L'économie vaudoise voit arriver 2019 avec confiance

Le boum des transmissions d'entreprises est un des soutiens aux acteurs de la branche "services aux entreprises".

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Dans le canton12 décembre 2018

L'économie vaudoise voit arriver 2019 avec confiance

Malgré les incertitudes, les acteurs de l’économie vaudoise s’attendent à une amélioration de la marche de leurs affaires pour les prochains mois, selon les dernières données de la Commission Conjoncture vaudoise. C’est notamment vrai dans les services aux entreprises.

Les acteurs de l’économie vaudoise ont le sourire aux lèvres. Un domaine affiche cependant un sourire un petit peu moins radieux: les services. Certes, l’image est un peu floue puisque ce secteur comprend des activités très disparates. Elle montre pourtant une érosion de la confiance des acteurs, ceci alors même que la demande reste élevée – elle l’est même davantage que sur le plan national. Une contradiction qui pourrait n’être que temporaire. «Ceci reflète probablement une demande étrangère moins forte pour les services suisses et un climat de consommation plus mitigé au troisième trimestre», explique Luc Oesch, président de l’Ordre vaudois d’EXPERTsuisse, en rappelant le mauvais automne de l’économie européenne.

Avantage au conseil aux entreprises

En fait, ce sont surtout les services à la personne, les transports, l’information et la communication qui peinent à s’enthousiasmer pour la marche de leurs affaires. Les services aux entreprises, eux, se projettent avec davantage de facilité dans l’avenir. Ils bénéficient notamment de plusieurs soutiens, comme la mise en œuvre de la RIE III vaudoise, la réforme de l’imposition des entreprises acceptée sur le plan cantonal, le boum des transmissions d’entreprises ou encore la digitalisation de pans entiers d’activités.

L’effet digitalisation

«Une entreprise sur cinq est concernée par le processus de changement de propriétaire. Cette situation va immanquablement générer du travail pour notre secteur. Tant l’acheteur que le vendeur a besoin de conseils», explique Luc Oesch. Les fiduciaires et les sociétés de conseil sont ensuite doublement concernés par la transformation numérique. Dans leur travail quotidien tout d’abord, mais aussi comme conseillers aux entreprises sur la voie de la digitalisation.

L’association faîtière a ainsi mis sur pied un service, l’Institut fiduciaire 4.0, pour aider ses membres à adapter leur processus opérationnel à cette inévitable réalité. Par ailleurs, la branche fournit des conseils stratégiques aux autres activités. «Pour beaucoup d’entrepreneurs, il faut prendre conscience qu’il ne s’agit pas d’implanter un logiciel par ci ou automatiser un processus par là, mais il s’agit bien de revoir son modèle d’affaires en profondeur».

Manque de main-d’œuvre

Pour répondre à cette demande, la branche du conseil en entreprises doit cependant faire face à un obstacle de taille: le manque de main-d’œuvre aux compétences requises. Comme d’ailleurs d’autres branches de l’économie vaudoise, puisque dans l’enquête conjoncturelle d’automne menée par la CVCI, plus d’un quart des sondés avouait des problèmes de recrutement et qu’un tiers confiait qu’ils étaient supérieurs à l’an dernier. Et c’est bien de main-d’œuvre qualifiée dont il est essentiellement question.

Formation, formation et formation

Dans les services aux entreprises, les associations professionnelles prennent le problème à bras le corps, précise Luc Oesch. «Notamment en matière de formation». Comment expliquer ce problème dans cette branche? «Le domaine fiduciaire est en train de se réinventer. Certaines de nos activités traditionnelles risquent une disruption rapide, comme certaines formes de comptabilité.» Mais le secteur compte aussi stratégiquement sur ces changements. «Nous devons miser sur ces nouveaux métiers pour devenir plus attractifs sur le marché de l’emploi».

Incitations souhaitées

Outre la revalorisation de certaines filières de formation ou l’augmentation de la formation continue, les entreprises vaudoises dans leur ensemble préconisent une amélioration de l’orientation professionnelle, voire la prise de mesures favorisant l’embauche de la population indigène. Il s’agirait alors de favoriser la création de places de crèche, les incitations fiscales, la flexibilisation du temps de travail, selon les répondants à l’enquête conjoncturelle de la CVCI qui a approfondi ce thème crucial pour l’avenir de l’économie vaudoise.

Les branches en un coup d'œil
Les acteurs de l'économie vaudoise se lancent dans 2019 avec confiance. Il est vrai que 2018 s'est avéré un bon cru pour une majorité de secteurs portés tant par les exportations que le marché intérieur. Il est vrai aussi que l'économie vaudoise bénéficie d'une forte croissance, a rappelé le 5 décembre la Commission Conjoncture vaudoise, dont fait partie la BCV, en publiant ses dernières données.
  • Construction: belle année 2018, malgré un léger fléchissement en milieu d'exercice. Le nombre de demandes de permis de construire reste élevé. Les entrées de commandes pour les prochains mois et les engagements sont en légère baisse. Optimisme toujours de mise.
  • Commerce de détail: année 2018 jugée globalement satisfaisante à bonne, mais une grande disparité apparaît dans les réponses selon la taille des détaillants. Les entreprises moyennes sont les plus pessimistes pour les trois à six prochains mois, alors que les grandes surfaces et les magasins non spécialisés sont les plus confiants.
  • Hôtellerie-restauration: nuitées stables à un haut niveau et prix de vente moyens en progression. Grâce à la météo, la situation est meilleure en 2018 en montagne que dans les villes et l'arc lémanique. Les réservations pour les Fêtes de fin d'année et les vacances de ski sont supérieures aux années précédentes. La situation reste plus difficile dans la restauration.
  • Industrie: bonne année pour l'industrie vaudoise. Quatre industriels sur cinq jugent leurs affaires satisfaisantes à bonnes. Les carnets de commandes sont bien remplis. Le taux d'utilisation des capacités de production est de 85%. Les emplois au troisième trimestre ont augmenté de 5% sur un an. Les industriels vaudois sont confiants pour 2019.
  • Services: l'évolution des affaires devrait se poursuivre, mais les acteurs du secteur sont désormais moins enthousiastes. La situation est plus mitigée dans les services personnels, ainsi que dans les transports, l'information et la communication.

Économie vaudoise

EcoVD-CVCI-122018

 

  • Prévisions du PIB: le ralentissement de la croissance de l’économie mondiale touchera le canton, mais le rythme de progression reste élevé.
  • Exportations: la croissance mondiale se poursuit grâce au dynamisme de l’emploi et des investissements, mais à un rythme moins vigoureux que cette année. Les risques? Les tensions commerciales et un ralentissement plus marqué de la Chine.
  • Croissance démographique: Soutien à la consommation des ménages et donc à la croissance du PIB, l’immigration ralentit à un niveau normalisé d’environ 0,8%
  • Emploi: sur les cinq dernières années, le canton a généré 4000 équivalents plein temps par an, un chiffre qui a doublé durant les douze derniers mois. Le taux de chômage reste orienté à la baisse.
  • Franc: comme la BCE, la BNS ne devrait pas toucher à sa politique monétaire avant le second semestre 2019.

Anne Gaudard, rédactrice, BCV

Pour en savoir plus:

Commission conjoncture vaudoise

Résultats de l’enquête conjoncturelle d’automne de la CVCI

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