CVCI Printemps 2018

Les entreprises vaudoises envisagent 2018 avec optimisme, selon l'enquête conjoncturelle de printemps de la CVCI. Même dans l’industrie, elles pensent à nouveau à augmenter leurs prix de vente et à revenir s’approvisionner en Suisse.

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Dans le canton03 mai 2018

Les entreprises vaudoises vont investir davantage

L’accroissement de la concurrence a dépassé la situation économique internationale et le franc fort dans les préoccupations des sociétés vaudoises. Elles envisagent enfin un retour de leurs marges, selon l’enquête conjoncturelle de printemps de la CVCI.

Même le franc s’affaiblit: tout ou presque concourt à l’amélioration de l’environnement économique des entreprises vaudoises. D’ailleurs, après s’être montrées finalement assez satisfaites de 2017, elles entrevoient l’exercice en cours avec optimisme. Et preuve de cet enthousiasme, l’envie d’investir revient, selon la dernière enquête conjoncturelle de printemps de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI).

Les entreprises sondées comptent notamment sur une amélioration de leurs bénéfices cette année. Près de 80% d’entre elles estiment qu’ils vont se stabiliser ou progresser. «La situation s’améliore, mais n’est pas optimale, car les prix restent bas», commente Patrick Zurn, responsable de projet à la CVCI. Une remarque qui vaut aussi pour les services. Les derniers chiffres du PIB cantonal avaient déjà souligné que l’exercice en demi-teinte de ce secteur constituait une des causes de la relative contre-performance économique vaudoise en 2017 (+0,8% contre 2,5% attendu pour cette année).

Conséquence de la baisse des marges

Et visiblement la tendance à la hausse des marges – même si elles restent à des niveaux bas –stimule l’investissement. Pour la première fois depuis janvier 2015 et l’abandon du taux plancher de CHF 1,20 pour un euro, les entreprises envisageant une augmentation de leurs investissements sont légèrement plus nombreuses que celles qui prévoient de les réduire. Un signal important du moral des entrepreneurs. Comme le pour cent d’entreprises concernées est relativement stable, c’est bien les volumes investis qui ont chuté ces dernières années. Une conséquence de la diminution des marges, souligne Patrick Zurn.

CVCI Investissement

Or, la situation change. Lorsqu’on les interroge sur les mesures prises dans le cadre de l’évolution du taux de change, 21% des entrepreneurs sondés répondent qu’ils ont relevé leurs prix de vente contre 8% à l’automne 2015. Ils sont tout de même encore 26% à dire que les prix restent sous pression, contre 53% en automne 2015, voire 41% à l’automne 2011, lorsque le taux plancher avait été introduit.

Effectifs en hausse

Ces signaux positifs viennent compléter l’indication donnée par les chiffres du chômage, dont le taux a passé sous la barre des 4% (fins de droits compris) en avril dans le canton. D’ailleurs, à la question de savoir s’ils allaient engager ou pas, les entrepreneurs vaudois répondent majoritairement que oui, la situation leur permet d’envisager d’augmenter leurs effectifs cette année. Les intentions ressemblent à celles de 2014, soit avant le coup de massue du franc fort. Le bond le plus spectaculaire est enregistré dans le secteur des machines, équipement électrique et optique. La situation en revanche reste difficile dans l’édition et la métallurgie.

L’affaiblissement du franc permet en outre aux entreprises d’envisager une «réorientation de leurs achats», en d’autres termes de s’approvisionner à nouveau en Suisse. Si cette tendance concerne 15% des entreprises du secteur des services, elle enthousiasme 35% des sociétés de l’industrie. Par ailleurs, toujours dans la foulée de l’évolution du franc enregistrée depuis l’été dernier, 20% des entreprises envisagent une relocalisation ou un maintien de leurs activités en Suisse.

Prospection de nouveaux marchés

Parmi les autres mesures envisagées, la prospection de nouveaux marchés est souvent citée, confirmant l’accroissement de la concurrence. Un élément qui est d’ailleurs désormais la principale préoccupation des entrepreneurs vaudois. Pour la première fois, en effet, la situation économique générale n’est plus au centre des soucis de l’économie cantonale. Les entrepreneurs constatent en revanche qu’il est toujours plus difficile de recruter. Un autre signe de la bonne santé de l’économie. Ils regrettent aussi les «excès de réglementation ». Ceci alors même qu’entre en vigueur au 1er juillet l’obligation d’annoncer les postes vacants, un des volets de l’ordonnance d’application de la loi contre l’immigration de masse acceptée le 9 février 2014.

Anne Gaudard, rédactrice BCV

Pour en savoir plus: la documentation sur le site de la CVCI

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