Les entreprises familiales constituent un des piliers de l’économie suisse. Environ 80% des entreprises sont détenues ou dirigées par des individus ou une famille et la grande majorité des salariés suisses travaillent pour des entreprises familiales.
Si les principes de gouvernance sont de plus en plus intégrés dans les entreprises cotées, notamment grâce à l’introduction en 2002 de la Directive en matière de transparence de la bourse suisse et des recommandations du Code de bonne pratique d’Economiesuisse, il existe toujours une méconnaissance de ces principes de bonne gouvernance et de leurs utilités par les dirigeants de plus petites sociétés.
La gouvernance d’entreprise (GE) a pour but de favoriser la croissance à long terme des entreprises en identifiant et maîtrisant les conflits d’intérêt potentiels entre les propriétaires et les parties prenantes d’une entreprise.
Les principes de GE reposent sur un ensemble de recommandations concernant la composition du conseil d’administration (indépendance des membres par ex.), la politique de rémunération (définition des bonus, rémunération à long terme, etc.), l’augmentation de la transparence (site internet, rapport annuel, etc.), le respect des droits des actionnaires, etc.
Les règles et standards applicables aux grandes sociétés cotées ne doivent pas être appliqués en l’état à des entreprises moyennes ou petites, dont l’actionnariat est unipersonnel ou familial. Ces entreprises ont besoin de pratiques de gouvernance adaptées à leur taille, à leur culture, à la structure de leur actionnariat.
La gouvernance ne doit pas être pour elles un ensemble de règles obligatoires, de procédures et de sanctions, mais une boîte à outils mise à leur disposition pour améliorer la prise de décision et les relations entre actionnaires, managers et partenaires de l’entreprise.
Pour en savoir plus sur les principes de bonne gouvernance :
Pour en savoir plus sur la gouvernance dans les PME :
Comme pour toute entreprise, la gouvernance dans les entreprises familiales doit permettre :
mais également :
La définition de règles claires quant à l’implication de la famille dans l’entreprise peut éviter des luttes de pouvoir entre membres de la famille, mais également contre des personnes extérieures.
Pour y parvenir, différents outils peuvent favoriser la définition et l’intégration des attentes de l’ensemble de la famille au sein de l’entreprise, tels que :
L’expérience montre qu’une bonne gouvernance peut favoriser le développement des entreprises et leur transmission. Il est donc important de communiquer sur le sujet et de faire évoluer la situation.
Pour en savoir plus sur la gouvernance dans les entreprises familiales :
Guide de gouvernance pour les entreprises familiales (Demander gratuitement la version française du guide auprès de la HEIG-VD)
Gouvernance, conseil d’administration et transmission, par
En suisse, nous prévoyons que durant les cinq prochaines années, 80'000 entreprises devront organiser leur succession, phase durant laquelle le conseil d'administration devra jouer un rôle clé.
Prenons le cas d’une société anonyme ayant un conseil d’administration composé du dirigeant et de personnes qui lui sont proches, telles que ses amis ou encore sa famille.
Dans cette situation, le conseil d’administration laissera les pleins pouvoirs au dirigeant de l'entreprise. Cette composition peut être bénéfique lors de la création de l’entreprise, en garantissant un processus rapide de décision et une grande dynamique dans une phase de croissance. Cependant, avec le temps, cette situation peut également menacer l’œuvre du dirigeant. Une entreprise a besoin de nouvelles impulsions, pouvant venir d'un conseil d'administration intégrant des membres indépendants ou ayant des compétences spécifiques, par exemple en matière de stratégie internationale.
De par son rôle au sein de la société, le conseil d’administration est un élément central de la gouvernance d’entreprise. En effet, en plus de définir la stratégie de l’entreprise, une autre de ses fonctions principales est de nommer ou de révoquer la direction générale.
Ainsi, en matière de succession dans une entreprise, qui d’autre que lui pourrait soutenir le dirigeant lors de la planification de sa succession, notamment en se référant aux principes de la gouvernance d’entreprise ?
Docteur en sciences économiques et sociales, Florent Ledentu est professeur à l’unité « Finance & Gouvernance d’Entreprise » de la Haute école d'ingénierie et de Gestion du canton de Vaud (HEIG-VD). Il possède une grande expérience théorique et pratique de la gouvernance d’entreprise. Il travaille actuellement sur des projets permettant de faciliter la divulgation d’informations à propos de la gouvernance aux dirigeants d’entreprise et se tient à disposition pour toute information complémentaire dans ce domaine.