En termes de contexte, une étude menée en 2005 par l’Université de Saint-Gall pour le compte d’Ernst & Young relève que la réussite des entreprises familiales dépend de :
Les principaux obstacles sont :
D’autres facteurs doivent également être considérés :
L’étude conclut sur le fait que l’essentiel réside dans l’adaptation dynamique de l’influence familiale au cours du cycle de vie de l’entreprise.
Les familles d’entrepreneurs, lorsqu’elles sont à la tête de petites structures notamment, connaissent des difficultés supérieures à celles des managers en entreprises non-familiales. La question de la loyauté, de la pérennisation du nom et de la double dépendance – dépendance à la fortune familiale et dépendance émotionnelle aux membres de la famille – rend la trajectoire des futurs repreneurs particulièrement difficile. Ceux-ci doivent en effet réussir leur formation tout en se réalisant professionnellement et personnellement.
En tant que département d’économie à la Haute Ecole d’Ingénierie et de Gestion du Canton de Vaud, nous sommes aux premières loges pour observer les réussites, questions et problématiques de ces futurs repreneurs inscrits dans une formation d’orientation appliquée. La nature des difficultés auxquelles ils sont confrontés est particulièrement explicite lors de la réalisation de leur travail de diplôme, en fin de cursus:
La protection des membres de la famille et notamment des futurs repreneurs passe donc par une recommandation également applicable pour assurer la pérennité de l’entreprise elle-même : selon Urs Fueglistaller, directeur académique de Center for Family Business, «les familles d'entrepreneurs ont tout intérêt à connaître les risques de leur indépendance et de l’objectif de rendement qu’ils se sont fixé. Dans ce but, elles doivent analyser régulièrement et ensemble où elles se situent dans le cycle de vie de leur entreprise et adapter leur influence en conséquence.
En effet, toujours selon l’étude menée pour le compte d’Ernst & Young, il est judicieux d’accroître ou de diminuer l’influence de la famille selon que l’entreprise se trouve à un moment où elle a besoin de croissance et de performance bénéficiaire ou de préservation de l’indépendance, de sorte à maintenir la stabilité à long terme. Si le moment du diplôme de l’un des repreneurs intervient dans une période nécessitant un investissement fort dans la croissance et la performance bénéficiaire assorti à une influence plus réduite de la famille dans l’entreprise, il est fort à parier que cela aura des répercussions soit sur la pérennité de l’entreprise, soit sur la trajectoire professionnelle du repreneur. L’anticipation autorisée par l’étude du cycle de vie est probablement salutaire pour limiter les sacrifices.
par Silna Reymond, professeur à la HEIG-VD
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