- Quelles sont les perspectives de croissance
«Un éclatement de la zone euro ne ferait que des perdants»
Pour les participants à la table ronde «Quelles sont les perspectives de croissance?» du Grand rendez-vous de l'économie de la BCV, le 2 juin 2010 à Lausanne, l'euro n'est pas menacé de disparaître. Mais la solution des tensions actuelles est un défi.
«L'Europe a les moyens de rebondir, mais le chemin sera difficile». Le directeur de la politique de placement de la BCV, Fernando Martins da Silva, voit deux défis important dans la résolution des tensions au sein de la zone euro et de sa devise.
Ces dernières sont provoquées par les problèmes l'endettement et les déséquilibres budgétaires de quelques membres de la zone euro, qui mettent à l'épreuve les mécanismes de solidarité entre ses 16 membres. Pour Fernando Martins da Silva, il faudra d'une part convaincre la population d'accepter les mesures d'austérité et les réformes nécessaires. D'autre part, la zone euro devra se doter d'une coordination économique qui lui fait défaut aujourd'hui.
«Le retour au Deutschemark n'est pas une solution»
Jean-Marc Jacot, CEO de la manufacture horlogère Parmigiani à Fleurier, a relevé que sa crainte est de voir un renforcement de l'esprit nationaliste pousser un pays comme l'Allemagne à revenir au Deutschemark. L'enjeu est de convaincre la population qu'il ne s'agit pas d'une véritable solution, mais que l'euro est nécessaire.
Dans son métier, par exemple, la monnaie européenne est un facteur important pour la stabilisation des prix, a expliqué Jean-Marc Jacot. «Les fluctuations des cours des devises sont toujours problématiques.»
De plus, s'il devait être réintroduit en Allemagne, le Deutschemark ne manquerait probablement pas de s'apprécier, freinant les exportations, a ajouté Fernando Martins da Silva. «Un éclatement de la zone euro ne ferait que des perdants», a d'ailleurs estimé le directeur de la politique de placement de la BCV.
«On sent une réelle volonté des Etats de la zone euro d'assurer la survie de l'euro», pense pour sa part Angla de Wolff, fondatrice de Conser Invest, un cabinet de conseil indépendant dans l'investissement responsable à Genève. Celle-ci n'en risque pas moins de ressortir affaiblie des turbulences actuelles.
«La crise est un épiphénomène»
Pour Angela de Wolff, la question va bien au-delà de sa dimension économique. «La crise actuelle n'est qu'un épiphénomène par rapport aux enjeux majeurs des prochaines décennies: l'approvisionnement en eau, en énergie ou en nourriture.»
L'Union européenne est un fer de lance dans l'application des principes du développement durable, selon Angela de Wolff. Elle cherche comment concilier l'essor économique sans prétériter les dimensions sociales et environnementales. Mais ses problèmes pourraient affaiblir sa réponse dans ce domaine, crainte l'experte.
- Quels sont les enjeux pour la place financière suisse à l'horizon 2020
«Il faut remettre le système fiscal à plat pour attirer des affaires en Suisse»
Pour les participants au débat «Quels sont les enjeux pour la place financière suisse à l'horizon 2020?» du Grand rendez-vous de l'économie de la BCV, le 2 juin 2010 à Lausanne, la gestion de fortune suisse n'est pas menacée dans son existence. Mais elle devra s'adapter
Le succès de la réponse de la Suisse aux attaques contre le secret bancaire se jugera notamment par l'envie des banques étrangères de continuer à venir faire des affaires en Suisse. «Je serai inquiet si des questions politiques devaient les pousser à renoncer à se développer dans le pays», a dit Carlo Lombardini, associé de l'Etude Poncet Turrettini Amaudruz Neyroud & Associés à Genève. Sur 327 banques recensées par l'Association suisse des banquiers (ASB), 154 sont des établissements étrangers.
Pour Michel Dérobert, secrétaire général de l'Association des banquiers privés suisses, «il faut remettre le système fiscal à plat pour attirer des affaires en Suisse». Se pose notamment, selon lui, la question de la suppression du droit de timbre et de l'impôt anticipé, qui sont des désavantages par rapport à d'autres places financières. «Sinon, nous perdrons des parts de marché.»
