CVCI - Enquête conjoncturelle 2017-2018

Le bilan de l'année 2017 s'avère positif pour les entreprises vaudoises, les résultats enregistrés sont supérieurs aux prévisions exprimées lors de l'enquête 2016.

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Dans le canton08 novembre 2017

Les entreprises vaudoises ont bon moral

La marche des affaires est jugée bonne à excellente par 35% des entrepreneurs, selon la dernière enquête conjoncturelle de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI). Un résultat meilleur que l’an dernier qui ne se traduit pourtant pas encore dans l’évolution de l’emploi et des investissements.

La confiance gagne toujours davantage les acteurs économiques vaudois. Même les représentants de l’industrie et de la construction ont globalement fait preuve d’un certain optimisme en répondant à la dernière enquête conjoncturelle de la Chambre vaudoise du commerce et de l’industrie (CVCI). Il est vrai que l’économie mondiale traverse un moment particulier: les principales économies sont en croissance, les taux restent bas, les politiques monétaires demeurent accommodantes. Et même si la Suisse et le canton de Vaud ne suivent pas au même rythme, cet élan retrouvé est porteur pour une économie ouverte sur le monde. Une situation que l’on entrevoit d’ailleurs sur le marché des changes, puisque le franc s’est quelque peu affaibli face à l’euro – tout en restant surévalué. Le seuil des 1,20 franc pour un euro semble toutefois difficile à franchir.

Résumé des tendances

Ainsi, la marche des affaires en cette année 2017 est jugée bonne à excellente par 35% des membres de la CVCI. Ils ne sont que 17% à l’estimer mauvaise à médiocre, alors qu’étaient encore 28% de cet avis l’an dernier. Dans l’industrie, la part des entrepreneurs plutôt enthousiastes est désormais plus importante que celle des entrepreneurs qui n’entrevoient pas encore la sortie du tunnel du franc fort. Une remarque qui se lit aussi sur le plan géographique, puisque dans toutes les régions, Jura-Nord vaudois compris, les membres de la CVCI s’attendent en majorité à une année positive. «La Vallée de Joux a globalement mieux résisté que le reste de l’Arc jurassien aux défis du franc fort», constate Guy-Philippe Bolay, directeur adjoint de la CVCI.

Un coup d’œil dans le rétroviseur permet de constater que les craintes suscitées par l’abandon du taux plancher par la Banque nationale (BNS) le 15 janvier 2015 ne se sont pas totalement avérées. Si l’activité s’est bien effondrée, la chute n’a pas été aussi forte qu’attendu, souligne Patrick Zurn, responsable de projet à la Chambre. Et preuve que le choc du franc a été en partie amorti, les exportateurs se montrent particulièrement confiants désormais (voir graphe ci-dessous).

Marché des affaires

Amélioration des marges

Du coup, pour la deuxième année consécutive, les chefs d’entreprise enregistrent une progression de leur marge d’autofinancement. «Même si elle reste à des niveaux bas par rapport aux années d’avant 2008, la tendance est là, que ce soit dans l’industrie ou les services», relève Patrick Zurn.

Cette amélioration de la situation économique se lit dans l’évolution des salaires qui ont progressé un petit peu plus que prévu en automne 2016: 0,9% au lieu de 0,8%. Un chiffre que l’on devrait retrouver cette année, alors que le Secrétariat à l’économie (Seco) prévoit une progression de l’inflation de 0,5% en 2017 et de 0,2% en 2018.

L’embellie de la marche des affaires ne se traduit pourtant pas par une forte progression de l’emploi. Depuis quatre ans, la réalité s’avère même inférieure aux prévisions, note Patrick Zurn. Certaines entreprises vaudoises affichent certes récemment une très légère tendance à l’embauche, notamment dans les services, mais il est plutôt question de stabilisation dans un environnement qui manque malgré tout de visibilité. D’ailleurs, même pour la marche des affaires, la vision à six mois est orientée à la baisse. Il est vrai que les prévisions conjoncturelles pour le canton de Vaud ont été abaissées par le CREA (lire: PIB vaudois: conjoncture solide malgré une révision à la baisse) en raison notamment de changements statistiques. L’économie vaudoise devrait ainsi croître de 0,9% en 2017.

Investissement en berne

La situation est plus préoccupante sur le front des investissements. Après une légère hausse en 2016, l’enquête conjoncturelle de la CVCI replonge. Pire: l’évolution enregistrée a chuté cette année déjà, alors qu’en automne dernier, les entrepreneurs prévoyaient encore majoritairement d’investir en 2017. Cela dit, l’environnement reste globalement favorable à l’investissement, c’est du moins ce qui a été observé aux États-Unis et en Europe où les chefs d’entreprise ont fini par relâcher les cordons de leur bourse. Aidant ainsi l’économie.

Oui au congé paternité

En marge de l’enquête conjoncturelle, la CVCI a sondé ses membres sur la manière dont les entreprises approchaient la problématique de la conciliation entre vie privée et vie active. La prise de conscience est nette, puisque si 56% des entreprises vaudoises disaient avoir pris des mesures en 2006, elles sont désormais 75% à agir. «Les entreprises tiennent à garder les compétences, les collaborateurs formés, surtout si l’immigration doit être limitée», constate Guy Philippe Bolay.

Il s’agit notamment de favoriser la flexibilité des horaires ou le travail à temps partiel. Mais la mesure qui a le plus progressé en dix ans est la possibilité de faire du télétravail. Notamment dans les services. Autre moyen de concilier vie privée et vie professionnelle, le congé paternité a gagné en en popularité. 51% des sondés sont favorables à un congé paternité flexible de quatre semaines financé par les APG (allocations perte de gain), soit ce que demande l’initiative fédérale en cours. Un congé qui est plus apprécié dans l’industrie (certaines conventions collectives de travail – CCT – l’ont déjà introduit) et dans les grandes entreprises. Les entreprises qui ne le proposent pas évoquent notamment des questions organisationnelles – c’est notamment le cas des PME – et de coûts.

Dans les faits, 22% des entreprises disent l’appliquer. La moyenne vaudoise est de 6,3 jours en moyenne. Et si les «mentalités évoluent», comme le constate Guy-Philippe Bolay, le débat, soulevé par l’initiative que le Conseil fédéral vient de rejeter sans proposer de contre-projet, devrait porter sur le nombre de jours concernés. A la question de la durée souhaitée du congé paternité, les entreprises vaudoises qui y sont favorables ont répondu en moyenne 9,4 jours.

Anne Gaudard, rédactrice, BCV

Les détails de l'enquête sont à disposition sur le site de la CVCI

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