Commentaire de marché

Le «réveil» de la Réserve fédérale américaine

La Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé, pour la première fois depuis 2006, ses taux directeurs phares (Fed Funds) de 0,25%. Acte significatif, dont l’impact sur les taux suisses restera pourtant limité dans un premier temps.

Hausse des taux US comme prévu

Après sept ans de taux au plancher, la Fed a relevé d’un quart de point ses taux directeurs.

  • Plus que la croissance, qui reste modérée (2%-2,5%), c’est le retour au plein emploi qui a poussé la Fed à prendre sa décision. Le taux de chômage a considérablement reflué ces dernières années.
  • L’inflation pourrait ainsi plus facilement atteindre l’objectif de la Fed (2%). Dans ce contexte, des taux au plancher ne se justifient plus. Par ailleurs les autorités cherchent aussi à regagner une marge de manœuvre - pour une baisse des taux - en cas de difficultés conjoncturelles ultérieures.
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Forte progression peu probable

Bien que le glas sonne pour l’accommodation monétaire massive, entamée en 2008 lors de la crise économique, le retour à la normalité s’annonce graduel. De fortes hausses des taux, comme en 1994 et 2004-2006, sont peu probables. Dans le monde, les pressions déflationnistes demeurent plus importantes que le risque de progression des prix, ce qui a aussi un impact aux Etats-Unis.

  • L’économie américaine a déjà montré une sensibilité négative au renchérissement du dollar, une hausse rapide des taux ne manquerait pas de provoquer une nouvelle réaction.
  • Nous anticipons 1% de relèvement des Fed Funds en 2016 mais, comme l’a mentionné la Fed, tout dépendra des nouvelles économiques.
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Peu d’impact en Suisse dans l’immédiat

En Suisse, la Banque nationale (BNS) devrait maintenir les taux courts en territoire négatif en 2016 aux environs des niveaux actuels.

  • Les indicateurs conjoncturels, sans être alarmistes, ne sont guère enthousiasmants. Et la déflation guette, car l’évolution des prix de base - soit hors énergie - est négative.
  • Dès lors, tout nouveau renchérissement du franc aurait des conséquences plus lourdes, car la devise suisse demeure, avec un euro autour de CHF 1.08, surévaluée de presque 15%.
  • La Banque centrale européenne devant garder ses taux au plancher, la BNS n’a guère d’autre choix que de maintenir la rémunération des placements en francs suisses très peu attrayante, voire dissuasive.

En revanche, les taux à 10 ans nous semblent plus proches du plancher: si la conjoncture mondiale confirme sa reprise, ils pourraient se tendre quelque peu.

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