Sylvain Agassis

Sylvain Agassis a converti le domaine familial à la biodynamie.

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Entrepreneurs10 août 2016

L’innovation sur trois générations

De père en fils, la famille Agassis a transformé son exploitation maraîchère au nord d’Yverdon-les-Bains en un groupe dont les activités diversifiées recourent à des technologies pointues.

Dans les années 1950, René Agassis, qui reprend l’exploitation céréalière familiale à Essert-sous-Champvent, choisit de diversifier ses cultures et y introduit le maraîchage. En 2015, son petit-fils Sylvain Agassis, à la tête de l’entreprise rebaptisée Sylvain&CO, signe un partenariat avec la startup Combagroup pour se lancer dans la culture hors-sol, grâce à une technique efficiente requérant un minimum d’intrants et de ressources. Du grand-père au petit-fils, la culture de salades ne s’est donc pas perdue, bien au contraire. Le domaine s’est un peu agrandi, il fait aujourd’hui 15 hectares, et a même été converti à la biodynamie en 2008. A côté de ce «coeur de métier», d’autres activités sont nées au fil du temps.

Une relation de confiance

Avec la deuxième génération, Jean-Jacques Agassis, père de Sylvain, un tournant s’opère: l’entreprise se positionne sur la transformation des salades, notamment les préparations prêtes à consommer, et développe toute une série de produits dits de quatrième gamme, salades ou fruits et légumes coupés et préparés. Une usine est construite et s’agrandit peu à peu. Toutes ces évolutions n’auraient pas été possibles sans l’appui de sa banque. «La BCV a régulièrement financé de nombreux investissements par le biais de diverses facilités de crédit. Actuellement notre situation financière est bonne, mais la banque nous a toujours soutenus et cherché la meilleure solution pour nous, même lorsque nos résultats étaient moins bons. Une véritable relation de confiance s’est instaurée, au-delà des critères financiers.»

Développer le contrôle qualité

Le dynamisme de Sylvain&CO trouve aussi ses racines à l’époque du grand-père, René: «il cherchait continuellement des solutions nouvelles. Il ne pouvait pas toucher une machine sans la transformer», raconte Sylvain Agassis. C’est René Agassis qui, le premier, choisit d’emballer ses carottes pour les vendre plus facilement dans les supermarchés. Aujourd’hui, la culture ne représente qu’une infime part du chiffre d’affaires de Sylvain&CO. Près de trois quarts des revenus proviennent de la préparation de produits maraîchers pour des grands distributeurs, comme Manor, Coop, Aligro. De nouveaux produits naissent régulièrement, parfois à l’instigation des employés. Les activités se diversifient à un rythme de plus en plus soutenu. Après les paniers de fruits destinés aux entreprises, Sylvain&CO se lance désormais dans le contrôle qualité: en partenariat avec le CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire), l’entreprise exploite un outil révolutionnaire pour détecter la qualité de produits à partir de leur taux vibratoire: le bioscope.

Sylvain Agassis - Une diversité de métiers
L'entreprise emploie 180 salariés, une «tribu» mise en scène avec humour dans ses supports de communication.

Paris entrepreneuriaux

«C’est une technologie naissante, basée sur la physique quantique, qui offre un grand nombre de perspectives, mais demande un certain temps et de nombreux tests avant de pouvoir devenir efficiente, puisque ce sont les données qui permettent à l’outil de s’améliorer», explique Sylvain Agassis. Tous ces choix sont autant de paris entrepreneuriaux, toujours réalisés selon une politique d’investissement prudente et discutée en famille. La «tribu» est une notion chère à Sylvain Agassis, qui aime consulter son entourage avant de prendre une décision. Mais cet entrepreneur aux convictions sociales et environnementales solides rappelle aussi que l’essentiel est de «se fixer ses propres critères de réussite. Il ne faut pas se laisser dicter des ambitions qui ne correspondent pas à ses propres valeurs et au sens que l’on veut donner à sa vie».

Ce texte est paru dans le rapport de Responsabilité sociale d’entreprise 2014-2015 de la BCV

Camille Andres, rédactrice, pour la BCV

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