Si l'activité de gestion de fortune en Suisse ne paraît pas menacée dans son existence, un repli des fortunes gérées et des marges semble par contre se dessiner. En tous cas si rien n'est fait pour compenser la perte de compétitivité impliquée par la levée par la Suisse de sa réserve à l'article 26 du modèle de convention de double imposition de l'OCDE. Cette décision ouvre, pour les clients résidant dans d'autres pays, la possibilité de levée du secret bancaire pour des questions d'ordre fiscal, et plus uniquement pénal.
«Trahison»
Claude-Alain Margelisch, vice-président du comité exécutif de l'ASB, s'inquiète cependant plus de la question de la sécurité juridique: «la transmission le 19 février 2009 de données de clients aux Etats-Unis créé beaucoup plus d'incertitudes que la levée de cette réserve».
Carlo Lombardini qualifie - de manière volontairement provocatrice – de «trahison» l'accord signé dans la foulée par la Suisse et les Etats-Unis, portant sur la transmission de données de quelque 4500 clients supplémentaires d'UBS. «Ils avaient confié leur argent à la banque de bonne foi et se pensaient protégés.» Cette table ronde s'est tenue alors que le Parlement fédéral ne s'était pas encore prononcé sur cet accord.
«La Suisse a aussi obtenu des contreparties pour l'industrie»
La Suisse ne fait que céder sous la pression et n'obtient rien en retour, a ajouté Carlo Lombardini. Ce que conteste Claude-Alain Margelisch. Dans les nouvelles conventions de double imposition, «la Suisse a aussi obtenu des contreparties importantes pour l'industrie», précise-t-il.
A la question de savoir si le pays a eu raison de céder, Claude-Alain Margelisch a relevé que celui-ci aurait certainement subi des mesures de rétorsion s'il s'y était refusé, par exemple une surveillance spéciale de toutes les transactions avec ses banques. Et malgré cela, dans une Europe agitée par les inquiétudes sur l'euro, les avantages de la place suisse, sécurité et stabilité, reviennent au premier plan, a ajouté en substance Michel Dérobert.
Ce dernier s'inquiète cependant de la tendance des partis politiques à prendre leurs distances vis-à-vis de la place financière, ou du moins des grandes banques. Celle-ci est importante pour le pays: selon l'ASB, elle représente 6% des emplois et 12% à 15% des recettes fiscales.
- En quoi l'innovation mène-t-elle au succès ?
«La Suisse attire les talents scientifiques, mais doit attirer plus de talents entrepreneuriaux»
La grande force de la Suisse romande est la réunion sur un petit territoire de compétences multiples, ont souligné les participants à la table ronde «En quoi l'innovation mène-t-elle au succès?» du Grand rendez-vous de l'économie de la BCV, le 2 juin 2010 à Lausanne. Mais attention à ne pas s'endormir sur ses lauriers.
«La Suisse romande offre dans une petite région une concentration exceptionnelle de savoir-faire!» Nicola Thibaudeau, CEO et administratrice déléguée de MPS Micro Precision Systems, sis à Bienne, a souligné le potentiel d’innovation et de «fertilisation croisée» qu’apporte la présence sur un même territoire de compétences en microtechnique, sciences de la vie, techniques médicales, microélectronique ou informatique.
Le projet développement d’un système de procréation assistée «in vivo» de la société lausannoise Anecova - dans lequel l’embryon passe ses premières heures dans un dispositif placé à l’intérieur de la cavité utérine de la mère plutôt que dans un incubateur - en est un parfait exemple, a expliqué Martin Velasco, l’un des cofondateurs de l’entreprise.
«L’idée est partie d’un médecin de la région genevoise et a pu se concrétiser grâce à un partenariat avec l’EPFL et s’inspire de la tradition microtechnique liée à l’industrie horlogère.» Plusieurs enfants conçus selon cette approche sont déjà nés et d’autres sont attendus, a ajouté l’entrepreneur, qui a à son actif l’accompagnement de plusieurs jeunes pousses.
