Transition énergique

Concrètement, par habitant, la Suisse romande devra réduire sa consommation d’énergie de 53% et ses émissions de CO2 de 72%.

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Dans le canton28 mai 2018

La transition énergétique romande

La Suisse romande aborde la Stratégie énergétique 2050 en position favorable. Les enjeux pour la région sont les mêmes que pour le pays: sortir du nucléaire, réduire la dépendance aux énergies fossiles et utiliser mieux l’énergie, en limitant les déperditions. Cependant, un climat un peu plus clément, une industrie plus légère et une accélération dans le renouvellement et la rénovation des bâtiments faciliteront l’atteinte des objectifs de la transition énergétique.

L’analyse des impacts de la transition énergétique pour la région est le sujet d’un chapitre de la 11e étude sur le PIB romand, publiée par les banques cantonales romandes en collaboration avec l’Institut CREA et le Forum des 100 du quotidien Le Temps. Les calculs ont été effectués par le Centre Energie de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), qui utilisé le calculateur Swiss-Energyscope, en y intégrant des données propres à la région romande. Ce calculateur se base sur les simulations de la société d’études économiques Prognos et détaille les conséquences des objectifs de la Stratégie énergétique 2050 sur la consommation d’énergie en Suisse.

Concrètement, par habitant, la Suisse romande devra réduire sa consommation d’énergie de 53% et ses émissions de CO2 de 72%. Cela implique notamment de réduire l’usage des énergies fossiles (-72%) et d’augmenter celui des énergies renouvelables (+114%): pompes à chaleur, pour remplacer les chaudières à mazout, photovoltaïque et éolien, dans une moindre mesure, pour produire de l’électricité, ou géothermie profonde, pour la chaleur et pour contribuer à la génération de courant.

Évolution des sources d'énergie

Progression de l’emploi dans les transports publics et le bâtiment

Si les effets globaux de la nouvelle politique énergétique sur l’économie sont difficiles à estimer, il semble au moins qu’elle a un effet net positif sur l’emploi dans le secteur de l’énergie et dans des activités directement liées, notamment les transports. Ainsi, le nombre d’emplois dans ces domaines pourrait augmenter de moitié d’ici le milieu du siècle. En particulier, le nombre d’emplois devrait fortement augmenter dans les transports publics, de même que dans la rénovation de bâtiments et les installations de chauffage. À l’inverse, le commerce de carburant et la réparation et la maintenance de véhicules pourraient perdre en importance.

Évolution de l'emploi

En outre, selon les calculs du Centre Energie, les dépenses annuelles liées à l’énergie pourraient légèrement baisser (-4%) d’ici 2050: les investissements dans l’efficacité énergétique seraient compensés par une baisse des achats d’énergies fossiles et du coût des énergies renouvelables.

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