Flyability - Les drones tout terrain

Fondée en 2013, la start-up est basée dans le quartier du Flon à Lausanne.

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Entrepreneurs10 août 2016

Flyability, les drones tout-terrain

Née en 2013, Flyability a créé un drone adapté à l’inspection industrielle ou humanitaire. La start-up a bénéficié d’un prêt de la Fondation pour l’Innovation Technologique (FIT ) pour réaliser son premier prototype destiné aux clients.

Peut-on fabriquer un drone capable de continuer à voler s’il vient à toucher un obstacle? C’est en 2013 qu’Adrien Briod, étudiant à l’EPFL, a l’idée de cet objet, dans la foulée de sa thèse en microtechnique sur le sujet. Il développe un prototype et, très rapidement, l’intérêt d’une application commerciale apparaît. Il est rejoint par Patrick Thévoz, formé avec lui à l’EPFL et consultant en stratégie. «Nos motivations sont différentes mais complémentaires. Adrien a vraiment une passion pour la robotique volante et l’envie de mettre cette technologie dans les mains de tout le monde. Mon moteur à moi, c’est de pouvoir rassembler toutes les conditions nécessaires au-delà du produit pour permettre à l’idée initiale de devenir une réalité et d’arriver sur le marché.»

Obtenir ses premiers clients

Flyability naît en 2014. L’un des premiers soutiens obtenus par la start-up est un prêt d’un montant de 100 000 francs de la Fondation pour l’Innovation Technologique (FIT). «Il nous a permis de réaliser un premier produit à vendre à des clients, c’est-à-dire le passage d’un prototype de recherche à une version plus commerciale.» Un moment extrêmement important pour Patrick Thévoz: «Obtenir ses premiers clients payants est vraiment une étape marquante. On sait qu’on répond à un besoin réel. C’est la plus belle confirmation de l’utilité du produit.»

Un soutien à long terme

L’aide de la FIT est d’autant plus bienvenue que les premiers financements ne sont pas toujours aisés à obtenir. «Il est dangereux pour une start-up d’emprunter de l’argent, car elle ne peut pas rembourser à court terme, comme c’est le cas pour une entreprise classique. Il faut du temps pour se chercher, évoluer, changer. C’est donc un soutien à long terme et spécifique qui est nécessaire, comme le prêt de la FIT par exemple, qui ne comporte pas d’intérêt et peut être remboursé de façon échelonnée.» Le temps est une donnée importante. Au départ, l’objectif était «de développer un produit commercialisable en deux, voire six mois», se souvient Patrick Thévoz en souriant. Bien entendu, la réalité n’est pas aussi simple.

La fiabilité est cruciale

«Nous combinons plusieurs disciplines: robotique, mécanique, électronique, aéronautique et science des matériaux, ce qui suppose beaucoup de contraintes. Et nos systèmes n’ont pas droit à l’erreur ou à l’approximation. La fiabilité est cruciale.» Au final, il a fallu deux ans et une quinzaine de personnes supplémentaires pour permettre à la start-up de perfectionner son produit, le Gimball, et de le distribuer à des clients aujourd’hui situés sur toute la planète. L’objet est un drone à hélices, entouré d’une cage circulaire en fibre de carbone, doté d’un logiciel de navigation sur mesure et d’une structure particulière.

Flyability - Robot
Une structure de protection enveloppe le robot volant de Flyability.

L’inspection industrielle privilégiée

Il offre une solution inédite aux «deux plus grands problèmes de la robotique volante: la sécurité des personnes et les collisions», explique Patrick Thévoz. Le Gimball peut en effet heurter des obstacles et repartir aussitôt, ou s’approcher d’individus sans risque pour eux. Usines, égouts, conduits, cuves, cales de bateaux sont autant de terrains d’utilisation. Flyability, qui a levé 2,54 millions de francs fin 2015, s’est d’ailleurs spécialisée dans l’inspection industrielle, mais le domaine humanitaire, avec l’exploration de zones touchées par des catastrophes, est un autre champ d’application possible. Une version grand public du produit est aussi envisagée pour fin 2016.

La FIT a comme objectif d’apporter un soutien au développement de projets technologiques innovants, ses aides sont conditionnées à une collaboration avec une Haute Ecole de Suisse occidentale. La BCV est aux côtés de la Fondation depuis ses débuts. En 2013, la contribution annuelle de la Banque est passée de 50 000 à 500 000 francs; une somme qui sera renouvelée pendant dix ans, afin de permettre à la FIT d’élargir ses soutiens.

Ce texte est paru dans le rapport de Responsabilité sociale d’entreprise 2014-2015 de la BCV.

Camille Andres, rédactrice, pour la BCV

 

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