Actualité BCV - 2008

LE TEMPS - BCV : partenariat gagnant

Kappeler - Da Silva: 4 rendez-vous à guichet fermé !



En pleine crise boursière, deux experts de l'économie suisse et mondiale ont répondu aux interrogations de plus de 600 personnes qui ont participé aux Rendez-vous de l'économie de septembre dernier. Les lecteurs du TEMPS et les clients de la BCV ont pu s'informer de manière complète et très pointue sur leurs préoccupations du moment en matière d'économie.

Dans le cadre de ces événements, le journaliste économique du TEMPS, Jean-Claude Péclet qui a orchestré avec brio les débats entre Beat Kappeler, Fernando Martins Da Silva et le public, a également publié dans son journal deux articles reproduits
ci-dessous :

LE TEMPS

«L'essentiel des mauvaises nouvelles est désormais connu»

Investissements Quatre salles combles ont écouté le message prudemment optimiste de Beat Kappeler et du stratège de la Banque Cantonale Vaudoise Fernando Martins da Silva.

Jean-Claude Péclet - 03.10.2008

La croissance mondiale - et suisse - ralentira fortement en 2009, mais «ce ne sera pas la misère noire», conclut avec le sourire l'économiste Beat Kappeler. «Le risque reste élevé, mais l'essentiel des mauvaises nouvelles est connu, et de nouveaux bas majeurs sont peu probables», ajoute le stratège de la BCV Fernando Martins da Silva. Tel est le message qui ressort des quatre rendez-vous organisés par la Banque Cantonale Vaudoise, en partenariat avec Le Temps, pour anticiper l'évolution de la conjoncture dans cette période mouvementée. Ils avaient été précédés d'un appel aux questions du public, une formule qui a séduit à en juger par le nombre de questions reçues (plus de cent) et les quatre salles combles.

Beat Kappeler rappelle en préambule que nous ne vivons pas une seule crise, mais trois: celle de l'immobilier anglo-saxon et espagnol, celle du secteur financier américain et européen, et le renchérissement soudain des matières premières. La première ne se résorbera que lentement, freinant la consommation des ménages, mais facilitant aussi l'accession de la propriété à de jeunes ménages. La crise financière fera encore souffrir quelques banques, mais les injections de liquidité et les taux d'intérêt réels bas aux Etats-Unis et en Asie devraient éviter le pire. Quant aux matières premières, leurs prix se stabiliseront à un niveau élevé. Il en résulte un transfert de richesses vers les pays émergents, qui échappent pour l'essentiel à la crise actuelle.

Les consommateurs américains (23% de la consommation mondiale) devront réduire leur appétit. Même constat pour Fernando Martins da Silva, qui rappelle que le crédit privé aux Etats-Unis est passé en sept ans de 1,8 fois à 2,2 fois le produit intérieur brut, soit un endettement supplémentaire de 5000 milliards de dollars! Inverser le mouvement ne se fera pas sans douleur, raison pour laquelle il pense qu'il faut encore s'attendre, rien qu'aux Etats-Unis, à quelque 200 milliards de dollars d'amortissements bancaires pour absorber les défauts de paiement des ménages.

Si nous ne sommes pas loin du fond de la vallée, poursuit-il, celle-ci pourrait être plus large que d'habitude, et la reprise sera «laborieuse». La surprise des derniers mois a été le ralentissement européen, plus rapide que prévu, l'indice de confiance étant actuellement en dessous de son niveau de 2002, relève Fernando Martins da Silva. «Le découplage de l'Europe s'est produit... mais en sens inverse, ajoute Beat Kappeler. Les banques européennes ont été frappées presque plus que les américaines, et les marchés de travail nationaux ne sont pas assez réformés pour amortir le ralentissement.»

La Suisse a mieux résisté, car elle est un «cycliste attardé», selon les mots de Kappeler, c'est-à-dire qu'elle est frappée plus tard dans le cycle économique: les industries d'exportation qui fournissent des biens d'investissement, et le secteur pharma ou l'horlogerie ne réagissent pas tout de suite. Si la crise devait s'éterniser, la Suisse en subirait «un choc sensible, qui tarderait aussi à se résorber». Au moins un danger a-t-il disparu du rétroviseur de ce cycliste attardé, à savoir une éventuelle réévaluation du franc suisse. La prospérité inaccoutumée que nous avons vécue est autant due à un cours du franc stable et assez bas qu'à nos efforts.

Les deux économistes s'accordent sur un point positif: l'inflation ne devrait pas déraper, contrairement à ce qu'on pouvait craindre au printemps. Pour Fernando Martins da Silva, ces conditions imposent un pilotage fin des portefeuilles: il faut se tenir prêt à participer à la plus-value des marchés financiers, tout en limitant les pertes dans un cadre qui restera volatil.