«L’innovation va au-delà de la performance technique»
Pierre Keller, directeur de l’ECAL/Ecole cantonale d’art de Lausanne, a ajouté que «l’innovation va au-delà de la performance technique». D’où l’idée de faire cohabiter ingénieurs et designers dans un institut créé avec l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), l’EPFL+ECAL Lab. Pierre Keller a illustré le potentiel de cette réunion en rappelant le succès du Bic Cristal: la technique, encre et bille, et le design, une forme de crayon transparent, ont permis à ce stylo bille de se vendre à plus de 100 milliards d’exemplaires, selon son fabricant.
Il reste que la région peut encore faire des progrès, a poursuivi Martin Velasco. «On manque d’entrepreneurs; la traduction d’une innovation en produit commercial reste le maillon faible.» La région attire déjà les talents scientifiques et la venue de «talents entrepreneuriaux» pourrait être encouragée par une réforme du cadre fiscale, rendant celui-ci «beaucoup plus attractif» pour ceux qui investissent plusieurs années de leur vie dans un projet risqué.
Sur la question du financement de jeunes pousses, il clair pour Martin Velasco que le risque doit être pris par des actionnaires et non des banques. Le métier de ces dernières, octroyer des crédits, est différent. «Je ne connais pas de projet de qualité émanant de personnes de qualité qui n’ait pas trouvé de soutien», a-t-il dit.
«La Suisse est prête pour le rebond»
L’entrepreneur a aussi constaté que la Suisse romande est dans une situation favorable. Mais encore faut-il agir pour en profiter. Dans un monde globalisé, l’innovation est une nécessité, une question de survie, a-t-il rappelé.
Aux premières loges chez MPS, qui produit des micro-mécanismes pour l’horlogerie, les techniques médicales et l’industrie, Nicola Thibaudeau a expliqué que la clé en matière d’innovation a pour nom «différenciation», proposer ce que les concurrents n’ont pas. Quant à la crise, elle a été plutôt stimulante et a encouragé de nouveaux projets. La réduction des horaires de travail a permis aux industriels suisses de conserver leurs savoir-faire, alors que les entreprises d’autres régions ont dû licencier. «La Suisse est prête pour le rebond!»
- Comment concilier durabilité et profitabilité ?
«Adam Smith n'aurait pas été étonné par les conséquences dévastatrices de la disparition de la confiance depuis la mi-2008»
Lors du Grand rendez-vous de l'économie de la BCV, le 2 juin 2010 à Lausanne, Amartya Sen, Prix Nobel d'économie, a rappelé que la confiance est essentielle à l'activité économique, et donc une condition à satisfaire pour concilier durabilité et profitabilité.
Il n'est pas fréquent qu'un adepte du développement durable se lance dans une lecture d'Adam Smith. Amartya Sen, Prix Nobel d'économie en 1998, a pourtant choisi la pensée de l'économiste écossais, considéré comme le père du libéralisme, comme fil rouge de son intervention.
«Adam Smith a souligné l'importance de la confiance mutuelle pour le succès de l'économie de marché», a relevé le professeur et auteur de plusieurs livres, dont le dernier a pour titre «L'Idée de justice». Et d'ajouter que les conséquences dévastatrices de la disparition de cette confiance depuis la mi-2008 «n'auraient pas étonné» l'économiste et philosophe.
La disparition de la confiance est à nouveau centrale dans les remous provoqués au sein de la zone euro par les craintes sur la solvabilité de la Grèce. «Quand des doutes surgissent sur la solvabilité de l'économie et des finances d'un pays, la perte de confiance se nourrit d'elle-même.»
«Je n'ai jamais cru dans la pédagogie de la douleur»
En d'autres mots, la Grèce s'est trouvée prise dans un cercle vicieux. Il a été plus difficile pour elle d'emprunter sur les marchés internationaux, ce qui a augmenté la pression et l'a rendue encore plus vulnérables. Pour faire revenir la confiance, la chancelière allemande Angela Merkel a fini par accepter d'agir et d'impliquer son pays dans un plan de sauvetage.
Cependant, Amartya Sen.est convaincu que le prix à payer a été beaucoup plus élevé qu'il ne l'aurait été si une action avait été entreprise à temps. En outre, ce plan s'accompagne de mesures d'austérité en Grèce, qui risquent de provoquer une instabilité politique et un marasme économique qui aggravera la situation.
