Une assurance anti-remous

  • Commerciales, les tensions sont aussi technologiques, géopolitiques et sociales.
  • Les banques centrales restent sous pression.

Les tensions commerciales peuvent être considérées comme le grain de sable qui vient perturber la phase de maturité du cycle économique en cours. Les incertitudes qu’elles engendrent interviennent alors que la croissance de l’économie mondiale ralentit depuis le printemps 2018. L’activité dans le monde poursuit sa progression, mais à un rythme plus modéré que ce n’était encore le cas en 2017-2018, moment où le cycle atteignait son maximum à près de 4%. La croissance mondiale devrait atteindre environ 3,3% à l’horizon 2020.

Enjeu commercial

Dans ce contexte, l’escalade des prix des tarifs douaniers, notamment entre la Chine et les États-Unis, pourrait globalement coûter de 0,2 à 0,4 point de pourcentage de croissance selon les pays. Si elles sont appelées à rester, ces tensions ne peuvent être appréhendées sous leur seul aspect commercial. La volonté de Washington d’imposer certains produits, qu’ils soient chinois, mexicains ou européens, résulte d’un certain déséquilibre dans l’ouverture des marchés dans le monde – plus ou moins protectionnistes – et de la tentation isolationniste américaine, mais pas seulement.

Enjeu géopolitique

Ces tensions commerciales contiennent également des enjeux géopolitiques visant à délimiter les zones d’influence des grandes puissances mondiales que sont notamment la Chine et les États-Unis. Washington se sert ainsi du levier économique pour freiner l’extension du réseau économique et politique du pouvoir centralisé chinois le long de ses nouvelles routes de la soie.

Enjeu technologique

Cette escalade traduit aussi une bataille technologique autour de la maîtrise des clés de l’avenir que sont l’intelligence artificielle et la connectivité. Elle est encore le reflet de la tentative des gouvernements de contenir les conséquences de la perception par les populations de certaines formes d’inégalités.

Un village moins global

Commerciales, ces tensions sont ainsi également technologiques, géopolitiques et sociales et pourraient marquer le début du recul de la globalisation dans le monde. L’abaissement des barrières commerciales a porté ses fruits ces dernières décennies, mais aussi un certain nombre de déséquilibres dans le monde. L’évolution plus contenue des échanges internationaux pourrait réduire certaines inquiétudes sociales, mais sera aussi suivie d’inconvénients, notamment en matière de prix, dans un monde devenu accro au coût minimum.

La gestion de cette transition dans un environnement économique moins solide qu’il ne l’était il y a un peu plus d’un an encore est devenue cruciale. Si les acteurs économiques – chefs d’entreprises, investisseurs et consommateurs en tête – doutent d’une issue raisonnable, ils pourraient casser l’élan de la reprise en réduisant embauches, investissements et consommation. Cet élément, plus difficile à quantifier et anticiper que la guerre des taxes douanières, a poussé les banquiers centraux à réagir. Renforçant leur rôle d’«assurance» contre l’incertitude. 

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