Selon une étude de la CVCI, le degré de connaissance des entreprises vaudoises en matière la transition numérique demeure insuffisant.

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Entrepreneurs26 janvier 2017

Digitalisation: les entreprises vaudoises en mal d’informations

La CVCI tire un bilan contrasté d’une étude menée sur la numérisation de l’économie vaudoise. La rapidité des changements technologiques demande notamment davantage d’efforts en matière d’information et de formation. Mais la révolution 4.0 est globalement considérée de manière positive.

Plus d’une entreprise vaudoise sur trois ne se sent pas ou peu concernée par la digitalisation de l’économie. A contrario, plus d’une sur cinq se dit très impliquée par ce que l’on appelle aussi la nouvelle révolution industrielle. Le constat de l’étude réalisée par M.I.S Trend pour la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI) est «contrasté», selon la directrice de la CVCI, Claudine Amstein. Car si une grande partie des entreprises sondées voient la transition numérique comme une opportunité, elles sont très nombreuses encore à en ignorer les tenants et aboutissants.

Pour être sûre que tout le monde parle de la même chose, la CVCI a défini ce qu’elle entendait par numérisation, digitalisation ou industrie 4.0. Cette révolution intègre ainsi des domaines comme l’internet des objets, le big data, la robotique ou encore les imprimantes 3D. La CVCI relève ainsi que même si certaines branches n’ont pas encore dû affronter une rupture technologique majeure, le mouvement s’accélère. Et de donner juste un indicateur: «le volume de données produites et stockées dans le monde au cours des deux dernières années dépasse le volume de toutes les données stockées depuis l’apparition de l’informatique».

Le coût n’est pas un frein

Une majorité d’entreprises (54%) qualifie la manière dont elles sont touchées de positive, une tendance plus forte dans les grandes entreprises. Et plus de la moitié a modifié son modèle d’affaires ou adapté sa production, une proportion qui grimpe à 70% chez les sociétés de plus de 100 employés. Confirmation que la numérisation est déjà au cœur des processus dans les entreprises. Claudine Amstein cite par exemple le cas du fabriquant de matelas, Elite, qui a introduit des senseurs dans ses produits afin de modifier son mode de facturation de ses matelas aux hôtels. Quant à ceux qui n’ont encore rien entrepris, c’est parce qu’ils ne se sentent pas concernés pour l’heure. La notion de coût existe – les adaptations ont leur prix –, mais elle n’est jamais avancée comme un frein à la digitalisation de l’entreprise.

L’étude contredit des tendances affirmées ailleurs en matière de résistance à la numérisation au sein des entreprises. Ainsi, seul 1% des sondés a perçu de fortes oppositions – et 16% des assez fortes. Il est intéressant de noter que le sujet est plus sensible dans les grandes entreprises, là où la question de l’emploi est souvent la plus délicate. Reste à savoir à quel niveau hiérarchique les résistances sont les plus fortes.

Attentisme préoccupant

L’attentisme dont fait preuve une grande part de petites sociétés préoccupe la CVCI. Certes, elles sont nombreuses à avoir adopté des nouveaux processus de production ou de relation clientèle notamment en raison du franc fort, mais la digitalisation avance rapidement. Très rapidement. Ainsi, la Chambre a voulu détecter quels étaient les moyens à mettre en œuvre pour sensibiliser et former employés et dirigeants. Car l’étude souligne que 60% des sondés s’estiment pas ou peu informés. Ceci, alors que le sujet est très souvent présent dans les conversations ou dans les médias. Et lorsqu’ils s’informent, c’est davantage par la presse ou internet que par des formations structurées (séminaires, cours, etc.). De nouvelles voies doivent ainsi être explorées.

Les entreprises se rendent toutefois compte de la nécessité d’organiser des formations spécifiques – même si 43% d’entre elles n’ont encore rien prévu. Car, insiste Claudine Amstein, «l’une des conséquences de la robotisation, par exemple, est la diminution des emplois à faible valeur ajoutée et le développement de ceux à plus forte valeur ajoutée». Et ce sont bien ces derniers, «qui sont générateurs de croissance».

Alors, conclut la directrice de la CVCI, face à cette mouvance lancée à vive allure, les entreprises doivent pouvoir bénéficier de conditions-cadres favorables. Que ce soit en matière de droit du travail, de fiscalité ou de gestion sécurisée des données.

Anne Gaudard, Rédactrice, BCV

Pour plus d’informations: site de la CVCI

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