Lutter coûte que coûte

  • Le coup de frein à l’activité mondiale annonce une récession.
  • Tout dépend de la durée de la pandémie et des mesures prises.

Récession. Le constat est inévitable. Mais quelle sera son ampleur? Le coup d’arrêt de l’activité nécessité par la lutte contre le coronavirus a explosé dans un ciel printanier d’où disparaissaient peu à peu les nuages. Les collisions des chiffres publiés en mars prouvent l’effet de surprise. Alors que les rues se vidaient et que les premières statistiques du choc arrivaient de Chine, les données de l’activité de février confirmaient les indicateurs avancés: l’embellie économique s’installait.

Révision à la baisse

Désormais, dans un environnement à très faible visibilité, les prévisions sont fortement revues à la baisse. À titre d’exemple, le Secrétariat d’État à l’économie prévoit un recul de 1,5% du PIB suisse pour cette année, contre une progression de 1,3% encore en décembre. La visibilité est d’autant plus faible qu’à l’origine de ce choc ne se trouve pas un problème financier ou économique, mais une pandémie. La propagation du coronavirus a engendré subitement et simultanément une chute de l’offre et de la demande.

S’il est attendu qu’en Suisse, en Europe et aux États-Unis, le deuxième trimestre 2020 sera très difficile, qu’en sera-t-il ensuite? La Chine a subi son principal coup d’arrêt en janvier et en février; désormais l’activité semble reprendre. Les conditions géographiques, culturelles et politiques laissent à penser que les mesures visant à enrayer la pandémie seront plus longues à produire leurs effets sous nos latitudes qu’en Chine. L’activité pourrait redémarrer graduellement dès l’été, à condition, bien sûr, que les mesures de restriction soient graduellement levées. Parmi les conditions nécessaires à une récupération ordonnée de l’activité figurent aussi les mesures destinées à soutenir l’activité, soit les réactions des autorités monétaires et politiques.

Mesures monétaires

Baisse de taux, relance des pro-grammes d’assouplissement quantitatif, élargissement des achats d’actifs, etc. Les banques centrales ont sorti l’artillerie lourde afin que le système économique ait suffisamment de liquidités, que les échanges interbancaires se poursuivent, que des crédits soient à disposition des entreprises, que les monnaies se stabilisent et que les États puissent agir. Il est question de milliers de milliards. Voire davantage puisque, de la Réserve fédérale américaine à la Banque centrale européenne en passant par la Banque nationale suisse, les autorités monétaires ne fixent pas de limite à leur intervention.

Mesures politiques

Ces mesures ont permis de gagner du temps. Mais ce sont surtout les mesures budgétaires et fiscales qui étaient attendues. Celles qui permettent aux entreprises de continuer de fonctionner, de verser des salaires. Les annonces se succèdent visant à faciliter l’accès aux liquidités, aux crédits et aux mesures de soutien, comme le chômage partiel, ou visant à alléger les charges fixes, comme le report des traites fiscales. Les États débloquent des montants énormes et extensibles. Même en zone euro où le pacte de stabilité est mis de côté. 

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