Airbus et Boeing

Airbus et Boeing ont enterré la hache d'une guerre qui durait depuis 17 ans.

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Marchés22 juin 2021

Liaison rétablie entre Airbus et Boeing

Airbus et Boeing ont enterré la hache de guerre dans un conflit qui les opposait depuis 17 ans. Les ennemis d’hier s’allient pour mieux contrer la concurrence chinoise.

La semaine dernière, Washington et Bruxelles sont parvenues à un accord à propos du différend commercial de longue date entre les deux géants aéronautiques Boeing et Airbus. Ainsi, les sanctions tarifaires mutuelles sont désormais suspendues pour les cinq prochaines années. Cette querelle entre les deux parties remonte à 2004, lorsque les États-Unis avaient porté plainte contre les subventions publiques européennes allouées à Airbus, qu’ils jugeaient illégales. Les Européens avaient alors répondu, faisant état des mêmes accusations à l’encontre de leur concurrent américain, Boeing. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) avait dû intervenir, en ouvrant simultanément deux enquêtes. Et pendant 17 ans, les deux constructeurs d’avions se sont reproché de recevoir des aides publiques illégales, tandis que l’OMC leur donnait successivement raison, à l’un et à l’autre.

Droits de douane additionnels suspendus

Les États-Unis ont donc suspendu les droits de douane additionnels sur environ 7,5 milliards de dollars de produits européens. L’Union européenne, qui imposait des droits de douane additionnels sur 4 milliards de dollars de produits américains, a fait de même. Les exportations d’appareils Airbus étaient, par exemple, frappées de 15% de taxes supplémentaires, les spiritueux (surtout les vins français, le cognac ou l’armagnac) se sont vus imposer des droits de douane de 25%, tandis que les fromages italiens et l’huile d’olive espagnole étaient également surtaxés. L’accord donne un bol d’air à de nombreuses entreprises européennes et américaines.

Aujourd’hui, l’industrie aéronautique a besoin d’injections d’argent public pour concevoir et pour faire voler de nouveaux modèles. La règle vaut aussi bien pour Boeing que pour Airbus, tant les coûts de développement d’un avion de ligne sont élevés. Face à la crise sanitaire actuelle, les contraintes économiques qui en découlent et les pressions environnementales, cet accord tombe au moment opportun et permet également d’apaiser une relation transatlantique mise à mal par les années Trump.

S’allier pour contrer la Chine

À noter également que, par cette manœuvre, Washington semble surtout vouloir rallier Bruxelles dans son bras de fer avec Pékin. Joe Biden n’a-t-il pas déclaré que la décision de travailler conjointement avait été prise pour contester et pour contrer les pratiques non commerciales de la Chine dans le secteur aéronautique, car celles-ci donnaient aux entreprises chinoises un avantage injuste? Pour rappel, Commercial Aircraft Corp. of China est le concurrent chinois d’Airbus et de Boeing. Le ministère chinois des Affaires étrangères a, bien évidemment, réagi immédiatement, en réfutant les allégations de pratiques non commerciales. De quoi entretenir les tensions sino-américaines pour quelque temps encore …

 

Publié dans le commentaire hebdomadaire "Matinale Express - Actions" de la salle des marchés de la BCV, le 22 juin 2021

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