Moyens de communication : Le potentiel de développement reste considérable

Les moyens de communication et le monde des télécoms en particulier ont connu une transformation fondamentale et ultra-rapide ces dix dernières années ; elle a touché les réseaux tout d’abord –voir la formidable augmentation de la capacité et de la vitesse d’accès à Internet-, puis les terminaux et les applications. « Se souvient-on qu’il y a dix ans encore, l’essentiel de la communication interne des entreprises se faisait sur un support papier ? » lance en substance le CEO de Swisscom Carsten Schloter devant les invités à la traditionnelle séance « Conjoncture et perspectives » de la Banque cantonale vaudoise.

Carsten Schloter est persuadé que les techniques liées à la communication vont poursuivre à un rythme soutenu leur profonde mutation tout au long des dix prochaines années. Innover, investir dans l’extension du réseau et des outils resteront des facteurs indispensables pour une entreprise comme Swisscom si elle entend garder une longueur d’avance sur ses concurrents. Le potentiel de créativité demeure immense dans ce domaine. Parmi les technologies qui prendront toujours plus d’importance et qui sous-tendent la stratégie et les perspectives de développement de Swisscom, son grand patron cite, entre autres, l’interface homme-machine, la réalité virtuelle, ou encore la généralisation des capteurs permettant l’interconnexion des machines.


Le rendez-vous annuel « Conjoncture et perspectives » de la BCV a réuni quelque 550 personnes le 5 octobre dernier à Beaulieu. Cette manifestation a permis à Fernando Martins da Silva, Directeur de la politique d’investissement de la BCV, de commenter le contexte économique actuel et de présenter les principales perspectives pour l’année prochaine aussi bien sur le plan mondial que pour la Suisse. L’évolution technique de la communication et ses impacts ont également été abordés lors de cette manifestation. Tout d’abord par Carsten Schloter, CEO de Swisscom, qui a parlé des développements technologiques en lien avec son entreprise, alors que Dominique Wolton, directeur de l’Institut des sciences de la communication du CNRS à Paris, a mis en parallèle le développement technique et la dimension humaine de la communication.


Plus en détail, l’utilisation de la machine et avec elle la diffusion de l’information, qui ont déjà subi un bouleversement avec l’apparition de l’écran tactile, seront à la fois simplifiées et accélérées grâce à la commande vocale. Plus aisée dans son utilisation, la télécommande facilitera elle aussi l’accès du consommateur aux nouvelles technologies. Déjà présente au cinéma, avec des scènes conçues sur l’ordinateur, la réalité virtuelle va s’étendre à de nombreux autres domaines, dont les jeux bien entendu. Elle renforcera l’attractivité du commerce en ligne dans le domaine des textiles, par exemple, en permettant au client de se projeter vêtu des habits qu’il a l’intention d’acheter par Internet.
Swisscom est également très engagée dans le développement des sensors domestiques (température, luminosité, appareils électroménagers, etc.) qui permettront de piloter sa maison à distance à l’aide d’un smartphone. Autre innovation prévue, le sensor biométrique, incorporé dans une montre, donnera la possibilité à toute personne sous traitement de transmettre en permanence des données à un centre médical.

Carsten Scholter

Carsten Schloter ne cache pas qu’une estimation sur les dix années à venir dans un domaine où l’évolution technique est permanente comporte une grande part d’incertitudes et de paris sur l’avenir. Car cette évolution implique aussi toute une série de phénomènes de société. « Tout d’abord, nous assistons à une inversion du pouvoir de l’information. Il y a peu, celle-ci était sélectionnée et diffusée par une minorité de personnes. Demain, le client et le collaborateur de l’entreprise sauront tout sur elle ». Le patron de Swisscom cite, à titre d’exemple, la pression exercée avec succès, via Facebook, sur une grande société pour qu’elle se retire d’une campagne menée par Economiesuisse dans le domaine de l’énergie.
La multiplication de la masse des informations nous interpelle, elle aussi. Nous en traitons dix fois plus qu’il y a dix ans, cette quantité va encore décupler dans les dix ans à venir.

« La grande question est de savoir comment nous allons gérer cette complexité », conclut Carsten Schloter, qui va même plus loin en se demandant si la crise monétaire internationale n’est pas elle-même une crise de la complexité.

Etienne Oppliger, journaliste économique

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