2019, l’année qui se finit en mars?

  • Le rebond de début d’année a effacé la chute de fin 2018
  • L’économie mondiale devrait poursuivre sa croissance
  • L’environnement plaide pour une surpondération modérée des actions

Effacée la chute de fin 2018. Au premier jour du printemps 2019, les marchés avaient globalement rattrapé le terrain brusquement perdu et affichaient quelque 13% de hausse depuis le 1er janvier. Que faire après un tel début d’année?

Pour expliquer ce bon trimestre, il faut tout d’abord ne pas oublier les affres du quatrième trimestre 2018. La dynamique de ce rebond puise ses racines dans la forte chute de l’an dernier, qui a poussé les valorisations des indices à des niveaux très bas, les rendant bon marché par rapport à leurs fondamentaux.

 

Marchés

L’ensemble des marchés a rebondi au premier trimestre 2019. Côté actions, les marchés plus défensifs caracolent en tête à l’instar des États-Unis, voire de la Suisse. Ils sont aussi accompagnés des marchés du Sud-Est asiatique. Une amélioration de la situation en Chine soutiendrait les valeurs plus cycliques qui possèdent un certain potentiel de rattrapage.

Graphique Marchés

Recul des taux longs

L’environnement a également changé. Un exemple? Les rendements des bons à 10 ans du Trésor américain ont passé de 3,2% à 2,4%. Cette détente des taux longs reflète le recul des risques liés à l’inflation aux États-Unis, mais aussi de ceux liés à une politique monétaire plus restrictive de la Réserve fédérale américaine. La Fed a en effet annoncé en janvier vouloir se montrer plus patiente avant de poursuivre la normalisation de ses taux.

La décision de la Fed, tout comme celle de la Banque centrale européenne (BCE) de repousser à l’an prochain tout relèvement de ses taux, ont notamment été engendrées par le ralentissement de l’économie mondiale. Un mouvement grandement expliqué par la situation en Chine.

Éclaircie conjoncturelle

Commencée début 2018, la décélération de l’économie chinoise s’est accentuée durant le second semestre. Pour tenter de maîtriser ce mouvement, le gouvernement a diversifié ses mesures de relance. Elles devraient produire leurs effets d’ici à l’été. Certains indicateurs avancés laissent en effet entrevoir une stabilisation de la situation, voire un retournement de tendance. Ce qui redonnerait du lustre aux valeurs cycliques qui ont souffert depuis le printemps dernier.

Cette éclaircie dans le ciel conjoncturel n’est pas visible qu’en Chine. Les indicateurs avancés de l’activité mondiale montrent que la croissance garde un certain potentiel. Leur rebond se constate mois après mois depuis le début de l’année. À confirmer dans les mesures qui reflètent davantage la situation réelle de l’activité économique, comme les indices des directeurs d’achats (PMI). S’il se réalise, ce redressement économique devrait se lire dans les bénéfices des sociétés au cours de l’été.

Creux de la vague

Qu’est-ce que cela signifie pour le reste de l’année? Si les indicateurs avancés poursuivent sur leur lancée, le creux de la vague pourrait être observé pendant le premier semestre. Ainsi, l’économie mondiale devrait continuer à croître, même si ce sera de façon plus modérée qu’en 2017 et en 2018. Bien que mature, le cycle économique n’est pas encore terminé. Mais dans cette phase, la volatilité augmente alors que les gains en productivité et sur le marché de l’emploi diminuent.

 

Indice des directeurs d'achat

L’évolution des indicateurs avancés de l’activité évoque un ralentissement de la croissance, mais pas de récession. La tendance doit être confirmée par des indicateurs comme les indices des directeurs d’achats. Tant que ces derniers restent au-dessus de 50, cela signifie une poursuite de l’expansion de l’activité.

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Surexposition modérée

Aux informations fournies par les taux ou les indicateurs avancés viennent s’ajouter celles des modèles d’évaluation du risque économique. La prime de risque de crédit a ainsi reculé à un niveau de risque moyen à faible. Cette situation rappelle que la bourse, c’est avant tout une question de taux et de momentum, de dynamique économique. Les actions gardent ainsi du potentiel, ce qui justifie une surexposition des portefeuilles aux actions, mais elle doit rester modérée.

Plusieurs raisons expliquent cette retenue. Les valorisations ne sont plus aussi avantageuses qu’elles ne l’étaient au début de l’année. Le rebond des indicateurs avancés part d’un niveau très bas. Ils doivent encore progresser avant de dessiner une vraie tendance.

 

Actions

La surpondération modérée des actions dans les portefeuilles s’explique par la politique plus souple de la Réserve fédérale, par le rebond des indicateurs avancés de l’activité et par des valorisations des actions encore raisonnables à 15x les bénéfices attendus. Des prises de bénéfices ne sont pas à exclure durant le deuxième trimestre, dans l’attente de la confirmation de l’embellie.

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Le risque chinois

Les risques, eux, résident principalement dans un dérapage de la situation économique en Chine ou une aggravation des tensions commerciales. Voire une rupture de l’équilibre entre croissance et inflation aux États-Unis. Mais le retour des tensions sur le front des prix n’est pas attendu avant 2020. Autre danger pour l’économie mondiale: une aggravation de la situation en Europe. Ce qui aurait encore davantage d’impact en Suisse, car le franc pourrait alors se renforcer.

Ainsi, même si des prises ponctuelles de bénéfices sont inévitables – qui plus est après un tel premier trimestre – l’année 2019 n’est pas terminée sur les marchés des actions. 

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