2020

Un exercice en faux plat avec visibilité réduite

  • L’économie mondiale devrait poursuivre sa croissance modérée.
  • Les risques existent, mais les banques centrales feront tout pour les contenir.

Le cycle économique se poursuit. Jusqu’à quand? Après une dizaine d’années de croissance, la question demeure au cœur de toute décision stratégique. La conjoncture mondiale vit son troisième mouvement de ralentissement depuis la crise de 2008. Les indicateurs avancés ont écarté le scénario d’une prochaine récession. Mais la visibilité reste limitée. Ainsi, en 2020, l’économie mondiale devrait croître à un rythme semblable – ou à peine supérieur – à celui de l’année qui s’achève. La croissance américaine devrait avoisiner 2% et celle de la zone euro 1%.

Scénario probable

L’activité est notamment soutenue par la politique à nouveau accommodante des banques centrales. Le prix de l’argent à brève échéance reste ainsi bon marché. L’économie bénéficie par ailleurs de taux longs bas et d’une dynamique de l’emploi encore satisfaisante. La confirmation, tant par la Chine que les États-Unis, d’une poursuite du dialogue soutiendrait le moral des acteurs économiques et pérenniserait une croissance actuellement dépendante de la consommation. Mais contrairement aux deux premiers, ce ralentissement ne devrait pas se terminer sur un rebond vigoureux. Les économies développées des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ne devraient pas dépasser 1,4% contre 1,7% encore en 2019.

L’impact des politiques des banques centrales est, en effet, d’autant moins important que les taux sont déjà bas et que, structurellement, sur des économies fortement endettées, leurs effets sont moins stimulants. La maturité du cycle constitue un autre vent contraire avec lequel les autorités monétaires et fiscales doivent compter. Une bonne partie de la demande est en effet exaucée. Et difficile d’abaisser encore les taux alors que l’épargne et la prévoyance souffrent. Les tensions politiques et commerciales restent en outre élevées, bridant les envies des entrepreneurs déjà peu enclins à investir. Le tout agrémenté d’une inconnue supplémentaire: le résultat de l’élection américaine de novembre prochain.

  • Dans ce scénario, les banques centrales poursuivent la politique menée en 2019. Les marchés progressent encore, mais de manière moins importante que cette année. Notamment, car la marge de manœuvre à la hausse des bénéfices des sociétés est modeste.

Scénario moins

Si les tensions commerciales devaient se renforcer touchant ainsi la si importante confiance des consommateurs, la croissance ralentirait davantage encore en 2020. Il en irait de même si les conditions financières se détérioraient ou encore si l’action des banques centrales devenait stérile. Toutefois, toute récession marquée semble pour l’heure peu probable dans la première partie de 2020 du moins. Les derniers chiffres de la construction aux États-Unis ne soutiennent pas ce scénario, puisqu’ils montrent un redémarrage du secteur.

  • Les banques centrales maintiendraient alors leur politique actuelle et chercheraient un soutien des gouvernements pour éviter de devoir aller plus loin encore en territoire négatif. Les marchés pourraient alors reculer, mais pas plonger comme ils le feraient en période de récession marquée.

Scénario plus

Un accord entre Pékin et Washington, l’arrivée de libéraux centristes à la tête des États-Unis et une forte relance budgétaire en zone euro pourraient renforcer la confiance des acteurs économiques en 2020 et donc le rythme de croissance.

  • Les banques centrales pourraient alors retrouver le chemin de la normalisation graduelle. Ce scénario soutiendrait la bonne marche en avant des marchés. Cependant, une trop forte remontée des taux longs perturberait ultérieurement les bourses, voire l’économie. Soit à l’horizon 2021.

En 2020 encore, la recherche délicate de l’équilibre entre croissance et taux prévaudra.  

 

1-0-Graphe-US

 

Le taux de chômage est à son plus bas depuis plus de 50 ans. La gestion de la croissance américaine repose grandement sur la santé du marché de l’emploi ainsi que sur l’évolution des taux courts. Le changement de cap de la Fed et les trois baisses de taux de 2019 ont réduit la marge de manœuvre des autorités monétaires pour une éventuelle relance de l’activité si cette dernière venait à caler.

1-1-Graphe-US

 

2-0-Graphe-Suisse

 

L’économie suisse devrait croître d’environ 1% sur l’ensemble de l’année 2020 dans la foulée de la croissance européenne. Les taux négatifs resteront d’actualité. Quelle sera la marge de manoeuvre de la BNS? L’impopularité croissante des taux négatifs constitue une donnée supplémentaire à gérer dans son exercice d’équilibrisme.

2-1-Graphe-Suisse

 

 

3-0-Graphe-Euro

   

L’inflation reste loin de l’objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE). Cette situation est d’autant plus compliquée pour la gestion de la politique monétaire que l’économie ne croît que modérément aux environs de 1%. La BCE est par ailleurs aussi confrontée à la contestation contre des taux bas.

3-1-Graphe-Euro

 

4-0-Graphe-Chine

 

La croissance de l’économie chinoise devrait poursuivre son ralentissement graduel. Elle doit compter avec l’affaiblissement du commerce mondial, mais aussi avec des éléments structurels, comme le fait qu’elle est dans un stade désormais plus avancé de son développement ou encore comme son niveau d’endettement. La marge de manœuvre des autorités en matière de taux est plus réduite qu’auparavant.

4-1-Graphe-Chine

 

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