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Il faudra attendre la fin de cette année pour que la BCE mette un terme à son programme de relance quantitative.

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Marchés21 mars 2018

Banques centrales à la manœuvre, enfin certaines

Les États-Unis sont entrés dans leur neuvième année consécutive de croissance ininterrompue depuis la récession de 2008. Dans le sillage des plans de relance budgétaire et fiscale orchestrés par l’administration Trump, la croissance accélérera à nouveau en 2018 et dépassera celle de la zone euro.

La Réserve fédérale américaine n’est pas restée impassible face à ce solide tonus. Elle a graduellement relevé ses taux d’intervention depuis fin 2015 (sixième hausse attendue aujourd’hui) pour s’adapter à un marché de l’emploi soutenu (chômage au plus bas depuis dix-sept ans) et à une inflation plus piquante (+2,3% en février). Deux hausses de taux supplémentaires, voire trois, sont envisagées d’ici décembre, ce qui ramènerait les taux courts en dollars vers 2,5%. La politique monétaire américaine ne sera pas pour autant contraignante, le loyer de l’argent égalant à peine le rythme de progression du PIB ou celui de l’inflation.

Sur le Vieux Continent, la donne est un peu différente. La croissance de la zone euro cartonne (+2,7% fin 2017) et celle de la Suisse se redresse (+1,9%), mais la progression des prix à la consommation reste modeste, sensiblement inférieure à l’objectif des banques centrales. C’est ce qui justifie l’attentisme de la Banque centrale européenne (BCE) et qui force la Banque nationale suisse (BNS) à laisser ses taux d’intervention en territoire négatif.

Il faudra attendre la fin de cette année pour que la BCE mette un terme à son programme de relance quantitative, puis envisage une première hausse de ses taux d’intervention. La BNS devrait rapidement suivre le mouvement, un premier pas vers une lente normalisation des taux courts. Ce serait enfin le signe que la croissance est plus équilibrée, que les tensions financières font partie du passé, que l’économie se débrouille sans les coups de pouce des banquiers centraux.

Publié sur le site 24 Heures le 21 mars 2018

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