LE TEMPS

Démarche originale de la BCV pour sonder les soucis des clients

Investissement Au lieu de présenter comme d’habitude sa vision des marchés, la banque encourage ses clients à poser leurs questions. La démarche rencontre un large écho

Jean-Claude Péclet - 12.09.2008

Quelles questions se posent les investisseurs après un an de crise du crédit? Les gérants de fortune le savent par leurs contacts quotidiens avec la clientèle, mais cette précieuse information dépasse rarement le cadre des discussions bilatérales ou des rapports internes. Quand les banques dissèquent les marchés devant leur public, elles le font généralement avec un ou plusieurs stratèges qui saturent l’auditoire de présentations Power Point. Puis quelques doigts se lèvent timidement pendant les dix minutes réglementaires de discussion, et c’est déjà l’heure de l’apéritif.
Or les investisseurs ont beaucoup de questions à discuter collectivement, comme le prouve une démarche originale de la Banque Cantonale Vaudoise à laquelle Le Temps s’est associé.

Beat Kappeler - Keystone

«Un cycle normal?»
En lieu et place d’une présentation traditionnelle, la BCV a sollicité par voie d’annonces les questions de ses clients: il en est arrivé une bonne centaine, par Internet ou téléphone. Elles seront débattues avec l’économiste Beat Kappeler et le stratège de la banque Fernando Martins Da Silva au cours de quatre soirées.
L’incertitude que traversent les marchés depuis plus d’un an maintenant a sans doute renforcé cet intérêt. Une partie des interrogations tourne autour du caractère exceptionnel ou non de la crise actuelle. Exemples: «Faut-il s’attendre à une récession globale?» «La finance est-elle en train de couler nos économies?» «Sommes-nous dans un cycle normal, ou y a-t-il des éléments qui font qu’on ne peut pas parler d’une crise normale, et par conséquent il faudra des éléments nouveaux pour en sortir? Si oui, lesquels?»

Pétrole et inflation
Certains investisseurs s’interrogent déjà sur la crise suivante. «L’endettement des Etats n’en sera-t-il pas la cause?» «Et si l’on inclut les obligations résultant des rentes vieillesses, où la prochaine bulle va-t-elle éclater?»
L’addition du risque inflationniste à ceux du système financier en turlupine plus d’un. «Le danger inflationniste est-il écarté à court terme?» Les conséquences de la forte hausse du prix du baril suscitent un flot de questions: «Quel est le lien entre le prix de l’énergie et la croissance boursière?» «1500 milliards de dollars seront transférés en 2008 des acheteurs de pétrole aux vendeurs. Ils seront partiellement réinvestis dans nos économies occidentales. Quelle sera la rentabilité de ces placements? N’y aura-t-il pas une hyperinflation qui fera perdre une grande partie de la valeur de ces 1500 milliards? Et quelles conséquences sur le maintien de la paix mondiale?»

Intérêt marqué pour l’investissement durable
Au-delà du pétrole, la thématique des matières premières, apparue en force depuis un an, tiraille les investisseurs: «Spéculation cynique ou encouragement au développement?» «Comment contrôler cette spéculation? Peut-on le faire dans une économie de marché ouverte?»
Dans un domaine voisin, la curiosité à propos de l’investissement durable ou éthique est grande, les questions reflétant un manque d’information et de critères fiables dans ce domaine. «Comment trier le bon grain de l’ivraie?» «La BCV est-elle prête à investir dans des domaines qui, pour l’instant, apportent moins de rendement que d’autres?»
Plus immédiatement, les préoccupations tournent beaucoup autour de l’avenir du dollar. «Comment va-t-il évoluer? Son influence dans le monde va-t-elle diminuer?» Corollaire de cette question, «quel avenir pour l’or?» «Peut-on envisager le retour de l’or comme étalon?»
La débâcle d’UBS a laissé des traces. «Peut-elle finir comme Swissair?» «Les récents déboires des deux colosses bancaires helvétiques menacent-ils l’équilibre financier de la Suisse?» La BCV elle-même n’est pas épargnée: «Pourquoi la chute du cours de l’action?»
Enfin, plusieurs questions cernent les attentes de l’investisseur moyen, prudent: «Quels fonds choisir pour obtenir un rendement annuel moyen de 5 – 6%?» «Quel avenir pour l’immobilier romand?» Et celle-ci: «Capital de 500 000 francs, cherche intérêts 4% net, sans risque du capital de base.»
Réponses à Lausanne le 15 septembre, Yverdon le 17, Morges le 24 et Montreux le 30.

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