Troisième ralentissement ou début de la prochaine récession?

  • La croissance devrait se poursuivre à un rythme modéré.
  • L’action des banques centrales est moins efficace, mais elle n’est pas bridée par l’inflation.
  • Les actions n’ont toujours pas de concurrence au vu des rendements obligataires.

Depuis la crise de 2008, l’économie mondiale vit sa troisième phase de ralentissement. Signe de maturité ou de fin d’un cycle atypique? En jetant un coup d’œil dans le rétroviseur des marchés, nous constatons que les corrections boursières majeures et durables ont lieu lors des périodes de récession. Autre caractéristique de ces fins de cycles, les marchés mettent de trois à cinq ans pour retrouver leur niveau d’avant-crise. En est-on arrivé là ou l’économie mondiale va-t-elle poursuivre sur la voie de la croissance? L’analyse historique des marchés montre qu’entre les récessions se produisent plusieurs mouvements de recul de plus de 5%. C’est ce que l’on a vécu en 2012 et en 2016. Plusieurs éléments plaident pour que le ralentissement actuel soit la troisième vague du cycle et non sa fin immédiate.

Pourquoi la croissance va se poursuivre

Depuis le début de 2018, l’économie mondiale ralentit. Ce mouvement a d’abord touché les pans les plus cycliques de l’économie, soit l’industrie qui est aujourd’hui entrée en récession dans le monde. Les indicateurs avancés laissent depuis entrevoir une stabilisation de la croissance, voire un léger mieux. La croissance est notamment soutenue par un marché de l’emploi solide et une confiance des ménages qui reste élevée. Mais, ce mouvement ne peut être vigoureux, malgré les mesures de relance prises ou annoncées.

Pourquoi son ampleur est limitée

La croissance des économies des pays de l’OCDE (Organisation pour la croissance et le développement économiques) ne retrouvera pas un rythme supérieur à 1,5% à l’horizon 2020. Même aux États-Unis, elle ne devrait pas dépasser 2%, malgré un début d’année dynamique et malgré la baisse des taux par la Fed – et plus globalement les politiques toujours accommodantes des banques centrales. Ces mesures de relance ont un effet limité dans un cycle mature qui voit bon nombre de besoins de consommation et d’investissements être déjà contentés. Qui voit aussi la solidité du marché de l’emploi rendre tout recrutement plus difficile. Moins efficaces, les banques centrales ont cependant la chance de pouvoir compter sur un allié de taille, l’inflation, qui leur laisse les coudées franches dans leur gestion des liquidités. Les mesures de relance se heurtent, par ailleurs, à des barrières structurelles comme l’endettement élevé ou encore le vieillissement de la population. Elles sont, en outre, freinées par les tensions géopolitiques et commerciales qui entravent le commerce mondial et inquiètent les acteurs économiques.

Quels indicateurs suivre?

Pour comprendre comment le rythme de l’activité mondiale peut évoluer, la comparaison de plusieurs indicateurs s’avère intéressante. Les indicateurs avancés ont montré de signes de reprise, mais ils tendent déjà à se stabiliser. La prime de risque de crédit reste dans la zone de risque moyen. Ainsi, le scénario 2020 devrait être différent de ceux de 2012 et 2016, qui avaient vu le ralentissement être suivi par une reprise marquée de la croissance.

Qu’est-ce que cela implique pour les marchés?

La poursuite de la croissance, même à un rythme modéré, offre un cadre toujours favorable aux actions. Mais davantage que l’activité mondiale et sa traduction dans les perspectives bénéficiaires des entreprises, le principal soutien à cette classe d’actifs demeure les taux bas. Les actions n’ont toujours pas de concurrence auprès des chercheurs de rendement. Dans la bataille entre rendement au dividende et rendement obligataire, le premier a une certaine longueur d’avance. Par ailleurs, les valorisations des actions ne sont pas exagérées. Cette préférence accordée aux actions doit cependant être modérée par le faible rythme de croissance et l’avancement du cycle économique. Dans ces conditions, un socle à coloration défensive comprenant les marchés phares du moment que sont les États-Unis et la Suisse reste important dans les portefeuilles. Mais, au vu de la performance récente de ces marchés, un mouvement de diversification s’impose.

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Troisième ralentissement? Durant les trois dernières récessions, les marchés ont fortement chuté et ont eu respectivement besoin de 39, 70 et 65 mois pour récupérer. Entre deux, des phases de baisse de plus de 5% ont eu lieu; elles enregistrent en moyenne des reculs de 11,6% et des périodes de récupération de 12 mois.

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La prime de risque de crédit doit rester sous la limite de 6% qui marque l’entrée en zone critique pour que la croissance se confirme. Autre courbe à suivre pour comprendre l’évolution de l’activité économique et des marchés, l’indicateur avancé de l’OCDE a rebondi de niveaux bas, mais ce rebond tend à se stabiliser.

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Environ 40% des titres du MSCI présentent un rendement au dividende supérieur de 3% à la moyenne des rendements obligataires. Cet écart est un soutien aux actions. Les valorisations absolues et relatives des actions restent correctes, même si certains marchés, comme la Suisse et les États-Unis, sont plus chers.

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