Spécial 50e - Voyage au cœur d’une prise de décision

Depuis dix ans, vous pouvez lire cinq fois par an le scénario économique et financier de la Banque. Comment se construit-il? Comment résiste-t-il à l’actualité?

Pourquoi n’a-t-on pas tout vendu mi-décembre alors que les marchés sombraient? Les décisions ou propositions d’investissement ne sont pas le fruit de certitudes, mais de convictions. Des convictions fondées sur un travail en profondeur d’analyses de nombreuses données économiques et financières, mais aussi politiques ou sociales, et bien sûr, sur l’expérience.

Comment s’est déroulé le processus de prise de décision de décembre dernier? Les analystes et stratégistes de la Banque disposent d’une batterie d’indicateurs et de modèles qui leur permet de scénariser les risques. La question principale était alors de déterminer si le cycle touchait à sa fin, en d’autres termes, si le ralentissement économique pouvait conduire rapidement à une récession.

Quelle profondeur?

Il s’agissait alors de tester le scénario de base, la stratégie à long terme (lire ci-dessous), d’analyser les différentes mesures de l’activité tant économique que financière pour jauger la profondeur du mouvement en cours.

Plusieurs indicateurs avancés étaient loin des niveaux atteints à la veille des dernières récessions, y compris celle de 2008. Autre signal en faveur d’une poursuite de la croissance, la courbe des taux de la Fed n’avait pas croisé celle du PIB américain, les taux courts n’étaient ainsi pas supérieurs au taux de croissance, la politique monétaire de la Réserve fédérale n’agissait pas encore comme frein à l’activité. Quant à la prime de risque de crédit, qui mesure le risque économique en analysant la rémunération du risque sur le marché des obligations, elle avait certes passé de faible à moyen, mais elle n’avait pas encore touché la barre de 6% qui marque l’entrée en territoire plus critique.

Adaptation tactique

Certes, comme une hirondelle ne fait pas le printemps, trois courbes ne font pas une embellie. Mais la confrontation de plusieurs indicateurs et modèles fournissait alors un faisceau d’indices plaidant pour une poursuite modérée de la croissance. Une adaptation ponctuelle des positions dans les portefeuilles était nécessaire pour tenir compte de la détérioration de certains indicateurs à court terme, mais pas un changement de stratégie.

Alors oui, les marchés ont plongé davantage qu’attendu, brisant même – si l’on se réfère à l’analyse technique, autre outil à disposition des analystes – des supports de soutien pourtant solides. C’est là que le mot conviction prend tout son sens. Encore fallait-il résister en voyant les indices descendre et descendre encore!

Gestion du risque

Peut-être aurait-il fallu vendre davantage d’actions cycliques. En fait, une politique d’investissement n’est pas un tableau noir et blanc. Vendre ou acheter.  Alors, il aurait été hasardeux de tout vendre, car le rebond a été aussi brusque que ne l’a été la chute. Vendre au plus haut et acheter au plus bas reste un idéal théorique. La gestion d’une politique de placement, c’est en fait de la gestion du risque, dont le résultat est mis en confrontation avec la concurrence ou des indices de référence.

Et les courbes des indices ont rebondi, dessinant un de ces «V» dont le marché se régale en période d’instabilité. Et c’est justement ce qui caractérise la période actuelle inscrite dans la phase de maturité d’un cycle commencé il y a dix ans. Lorsque paraissait le premier numéro de cette publication.

Une vision sur le long terme

Lorsque survient un événement comme la chute des marchés en fin d'année dernière, il s'inscrit dans un cadre à plusieurs plans que l'on pourrait appeler processus d'investissement. Ce processus comprend plusieurs phases et s'étend sur l'ensemble d'un cycle économique.

Allocation stratégique
Soit le choix des pondérations des différentes classes d'actifs (actions, obligations, etc.), des positions géographiques (Suisse, États-Unis, pays émergents, etc.). Ce choix stratégique se fait avec une vision qui court sur l'ensemble d'un cycle économique afin de satisfaire les objectifs de placement de la clientèle sur la durée (7 à 10 ans et plus).

Allocation tactique
Soit la décision de sur- ou sous-pondérer les classes d'actifs et les régions avec une vision de six à douze mois par rapport à l'allocation stratégique. Ceci afin de tenir compte de l'évolution des marchés à plus courte échéance.

Implémentation
Soit la traduction de ces décisions dans les portefeuilles ou dans le choix de produits proposés aux clients, dans le but d'obtenir de bonnes performances tout en maîtrisant les coûts.

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