La transmission d’entreprise correspond à la fin d’une période marquée par la personnalité de l’entrepreneur, par son style de gestion, par sa créativité, par ses compétences et par son travail souvent acharné. Le défi lié à la transmission est d’assurer un lendemain à cette entreprise. L’enjeu est clair: c’est l’existence même de l’entreprise. On saisit bien l’importance de cet enjeu par ces deux questions: Parmi toutes les entreprises qui existaient il y a un siècle, combien sont encore là aujourd’hui? Et parmi celles qui existent aujourd’hui, combien existeront encore dans 30 ou 50 ans?
La plupart des entrepreneurs sont désemparés face à la problématique complexe et multidisciplinaire de la transmission. Elle touche à la sélection du repreneur, au droit matrimonial et successoral, au financement, à la fiscalité, à l’évaluation d’entreprise, à la négociation, à la communication et au transfert des compétences et des connaissances.
Le défi est de transmettre l’entreprise dans les meilleures conditions de manière à en assurer la pérennité.
Relever ce défi avec succès nécessite du temps, une forte implication de l’entrepreneur et, souvent, un accompagnement par un tiers. La réussite d’une transmission suppose souvent :
La transmission peut correspondre au début d’une nouvelle période très prometteuse pour l’entreprise. Par son enthousiasme et ses idées nouvelles, le repreneur peut contribuer à la pérennité de l’entreprise. Voici quelques exemples de cette contribution :
Ces exemples non-exhaustifs permettent de bien saisir l’importance de la sélection du repreneur et de la transmission des compétences du chef d’entreprise. Loin de constituer une fin, la transmission peut être un renouveau et une grande réussite pour chaque partie prenante. En particulier, elle peut être une grande fierté pour celui qui a transmis. Celle de voir son œuvre perdurer.
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De Eric Charrière, ancien propriétaire de Eric Charrière S.A., Crassier
En 2006, après 30 ans d’activité, j’ai décidé de transmettre mon entreprise active dans la serrurerie et la construction métallique à Crassier (5 collaborateurs). Mon objectif était avant tout de transmettre à un jeune motivé, très compétent et qui assure la pérennité de l’entreprise. J’ai naturellement contacté deux de mes anciens collaborateurs. J’appréciais leurs compétences et leurs valeurs. Après plusieurs mois de négociations, nous avons conclu la vente. La difficulté liée à cette transmission a été de s’entendre sur un prix et sur les modalités de financement. J’ai particulièrement apprécié de pouvoir compter sur mon conseiller, notamment pour les questions juridiques, d’évaluation de l’entreprise et de fiscalité. Aujourd’hui, je suis très heureux de constater que l’entreprise que j’avais créée existe encore. Mieux, elle s’est nettement développée. Les deux nouveaux associés ont su lui donner un nouvel élan.
Vincent Dousse
Licencié en sciences économiques de l’école des HEC de l'Université de Lausanne, Vincent Dousse enseigne la comptabilité financière, la finance d’entreprise ainsi que les questions de transmission d’entreprises à la Haute école d'ingénierie et de Gestion du canton de Vaud (HEIG-VD). Il dirige l’Institut Gestion & Entrepreneuriat (IGE) de la HEIG-VD. Vincent Dousse est membre de la Commission des Swiss GAAP RPC. Il a publié plusieurs ouvrages sur la comptabilité financière dans les entreprises et les groupes.
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