Pas facile d'avoir une image claire et cohérente de l'inflation dans l'Union européenne.

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Marchés07 septembre 2021

La Banque centrale européenne et l’inflation

Malgré la propagation continue du variant Delta, la campagne de vaccination menée au printemps et en été a permis de mieux contrôler la pandémie en Europe et la vie pourrait, semble-t-il, bientôt revenir à la normale. Ces derniers jours, en effet, plusieurs membres du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) ont souligné que les économies de la zone euro avaient suffisamment progressé pour permettre un ralentissement des achats d'actifs. Ils souhaiteraient également que la BCE revienne à sa mission principale, soit maintenir la stabilité des prix. Celle-ci est considérée comme «la meilleure contribution qu'une banque centrale puisse apporter en faveur du bien-être de chacun» (source: BCE) et elle est mesurée par l'observation des indices d'inflation.

Un indice des prix harmonisé pour l’Europe

Ce qui rend le rôle de la BCE plus difficile vient du fait que les 19 pays souverains utilisent la même devise, l'euro. L'économie de chaque pays est pourtant composée différemment et les habitudes de dépenses des consommatrices et consommateurs varient considérablement d’un pays membre à l’autre.

Afin d'obtenir une image claire et cohérente de l'inflation, l'Union européenne calcule un indice «harmonisé» des prix à la consommation (IPCH). Selon cette formule, tous les pays suivent la même méthodologie, bien que la composition du panier des produits sous-jacents soit différente pour chaque État membre. En moyenne, les prix d'environ 700 produits sont relevés chaque mois dans différents points de vente et dans environ 1 600 villes de la zone euro. Par conséquent, environ 1,8 million d’observations de prix sont intégrées chaque mois dans l'IPCH.

Des variations importantes de part et d’autre de l’Europe

Si l'on examine les dernières données de l'IPCH pour juillet, le taux d'inflation varie de +0,3%, relevé à Malte, à +4,9%, en Estonie. Il est clair qu'un seul chapeau ne convient pas à tous et que Francfort doit faire preuve d'un équilibre délicat pour remplir sa mission. Heureusement, la BCE dispose d'outils puissants pour relever ce défi. Les données sont même disponibles sur une page internet particulièrement bien conçue (https://www.euro-area-statistics.org/digital-publication/statistics-insights-inflation/index.html?lang=fr). Ces derniers mois, les hausses de prix les plus fortes ont été enregistrées dans les secteurs des services publics et de l'énergie, de l'alimentation et des boissons ainsi que dans celui des transports. En observant les tendances globales, ces segments risquent de rester en forte demande. Il reste à voir si Christine Lagarde et les autres membres de la BCE considéreront encore ces augmentations comme transitoires lors du meeting du 9 septembre prochain.

Publié dans le commentaire hebdomadaire "Matinale Express - Actions" de la salle des marchés de la BCV, le 7 septembre 2021

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