Un printemps européen

  • L’économie européenne a subi un fort coup de frein en 2018
  • Les marchés pourraient anticiper un second semestre plus rassurant

Quoi qu’on en pense, c’est l’un des thèmes d’investissement les plus honnis du moment. En difficultés économiques et politiques, l’Europe fait pâle figure depuis le printemps 2018 aux côtés des marchés américain et suisse. Et si les actions européennes rattrapaient le terrain perdu à l’horizon de l’été?

Oubliés 2017 et ses presque 3% de croissance, l’an dernier, la zone euro a vu son économie ralentir fortement. Un mouvement qui se prolonge cette année puisque la croissance est attendue aux environs de 1%.

Difficultés économiques

Ce coup de frein relativement brusque s’explique par des facteurs intrinsèques, comme les problèmes structurels qui n’ont pas été résolus depuis la crise financière de 2008. Mais pas seulement. Si la zone euro a vécu des moments de quasi-euphorie, elle le doit grandement au soutien de la Banque centrale européenne (BCE). Or, comme un corps malade qui s’habitue à ses médicaments, l’économie européenne n’a pas eu ensuite les moyens de résister aux changements intervenus dans l’environnement économique mondial. Elle a ainsi subi de plein fouet le ralentissement de l’économie chinoise à laquelle elle est particulièrement exposée.

Ce mouvement est en outre intervenu alors que se faisaient encore sentir les effets du renforcement de l’euro entre la mi-2017 et avril 2018. À ces différents éléments s’ajoutent les tensions sociopolitiques qui prévalent dans plusieurs pays, comme la France ou l’Italie, sans même parler des effets d’un Brexit qui traîne en longueur.

Léger espoir

Un cas désespéré, l’Europe? Ce n’est pas ce que montrent les indicateurs avancés. Leur léger redressement permet de garder l’espoir d’une amélioration au second semestre. Alors oui, ils partent de très bas, mais plusieurs éléments permettent de différencier la situation actuelle de celle de la crise de 2012-2013. À commencer par la situation du marché du travail. La dynamique de l’emploi a cette fois résisté au ralentissement. Le taux de chômage dans la zone euro a atteint son plus bas niveau depuis l’automne 2008 à 7,8%.

L’économie européenne peut en outre toujours compter sur des taux bas et sur le soutien inconditionnel de sa banque centrale. Elle devrait par ailleurs bénéficier des mesures de relance du gouvernement chinois qui devraient produire leurs effets au second semestre 2019. Ainsi, la fin de l’année pourrait être moins décevante que ne l’indiquait la situation au premier trimestre.

Marge de rattrapage

Si la tendance esquissée par les indicateurs avancés se confirme, les actions européennes peuvent se montrer  tout aussi, voire plus compétitives que leurs consœurs américaines ou suisses. Et ceci ce printemps déjà. Ignorées par bon nombre d’investisseurs depuis le printemps 2018, elles présentent une marge de rattrapage intéressante, malgré leur rebond du premier trimestre.

Le cas est certes difficile, mais il n’est pas désespéré. À condition bien sûr que le retour de l’économie européenne ne soit pas stoppé par des accidents politiques.   

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