Scierie Zahnd

La scierie a bénéficié de l'augmentation de la demande de bois pour la construction dans les années 1980.

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Entrepreneurs10 août 2016

«Rester compétitif»

Fondée il y a 112 ans, la scierie Zahnd, à Rueyres, est depuis l’origine une maison familiale. Savoir-faire, innovation et investissements réguliers ont permis à l’entreprise de traverser les époques et de devenir le numéro un de son secteur, en Suisse romande.

En 1904, un charpentier, Arthur Zahnd, rachète une scierie au bord d’un ruisseau, à Rueyres, au coeur du canton de Vaud. En 2016, son entreprise est la deuxième scierie de Suisse en termes de volume. Dirigée par Thierry, Claude et Laurent Zahnd, la quatrième génération, elle emploie 43 personnes. «Notre force a été de nous spécialiser», estime Thierry Zahnd, responsable de la stratégie commerciale.

La surface, un enjeu de taille

Les 150 000 m3 de bois rond usinés chaque année, l’équivalent de 6000 camions, ne proviennent que de résineux. «Les autres essences, c’est un autre métier», assure-t-il. L’entreprise a capitalisé sur son savoir-faire et propose aujourd’hui des sciages pour les lamellistes, charpentes, emballages et coffrages. Son site de neuf hectares et sa localisation ont été également un atout crucial. «Etre situés à l’écart et loin de tout nous a protégés de la hausse du foncier. Nous avons acquis sans difficulté la surface nécessaire au développement de l’activité», détaille Thierry Zahnd. Car l’autre enjeu pour une scierie, ce sont les équipements, pour lesquels des investissements réguliers, et souvent importants, sont indispensables.

Thierry Zahnd
La plus grande part de la matière première provient de Suisse romande explique Thierry Zahnd.

Changement d’échelle

En 1994, un portique de 85 mètres est installé, ainsi qu’un parc à grumes plus grand permettant un triage plus précis. Zahnd change d’échelle. La création de la coopérative Boipac, qui réunit les communes forestières du canton, assure son approvisionnement en bois local. «Depuis toujours, nous avons innové, tâché de rester compétitifs, de disposer des dernières technologies et machines», témoigne Thierry Zahnd. Cet état d’esprit suppose d’être en permanence à l’écoute des marchés, «pour être réactifs, pouvoir proposer rapidement toute une série de produits de qualité».

Mais innover suppose aussi et surtout une vision d’avenir. Zahnd n’en a jamais manqué. Depuis 2010, l’entreprise collabore avec Romande Energie, pour revaloriser intelligemment ses sousproduits.

La sciure permet la fabrication de pellets. L’écorce et les plaquettes alimentent désormais la plus grande centrale biomasse de Suisse romande, à proximité de l’entreprise. L’énergie ainsi produite contribue à chauffer le site, notamment ses séchoirs à bois, ainsi qu’une demi-douzaine d’habitations à proximité. L’électricité générée par la centrale est redistribuée sur le réseau de Romande Energie.

Le choc du 15 janvier

Depuis le 15 janvier 2015 et la disparition du taux plancher, l’horizon s’est quelque peu assombri. «Sur le moment, cela a été un choc pour nous, mais nous avons pu réagir rapidement, faire le point, accompagnés par la BCV. La Banque est venue nous trouver, et nous avons discuté des perspectives, de l’éventualité de pouvoir solliciter un crédit, dont nous n’avons finalement pas eu besoin puisque nous avions assez de liquidités, raconte Thierry Zahnd. Nous n’avons pas souscrit de produit de couverture, mais la BCV a pu proposer des solutions pour améliorer la gestion des liquidités et diminuer l’exposition au risque de change.» Si la visibilité de l’entreprise s’est quelque peu réduite, ses investissements pour 2016 ne seront pas diminués. Par ailleurs, des plans d’agrandissement sont en discussion, et la cinquième génération est d’ores et déjà intégrée aux futurs projets.

Ce texte est paru dans le rapport de Responsabilité sociale d’entreprise 2014-2015 de la BCV.

 

Camille Andres, rédactrice, pour la BCV

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