MARCHÉS 14 décembre 2021
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Progression plus irrégulière des actions

L’environnement reste constructif pour les actions en 2022. Leur progression sera cependant plus contenue et irrégulière qu’elle ne l’a été durant une grande partie de 2021. Une volatilité qui s’explique par un ralentissement de la croissance des bénéfices, un fléchissement attendu des injections de liquidités de la part des banques centrales et les pressions inflationnistes. Dans un tel contexte, les valorisations élevées s’avèrent plus contraignantes qu’en 2021.

Un œil sur la croissance, un œil sur l’inflation

Si l’environnement sanitaire le permet, une croissance des bénéfices d’environ 10% ainsi qu’une évolution contenue des taux longs et de l’inflation devraient permettre une progression raisonnable des indices. Des périodes plus favorables, marquées par des statistiques confirmant une croissance solide et un reflux de l’inflation, peuvent alterner avec des moments plus délicats, qui verraient des indicateurs moins positifs envers la croissance et des tensions sur les prix.

Attention aux nuances

Soutenus par les politiques extrêmement accommodantes des banques centrales, beaucoup d’actifs dits risqués – dont les actions – viennent de vivre près de deux ans de belles, à très belles, performances. La normalisation graduelle attendue des soutiens va introduire une nouvelle réalité qui, couplée à l’évolution de la pandémie, demande une analyse attentive des statistiques et autres indicateurs. Chaque nuance observée prendra d’autant plus d’importance que les marchés financiers sont désormais habitués à bénéficier des largesses des banques centrales.

Avantage au marché américain

Dans ce contexte de volatilité accrue, le marché américain garde un avantage en début d’année en raison d’une croissance économique plus solide que dans le reste du monde. Quant au marché suisse, même s’il paraît moyennement attrayant, il peut toujours jouer son rôle de modérateur de risque dans un portefeuille. Après leur forte contre-performance en 2021, les marchés émergents pourraient gagner en intérêt dans le courant de l’année, à condition bien sûr que l’économie chinoise reprenne un rythme plus soutenu qu’il ne l’a été cette année.

Devises volatiles

En 2022, les politiques des banques centrales devraient diverger en raison de dynamiques de croissance différentes. La Fed, comme d’autres instituts anglo-saxons, devrait procéder à une, voire plusieurs hausses de taux,  au contraire de la BCE, de la BNS ou de la Banque du Japon qui ne toucheront pas à leurs taux. Cette divergence devrait accroître la volatilité sur le marché des devises. La situation devrait soutenir le dollar dans un premier temps. La persistance d’une inflation trop élevée pourrait cependant affecter l’évolution du billet vert plus tard dans l’année.

L’euro devrait continuer d’évoluer de manière irrégulière contre le franc. La tendance de la monnaie unique devrait en fait s’avérer plus baissière qu’haussière. Elle pourrait ainsi se rapprocher encore davantage de la parité dans les périodes d’incertitude ou de croissance plus terne qu’attendu. L’écart de rendement entre l’euro et le franc est en effet trop ténu pour permettre un affaiblissement significatif de la monnaie helvétique.

Immobilier contenu

Les taux bas restent un soutien de taille au marché de l’immobilier coté. Si cette classe d’actifs reste attrayante par rapport aux faibles rendements obligataires, elle devrait proposer des gains plus modestes en raison de valorisations élevées.  

Quelle progression pour les bénéfices en 2022?

Après une croissance forte en 2021, les bénéfices des sociétés devraient continuer de croître soutenant le marché des actions. Mais leur progression devrait revenir à un rythme plus raisonnable à long terme, soit environ 10%, que les 40% enregistrés l’été dernier. L’évolution des marchés dépendra également de l’évolution des taux longs et de l’inflation.