Transmission de PME: Défis et opportunités

La transmission d’entreprise correspond à la fin d’une période marquée par la personnalité de l’entrepreneur, par son style de gestion, par sa créativité, par ses compétences et par son travail souvent acharné. Le défi lié à la transmission est d’assurer un lendemain à cette entreprise. L’enjeu est clair: c’est l’existence même de l’entreprise. On saisit bien l’importance de cet enjeu par ces deux questions: Parmi toutes les entreprises qui existaient il y a un siècle, combien sont encore là aujourd’hui? Et parmi celles qui existent aujourd’hui, combien existeront encore dans 30 ou 50 ans?

La plupart des entrepreneurs sont désemparés face à la problématique complexe et multidisciplinaire de la transmission. Elle touche à la sélection du repreneur, au droit matrimonial et successoral, au financement, à la fiscalité, à l’évaluation d’entreprise, à la négociation, à la communication et au transfert des compétences et des connaissances.

Défis

Le défi est de transmettre l’entreprise dans les meilleures conditions de manière à en assurer la pérennité.

Relever ce défi avec succès nécessite du temps, une forte implication de l’entrepreneur et, souvent, un accompagnement par un tiers. La réussite d’une transmission suppose souvent :

  • que l’entreprise transmise se trouve dans un «état de transmission» qui la facilite,
  • que le repreneur présente le profil idéal qui assurera la pérennité de l’entreprise,
  • que le repreneur dispose du financement nécessaire,
  • que la communication liée à la transmission soit de qualité,
  • que l’entrepreneur participe pleinement au processus,
  • que l’entrepreneur comprenne et accepte son nouveau rôle dans l’entreprise après la transmission.

Conseils

  • Lancer le processus de transmission suffisamment tôt (trois à cinq ans suivant les cas).
  • Poser les objectifs précis de la transmission (par exemple, liés à la date de la transmission, au prix souhaité et au profil du repreneur).
  • Mettre l’entreprise en état de transmission, par exemple en cédant les actifs non nécessaires à l’activité et en transmettant ses compétences à certains collaborateurs.
  • Préparer un dossier de transmission de qualité.
  • Communiquer clairement et aux moments opportuns.
  • S’entourer de conseillers compétents et spécialisés, surtout en matière d’évaluation d’entreprise et de fiscalité.
  • Réfléchir aux activités de l’entrepreneur après la transmission et les préparer.

Opportunités

La transmission peut correspondre au début d’une nouvelle période très prometteuse pour l’entreprise. Par son enthousiasme et ses idées nouvelles, le repreneur peut contribuer à la pérennité de l’entreprise. Voici quelques exemples de cette contribution :

  • l’apport d’une nouvelle clientèle,
  • le développement de nouveaux produits ou services,
  • le développement de nouveaux marchés,
  • le développement des nouvelles technologies dans l’entreprise (par exemple des ventes par internet),
  • un nouveau style de gestion (par exemple plus participatif qui stimule le personnel).

Conclusion

Ces exemples non-exhaustifs permettent de bien saisir l’importance de la sélection du repreneur et de la transmission des compétences du chef d’entreprise. Loin de constituer une fin, la transmission peut être un renouveau et une grande réussite pour chaque partie prenante. En particulier, elle peut être une grande fierté pour celui qui a transmis. Celle de voir son œuvre perdurer.

Liens utiles

Témoignage

De Eric Charrière, ancien propriétaire de Eric Charrière S.A., Crassier

En 2006, après 30 ans d’activité, j’ai décidé de transmettre mon entreprise active dans la serrurerie et la construction métallique à Crassier (5 collaborateurs). Mon objectif était avant tout de transmettre à un jeune motivé, très compétent et qui assure la pérennité de l’entreprise. J’ai naturellement contacté deux de mes anciens collaborateurs. J’appréciais leurs compétences et leurs valeurs. Après plusieurs mois de négociations, nous avons conclu la vente. La difficulté liée à cette transmission a été de s’entendre sur un prix et sur les modalités de financement. J’ai particulièrement apprécié de pouvoir compter sur mon conseiller, notamment pour les questions juridiques, d’évaluation de l’entreprise et de fiscalité. Aujourd’hui, je suis très heureux de constater que l’entreprise que j’avais créée existe encore. Mieux, elle s’est nettement développée. Les deux nouveaux associés ont su lui donner un nouvel élan.

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Auteur de l'article

Vincent Dousse
Licencié en sciences économiques de l’école des HEC de l'Université de Lausanne, Vincent Dousse enseigne la comptabilité financière, la finance d’entreprise ainsi que les questions de transmission d’entreprises à la Haute école d'ingénierie et de Gestion du canton de Vaud (HEIG-VD). Il dirige l’Institut Gestion & Entrepreneuriat (IGE) de la HEIG-VD. Vincent Dousse est membre de la Commission des Swiss GAAP RPC. Il a publié plusieurs ouvrages sur la comptabilité financière dans les entreprises et les groupes.

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