Brexit

Les incertitudes qui vont accompagner les derniers mois des négociations continueront de générer de l'insécurité.

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Marchés07 septembre 2018

Brexit: une route encore cahoteuse avant le schisme de 2019

 

 

Il y a dix-huit mois, les Britanniques ont voté pour le Brexit, soit pour quitter l’Union européenne (UE). Si tout le monde craint un Brexit «dur» (sans accord sur la future circulation des biens et des services), le chemin d’ici mars 2019 est court. Il n’en sera pas moins cahoteux, ponctué de nombreuses incertitudes entourant les derniers mois des négociations. Cela ne va pas rassurer les investisseurs et la livre sterling sera la première à en pâtir.

Des négociations ardues en perspective

Depuis que les Britanniques ont décidé de quitter l’UE, le chemin n’a pas été sans encombre. Si la majeure partie des négociations pour préparer la sortie de la Grande-Bretagne ont abouti, les discussions butent toujours sur le futur statut de la République d’Irlande, qui a souhaité rester dans l’UE, et sur la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux.

Les tensions politiques sont particulièrement sensibles outre-Manche avec des démissions dans le camp des partisans d’un Brexit «dur» (Boris Johnson, ancien ministre des Affaires étrangères, David Davis, négociateur en chef avec l’UE) et une échéance politique majeure fin septembre pour la première ministre Theresa May, chahutée au sein du parti conservateur lors de la conférence annuelle de ce dernier.

L’économie britannique s’essouffle

Malgré les incertitudes instillées par le Brexit, la croissance britannique a bien résisté durant les premiers mois qui ont suivi le vote, avec des indices de confiance élevés, un marché du travail soutenu et une consommation vigoureuse.

Depuis le début de 2018, la donne a changé. La croissance du produit intérieur brut (PIB) s’essouffle (hausse de 1% du PIB au premier semestre comparé à 1,5% douze mois plus tôt), les investissements sont reportés, la confiance s’érode, les prix de l’immobilier refluent... Et pour assombrir les perspectives conjoncturelles britanniques, viennent s’ajouter les annonces d’éventuels redéploiements hors de Grande-Bretagne, dictés, pour des sociétés financières ou industrielles, par la nécessité de ne pas perdre l’acquis de la libre circulation dans l’UE.

Marchés financiers agités et livre chahutée

Les incertitudes accrues qui vont accompagner les derniers mois des négociations sur l’après-Brexit continueront d’insécuriser tant les investisseurs industriels (Airbus, par exemple, doit-elle rapatrier ses lignes de production sur le Vieux Continent?) que ceux privilégiant les actifs financiers.

Si des effets compensatoires peuvent immuniser quelque peu les actions (une baisse de la livre fait grimper les bénéfices gagnés à l’étranger par les entreprises cotées à Londres), il n’y en a guère pour les placements moins risqués. Le surplus de rendement qu’offrent les obligations en livres sterling par rapport aux Bund (une centaine de points de base sur une échéance à dix ans) peinera à compenser une inflation plus élevée outre-Manche et le risque que la devise britannique continue de se déprécier.

La croissance britannique s’essouffle

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La livre malmenée et encore très volatile

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