Or brut

Outre-Atlantique, les investisseurs se sont détournés des produits financiers liés aux métaux précieux.

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Marchés06 août 2018

L'or a perdu de son éclat aux yeux des investisseurs

Alors que les marchés des actions volent de record en record, qu’Apple vient de franchir les 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, l’or a chuté de près de 10% en trois mois. Face à la descente vertigineuse des cours (l’or a plongé la semaine passée à son plus bas niveau depuis un an), les investisseurs sont perplexes. Cette évolution s’explique par une multitude de facteurs qui ne laissent présager rien de bon pour les mois à venir. 

Les Américains absents du marché

Outre-Atlantique, les investisseurs se sont détournés des produits financiers liés aux métaux précieux. Ils sont désormais totalement focalisés sur l'économie américaine et sur les actifs de leur pays, en particulier sur des marchés des actions portés par les performances des valeurs technologiques, comme Amazon, Apple ou Facebook. 

Même les fidèles soutiens à la demande de ces dernières années se sont détournés. Les banques centrales ont réduit leurs achats d'or de 7% au cours des trois derniers mois afin de s’éloigner du dollar. Globalement, il ne s'est pas vendu plus de lingots et de pièces d'or qu'il y a un an. D'abord parce que les amateurs traditionnels, comme les Turcs, ont freiné leurs achats en raison de la chute de leur devise contre le billet vert. Quant aux Indiens  ̶  les plus gros acheteurs d'or avec les Chinois  ̶ , ils ont boudé les bijoux parce que la chute de la roupie contre le dollar les a rendus plus chers. Les intervenants s'attendent néanmoins à ce que la demande indienne s'améliore en seconde partie d'année. 

Iran et Europe, seuls contre tous

Les Européens, eux, continuent d'alimenter les fonds indiciels sur l’or. Les fonds européens ont ainsi absorbé 83% des entrées de capitaux. L’Iran, quant à lui, navigue à contre-courant: au plus haut depuis quatre ans, les achats y ont triplé par rapport au deuxième trimestre 2017. Et la tendance ne devrait pas changer ces prochains mois étant donné les sanctions que les États-Unis veulent de nouveau imposer aux secteurs de l’énergie et financier du pays.

Publié dans le commentaire hebdomadaire "Matinale Express - Actions étrangères" de la salle des marchés de la BCV le 6 août 2018

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