardif.

Utiliser les réseaux sociaux reste difficile, à moins de ‘faire le buzz’ via une vidéo particulièrement virale. Eventuellement, on peut chercher à interpeller des prescripteurs sur Twitter mais cet outil reste marginal en Suisse romande.

Une des grandes tendances sur laquelle miser est celle des influenceurs, notamment les Youtubeurs qui sont les porte-parole de demain. Certains d’entre eux totalisent 500 000 abonnés en Suisse romande, ils ont donc une portée plus importante que les plus grands médias de cette région.

Biographie 

Vincent Antonioli intervient lors des cours «Créer votre entreprise» de la BCV, pour la communication et la vente de produits et de services. Depuis janvier 2017, il codirige Debout sur la table, société de communication et de content marketing à Vevey, qu’il a récemment cofondée. L’objectif est de proposer un véritable «centre de compétences» à chaque client, des concepts innovants et des projets globaux. Il est aussi directeur de formations et chargé de cours au SAWI, ainsi que membre de comité directeur de Communication Suisse. Auparavant, il a été directeur commercial de 20 Minutes pour la Suisse romande.

Le cours «Créer votre entreprise»

Pour répondre aux besoins spécifiques des entrepreneurs qui se lancent dans une nouvelle activité, la BCV a mis en place un cours dédié à la création d’entreprise, avec des partenaires spécialisés: GENILEM, le SAWI et la CVCI.

Cette formation se compose de cinq sessions (analyser le potentiel et la faisabilité de son projet, faire connaître et vendre ses produits et services, choisir une forme juridique et connaître ses obligations en matière d’assurances sociales, déterminer le financement nécessaire et présenter son projet à sa banque, témoignage d’un entrepreneur et atelier business plan).

Toutes sont organisées en soirée, à Prilly, au centre de formation interbancaire. Le coût d’inscription est de 150 francs, pour le cycle complet, et inclut également l’accès aux fiches thématiques «Ma Boîte Academy», véritable bible et mémo en ligne pour entrepreneurs, conçues par GENILEM. Pour s’inscrire et être tenu au courant, c’est ici.

 Camille Andres, rédactrice, pour la BCV

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