Des milliers de milliards pour éviter le pire

  • Les marchés ont été surpris par le coup d’arrêt de l’activité, alors que la reprise se confirmait.
  • La volatilité perdurera tant que la pandémie ne sera pas maîtrisée.
  • Les actions de qualité restent un refuge à long terme.

Plus de 30% en un mois. La violence de la chute est à la hauteur de la surprise. Cueillis à froid, les marchés boursiers ont effacé deux ans de hausse en quelques sessions historiques.

Pourquoi une telle chute?

Les mesures visant à confiner la pandémie de coronavirus sont intervenues alors que l’embellie se confirmait dans un environnement de taux bas et de politiques monétaires accommodantes. Les marchés atteignaient ainsi leurs plus hauts à mi-février. Certes, une certaine prudence était de mise en raison de valorisations élevées – toutefois pas absurdes. Mais, contrairement à ce qui peut se produire lors d’une crise économique liée, par exemple, à une baisse de la demande à la suite d’une hausse des taux, ou financière, causée par une crise du crédit, le choc engendré par le coronavirus ne pouvait être détecté sur les radars habituels des marchés. L’effet de surprise a été accru par les incertitudes entourant les conséquences économiques du virus, par la difficile appréciation d’une situation à nulle autre pareille en Occident ou encore par l’impression de réactions désordonnées.

Le mouvement a aussi été amplifié par le choc pétrolier de début mars. La mésentente des producteurs sur la gestion de l’offre a accentué une baisse de la demande engendrée par la contraction de l’activité en Chine. Les prix du baril de brut sont passés de près de 60 dollars à mi-février sous les 25 dollars au printemps. Si le mouvement peut, à terme, favoriser les économies consommatrices de pétrole, il affecte dans un premier temps les pays producteurs – très investis dans le monde –, les investissements liés au brut et les bénéfices du secteur. Il accroît ainsi les tendances déflationnistes, qui s’étaient tues.

Peut-elle se poursuivre?

Les marchés anticipent une récession sévère. Ils évaluent la baisse des bénéfices des sociétés en 2020 à environ 20%. Mais, ils ne peuvent pas exclure que le mouvement puisse être plus important tant que l’épidémie n’est pas maîtrisée. Cette incertitude explique les pics de volatilité enregistrés ces dernières semaines.

Jusqu’où se poursuivra la baisse? Cette quête du plancher sur lequel rebondir requiert trois conditions. Que le marché ait capitulé, donc que le pessimisme domine. Que les autorités réagissent par des mesures monétaires, fiscales et budgétaires. Et que l’épidémie soit endiguée. Si les deux premières conditions semblent être tout (la première) ou partie (la deuxième) remplies, reste donc la dernière. Avec l’été en point de mire. Si l’activité repart graduellement au troisième trimestre, le monde pourrait échapper à une récession profonde. Ainsi, même si le gros de la purge semble effectué sur les marchés, d’autres accès de faiblesse paraissent inévitables au gré des nouvelles.

Que faire dans les portefeuilles?

Si l’on évite une dépression, dès que des nouvelles positives émergeront du front contre le coronavirus, l’analyse des indicateurs de risque et de valorisation des marchés pourrait détecter des points d’entrée pour ajuster les portefeuilles. Tout comme la manière dont les fondamentaux de l’économie – dont l’emploi – auront résisté à l’arrêt de l’activité. D’où l’importance des mesures adoptées par les autorités.

La reprise incertaine de l’économie tend à favoriser, dans un premier temps, l’intérêt pour les valeurs de qualité, comme les grandes capitalisations suisses ou américaines, ou les valeurs liées à des tendances structurelles fortes, comme la digitalisation de la société. Il est intéressant de noter que depuis février, l’Asie du Sud-Est, là même où a éclaté la crise, est le marché qui a le mieux résisté. Ces marchés pourraient représenter une opportunité de diversification dans un portefeuille. À condition, toujours, que l’on ne doive pas subir une récession qui se prolonge.

Qui dit priorité aux actifs de qualité pense aussi à l’or. Grâce à son rôle d’assurance de dernier recours dans un portefeuille diversifié, le métal jaune offre une couverture idéale en cas de dégradation inattendue du système financier. L’or peut par ailleurs aussi profiter du fait que les anticipations d’inflation ont trop fortement reculé après le choc sanitaire et les mesures annoncées pour tenter de le contenir.

 

Volatilité titre

 

L’indice VIX de la volatilité, dit aussi indice de la peur, a atteint 75% à mi-mars. Un niveau semblable à ceux atteints en automne 2008. Les ventes massives reflètent déjà la perspective d’une récession. La volatilité demeurera, mais à des niveaux moindres, à moins que la propagation de l’épidémie ne puisse être maîtrisée.

Volatilité graphique
Actions titre

 

La chute des indices depuis la mi-février a surpris, alors que l’embellie de l’économie se confirmait. La cassure des taux et des marchés indique le décalage énorme entre la situation avant la soudaine crise – embellie – et celle de fi n mars. Les indicateurs avancés n’ont pas encore intégré la nouvelle donne engendrée par les mesures de lutte contre le virus.

Actions graphique
Risque titre

 

La prime de risque de crédit a bondi sans avertissement au-delà de 6%, barre qui marque l’entrée en zone de risque élevé. Les marchés ont aussi chuté aussi abruptement. Cette indication de l’entrée en récession est intervenue en quelques jours alors que, lors des dernières récessions, le changement a pris des semaines, voire des mois. Toute stabilisation n’interviendra qu’à son retour en zone plus modérée.

Risque Graphique

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