Naturellement, un plan d'austérité est nécessaire, a admis le Prix Nobel, mais l'imposer durant une crise économique est mal choisi. La réduction des déficits est beaucoup plus facile en période de croissance.
Et Amartya Sen explique qu'il jamais cru dans la «pédagogie de la douleur». Ce ne sont pas des leçons de morale– telle que l'idée selon laquelle Grèce devrait passer par une phase douloureuse pour comprendre ses erreurs passées et se réformer – qui sont nécessaires, mais un soutien.
Une confiance aveugle dans l'idée de «main invisible»
En réponse aux références faites à Adam Smith pour déréglementer l'industrie financière aux Etats-Unis, mouvement qui a finalement conduit selon Amartya Sen l'économie mondiale dans la zone de turbulences dont la crise grecque est le dernier épisode, l'économiste rappelle que son illustre prédécesseur avait aussi mis en garde contre les problèmes sérieux que pouvaient créer pour l'économie dans son ensemble des prises de risques irresponsables.
«L'analyse d'Adam Smith est parfaitement pertinente aujourd'hui pour comprendre ce qui est arrivé aux marchés financiers.» Une confiance aveugle dans l'idée de «main invisible» du marché, qui fait coïncider les intérêts individuels et la prospérité de tous, a fait oublier les conséquences des prises de risques irresponsables, «d'une manière qui aurait choqué ce pionnier de la logique de l'économie de marché», selon Amartya Sen.
«Anciens et nouveaux pollueurs»
L'économiste observe également le besoin de confiance pour trouver une réponse aux défis environnementaux et au réchauffement climatique. Anciens et nouveaux pollueurs - schématiquement, l'Europe et les Etats-Unis, d'un côté, et, de l'autre, la Chine, l'Inde et le Brésil - doivent s'entendre sur la répartition du fardeau. Mais ils doivent aussi tenir compte des besoins de régions qui ne sont pas encore entrée dans la globalisation, comme de grandes parties de l'Afrique.
| 09h00-10h30 |
« Quelles sont les perspectives de croissance ? »
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| Jean-François B.: |
Comment les pays européens et les USA feront pour rembourser leurs montagnes de dettes publiques ?
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| Valeria M.: |
Dans quelle mesure peut-on parler de mondialisation de l'économie? Comment peut-on trouver une liaison entre l'économie des pays et l'économie-monde pour la croissance générale ?
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| Raymond C.: |
Il semble que rien ne s'arrange, allons-nous continuer de crises en crises; comment globalement stabiliser le système ?
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| Victor G.: |
La théorie des marchés efficients et la Modern Portfolio Theory semblent avoir été chahutés par la récente crise qui n'a pas épargné même des portefeuilles bien diversifiés et qui a pris de court de nombreux Hedge Funds. Ces concepts sont-ils remis en question et si oui quelles pistes se dessinent pour les remplacer ?
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| Jean-Louis J. |
Les pays émergents détiennent les 2/3 des réserves monétaires de la planète. Leurs taux de croissance est le double ou le triple de l'Europe ou des États-Unis. Quels sont les perspectives de croissance pour les USA et l'Europe dans les 3 prochaines années ? Quels sont les secteurs dans lesquels nous pouvons orienter notre clientèle avec une perspective de croissance à trois ans ?
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| 11h00-12h30 |
« Quels enjeux pour la place financière suisse
à l'horizon 2020 ? »
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| Olivier V.: |
Deux modèles d'organisation des activités bancaires s'affrontent : le modèle intégré et le modèle "fractionné". Lequel tirera son épingle du jeu dans les dix prochaines années ?
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| Philippe R.: |
Dans le contexte de la pression fiscale internationale, quelles sont les perspectives concrètes que vous entrevoyez pour la place financière suisse ? L'échange d'informations sera-t-il automatique dans deux lustres ? Combien de places de travail la place financière perdrait-elle si une telle perspective se réalise ?
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| Ghislaine G.: |
Comment la Suisse entend elle encourager, voire faciliter l'implantation des entreprises européenne sur son territoire sans perdre son identité profondément originale ?
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| Michel G.: |
Et si nous rééditions l'erreur de 2007/2008 de ne pas envisager un scénario négatif et de ne pas nous y préparer, quelles seraient les conséquences factuelles en terme de données quantifiables pour la Suisse et le reste du monde ?
