Dossier PIB: PIB Romand

L’économie romande avance actuellement à la même vitesse que l’économie du pays.

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Dans le canton08 mai 2017

La reprise continue en Suisse romande

Les dernières prévisions de l’Institut CREA d’économie appliquée de la Faculté des HEC publiées en mai 2017 par les banques cantonales romandes en collaboration avec le Forum des 100 du Temps tablent sur une croissance du PIB romand de 1,5% en 2017 et de 1,9% en 2018. L’économie romande a commencé à se remettre en 2016 déjà des effets de l’abandon du cours plancher de l’euro par rapport au franc, avec une remontée de sa croissance de 0,8% en 2015 à 1,2%. Ainsi, la région croît à un rythme similaire à celui du pays dans son ensemble.

L’économie romande a bénéficié de sa diversification, de son orientation vers des activités à haute valeur ajoutée et d’un marché intérieur solide. Elle a aussi été aidée par un franc qui s’est un peu déprécié par rapport à ses sommets de 2015. Ainsi, le cours de l’euro a oscillé entre 1,07 et 1,12 franc. Quant au dollar, il a continué d’évoluer à un niveau supérieur à celui des années précédentes, entre 0,95 et 1,03 franc.

Pour 2017 et 2018, l’économie romande devrait notamment tirer profit d’une amélioration de l’environnement mondial, grâce à la poursuite de la reprise dans la zone euro, à une économie américaine relativement solide et à un rétablissement des pays émergents. Une certaine prudence reste toutefois de mise, de multiples incertitudes et facteurs de risque étant toujours présents. En particulier, les conséquences de la sortie du Royaume-Uni de l’UE sont incertaines et les effets de la politique économique de la nouvelle administration américaine ne sont pas encore connus. Ainsi, le retour de fortes incertitudes pourrait de nouveau exercer une pression haussière sur le franc.

Situation contrastée des branches

Le redémarrage observé en 2016 est principalement dû à une amélioration de la situation dans certaines activités manufacturières, en particulier dans la chimie-pharma et l’industrie alimentaire. Plusieurs branches tournées vers le marché intérieur, telles que le secteur public et parapublic et le commerce, ainsi que la construction, les activités immobilières et les services aux entreprises, les transports et communications, ont également soutenu la croissance. Une détente était aussi perceptible dans les services financiers et l’hôtellerie-restauration. En revanche, l’industrie des machines a continué de faire face à des vents contraires. Bien que meilleure qu’en 2015 dans la plupart des branches, la situation n’en restait ainsi pas moins contrastée d’une activité à l’autre.

Le franc reste surévalué

Ce contraste devrait perdurer en 2017. Les principales impulsions permettant la poursuite du rebond de la croissance sont attendues du côté du commerce, des activités immobilières et des services aux entreprises, ainsi que du secteur public et parapublic, des services financiers et de la chimie-pharma. La construction ainsi que les transports et communications devraient également continuer de soutenir la conjoncture. La stabilisation de l’hôtellerie-restauration devrait se poursuivre. Par contre, la situation devrait rester tendue dans l’industrie des machines. L’économie romande continuera ainsi cette année à ressentir les effets des vents contraires dus à une économie mondiale convalescente et à un franc toujours surévalué, notamment par rapport à l’euro.

Ce n’est qu’en 2018, si la reprise mondiale se poursuit comme prévu et si le franc se déprécie, que la situation devrait s’améliorer pratiquement dans toutes les branches.

Un quart de l’économie suisse

En termes réels (corrigés de l’inflation, aux prix de 2010), le PIB romand est passé de 156,2 milliards de francs en 2015 à 158,1 milliards en 2016 et, en données nominales, de 154,5 milliards de francs à 155,4 milliards, selon les estimations établies par le CREA. La comparaison avec la Suisse est tendanciellement favorable depuis le début du nouveau millénaire, même si l’écart de croissance s’est resserré depuis la phase aiguë de la crise économique et financière qui a débuté en 2007. Grâce à cette dynamique, la Suisse romande a augmenté son poids dans l’économie helvétique. La hausse n’est que de l’ordre du dixième ou du centième de pour cent par année, mais la tendance est régulière. Sur 15 ans, de 2001 à 2016, ce poids est passé de 23,1 à 23,9%.

Redémarrage de la croissance

Redémarrage de la croissance

Brochure PIB Romand

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