En tant qu'investisseur, vous désirez obtenir des réponses à vos interrogations sur l'économie et la finance ?
Le Rendez-vous de la finance est un cycle de quatre rencontres créées pour vous et par vous. Il réunit des experts de renom qui répondent aux questions que vous leur aurez préalablement adressées au plus tard 15 jours avant l'événement (également possible par courrier à BCV, 20-978, CP 300, 1001 Lausanne).
Ils sont interviewés ensuite pour vous lors de tables-rondes menées dans le canton de Vaud selon l'agenda suivant :
- jeudi 26 mai à Lausanne dès 16h
- jeudi 25 août à Montreux dès 18h
- mercredi 21 septembre à Yverdon dès 18h
- mercredi 9 novembre à Prangins dès 18h
Compte rendu du 25 août 2011
Alors que les marchés boursiers ne se sont pas remis de leur plongeon brutal de fin juillet début août, illustré par exemple par une baisse de 23% pour le SMI du 5 juillet au 10 août, les experts réunis à l’occasion du Rendez-vous de la finance, le 25 août 2011 à Montreux, sont restés plutôt prudents. « Revenir sur les actions ? J’attendrai encore un peu », a dit Jean-Pierre Béguelin, économiste-consultant et auparavant économiste chez Pictet & Cie, lors de la deuxième édition en 2011 de cette rencontre organisée par la BCV et le quotidien « Le Temps ».
« Les marchés actions commencent à intégrer que la croissance sera plus lente ces prochaines années que durant les deux décennies qui ont précédé la crise », a observé pour sa part Fernando Martins Da Silva, responsable de la politique de placement de la BCV. « A très court terme, il y a un véritable manque de visibilité, aussi bien au plan politique qu’économique », a résumé François Savary, directeur des investissements chez Reyl & Cie. Les trois spécialistes répondaient aux questions du public et de l’animateur du débat, le responsable de la rubrique économique du Temps Frédéric Lelièvre.
Des taux d’intérêt qui resteront bas
A court terme, « la meilleure solution de repli reste le cash », selon François Savary. Ce dernier continue d’être réservé avec les obligations d’Etats, même si celles-ci se sont appréciées depuis le début de l’année. La période de taux d’intérêts bas que les pays occidentaux traversent actuellement devrait se prolonger, tandis que de nombreux Etats sont confrontés à une dette trop lourde. Dans les actions, le stratège de Reyl & Cie tendrait à remplacer les titres suisses qui seront les plus sensibles au ralentissement de l’économie par des sociétés des marchés émergents.
Un avis que partage globalement Fernando Martins Da Silva, qui précise aussi que les dividendes de certaines sociétés se comparent favorablement à celle des obligations. Il observe en outre que la baisse des prix des actions, qui a débuté au tournant des années 2000, correspond à une baisse des valorisations, pour les faire correspondre à des perspectives économiques plus mitigées. Ce mouvement est maintenant passablement avancé, estime le responsable de la politique de placement de la BCV. « La base de départ sera plus seine. »
« De plus en plus peur »
Il reste que les prochaines années pourraient rester mouvementées. La zone euro peine à résoudre le problème que pose l’endettement trop lourd de certains de ses membres. Cette situation fait « de plus en plus peur » à Jean-Pierre Béguelin, qui pense qu’une solution sera trouvée. Mais un scénario catastrophe, avec éclatement désordonné de l’euro n’est pas impossible.
Du côté des Etats-Unis, dont la dette a maintenant atteint la barre des 100% du PIB, la marge de manœuvre pour sortir de l’ornière est plus importante. Certes, il ne sera pas possible d’utiliser plus les dépenses publiques pour soutenir l’économie, tandis que les stimulations par la politique monétaires ont montré leurs limites. Mais le taux d’intérêt américains sont si bas que le service de la dette n’est pas très lourd, rappelle l’économiste-consultant. En outre, le pays semble pouvoir éviter une nouvelle récession.
Jean-Pascal Baechler, Média et information BCV