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| 14h30-16h00 |
« En quoi l'innovation mène-t-elle au succès ? »
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| Giorgio R.: |
Dans la culture européenne, innovation = succès. L'exemple de la Chine où "innovation des autres" produite à bas prix = succès, n'a-t-il pas pour effet de décourager certains nouveaux entrepreneurs ?
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| Yan Z. W.: |
La stratégie d'innovation augmente certes la compétitivité, mais elle se répercute aussi sur le marché de l'emploi et le besoin des consommateurs. Quelles sont les mesures efficaces pour promouvoir l'innovation incrémentale afin d'éviter l'impact négatif de l'innovation dite « de rupture » ?
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| Georges R.: |
Dans une entreprise, qui doit être idéalement le champion de l'innovation ? Est-ce que ce champion doit être un scientifique/ingénieur ou est-ce que sa formation importe peu ?
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| 16h30-18h00 |
« Comment concilier durabilité et profitabilité ? »
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| Axel C.: |
En toutes choses, l'espace-temps s'est accéléré. Les scènes au cinéma ne durent plus que quelques secondes, l'information parcoure le monde en un click sur un clavier... et les résultats des entreprises sont scrutés au trimestre, voire au mois. Comment alors concilier la durabilité, dont l'espace-temps est long par nature et la profitabilité, appréciée sur le court terme. Comment marier deux espace-temps ?
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| Flavien F.: |
Comment permettre à l'humanité de se prendre en charge, de développer de nouvelles capacités (dans le domaine scientifique notamment - médicale en particulier) tout en évitant de créer par la même quantité d'objets inutiles, superflus? Comment distinguer le nécessaire du superflu? Quel mécanisme de contrôle faut-il mettre en place? Permis à polluer individuel, quota de CO2/individu/année ?
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| Loretana I.: |
Comment se rapporte la thématique de la décroissance par rapport à ces deux objectifs (durabilité et profitabilité) ?
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| Huub V.: |
Le concept de croissance telle que défini par Smith, est-il compatible avec un développement durable ? Autrement dit, est-ce que vous pensez que notre société peut fonctionner uniquement sur la base de ressources renouvelables ?
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| Suzanne R.: |
En ce qui concerne les pays émergents, est-ce que leur priorité n'est pas forcement la croissance plutôt que le développement durable ?
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| Yves M.: |
Dans un monde occidental où la durabilité est une valeur de moins en moins présente, qu'elle soit dans les relations humaines (couple, famille, emploi) ou dans l'économie (on ne répare plus on rachète, gain rapide, vision à court terme), on constate un retour social vers un désir de stabilité, de calme, on recherche un sens à se qu'on fait, on essaie de faire le tri autant spirituel que de consommation parmi le choix énorme de possibilités qui sont disponibles. Après la crise bancaire et économique que nous venons de vivre et que nous vivons encore, y-a-t'il un mouvement et une place pour la "slow economy" ou le "slow banking" ?
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| Michel B.: |
Dans quelle mesure durabilité et profitabilité sont-ils compatibles à une échelle autre que régionale ? quelle est l'incidence de la crise financière à moyen terme sur cette dualité ? Une remise en cause de la "suprématie" de la profitabilité sur la durabilité est-elle possible ?
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| Gérard B.: |
L'économie est fortement influencée par Wallstreet et la recherche du gain à court terme. L'activité industrielle, l'innovation et la durabilité par contre demandent de la patience et de la persévérance. Comment peut-on changer l'esprit des décideurs prépondérants ?
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| Nicoleta A.: |
Est-ce que le "conflit" entre durabilité et profitabilité est un conflit économique, financier ou c'est juste une affaire d'avarice et d'aveuglement, et donc de mauvaise foi de la part de certains acteurs économiques face aux problèmes de la société ?
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| Claudine S. D.: |
Est-ce que les mêmes acteurs peuvent avoir des comportements durables et de profit ? En quoi les aptitudes des personnes adoptant des comportements durables se distinguent de celles dont l'objectif est le profit ?
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| Valérie I.: |
L'eau est la composante indispensable à toute activité, pensez-vous que sa valorisation à travers une bourse éthique pour une meilleure gestion et répartition soit possible?
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