Apparu au Bangladesh en 1970, le microcrédit est né de ce simple constat : une faible somme d'argent suffit pour démarrer une petite activité commerciale. Ainsi, en prêtant de petits montants, la Grameen Bank a, la première, permis à quelques démunis de sortir de la misère. La seule condition à respecter est de tenir les mensualités de remboursement.
Le concept de microcrédit, imaginé par Mohammad Yunus - Prix Nobel de la Paix 2006 -, s'est rapidement étendu en Asie et en Afrique. On parle de "microfinance" lorsque d'autres services sont offerts (assurance, etc.) aux personnes à faibles revenus exclues du système bancaire classique. Pour de nombreuses régions défavorisées, le microcrédit a constitué un fort levier de développement. Plus récemment, le microcrédit a également vu le jour en Europe et en Suisse.
Les fonds de microfinance peuvent provenir d'opérateurs privés, d'organismes publics, de fondations internationales ou privées, d'entreprises qui font des investissements socialement responsables (ISR), auxquels s'ajoutent parfois des collectivités locales.
La fondation vaudoise ASECE (Action Solidarité et Création d’Entreprises) joue un rôle de premier plan dans la création d’entreprises grâce au microcrédit. En dix ans, elle a traité quelque 1000 dossiers, accordé plus de 100 prêts et contribué à la création de 200 emplois.
C’est un Vaudois d’exception, Georges Aegler, qui a créé l’ASECE en 1998. Alors âgé de 87 ans, il voulait aider les chômeurs qui avaient l’ambition de devenir leur propre patron. En 2000, l’ASECE change son statut en "Fondation action solidaire et création d’entreprises". Depuis le décès de M. Aegler, c’est Mme Yvette Jaggi, ancienne conseillère aux Etats et ancienne syndique de Lausanne, qui préside la Fondation.
Pour les créateurs d’entreprises
L’ASECE offre ses appuis à toutes les personnes motivées qui veulent lancer leur propre société. Une procédure très rigoureuse permet à la Fondation d’analyser la viabilité du projet, la motivation de l’auteur, le plan d’affaires, le réseau de vente, etc.
Prêt remboursable et coaching
Le crédit maximal que l’ASECE octroie est de
CHF 30 000. Le montant moyen est de
CHF 20 000. Le taux de ces prêts remboursables en 4 ans est très favorable puisqu’il se situe entre 3,5 et 5%. Les prêts ne sont attribués qu’à des personnes physiques qui, par manque de garanties, n’ont pas obtenu un crédit bancaire. En moyenne, une douzaine de crédits sont octroyés par année (17 en 2007). Les microcrédits sont remboursables mensuellement dès le début des activités.
Le coaching individuel de la Fondation permet au nouvel indépendant de gérer efficacement son entreprise, pour atteindre rapidement le seuil de rentabilité. Le coaching comprend trois volets : conseils dans le lancement/développement de l’entreprise, conseils en gestion financière et conseils commerciaux (réseaux de vente, publicité, etc.).
Solidarité et bénévolat
Le microcrédit fonctionne sur la base de la solidarité : les remboursements des uns financent le microcrédit des nouveaux demandeurs, qui à leur tour poursuivent la chaîne. Notons que l’ASECE s’appuie sur une vingtaine de spécialistes (experts, conseillers d’entreprise) qui apportent bénévolement leurs connaissances dans la phase d’analyse des dossiers et pendant les premières années de vie de la jeune entreprise.
Pour en savoir plus
Fondation ASECE – Georges Aegler
Mme Andréa Lehmann-Beytrison, Directrice
23, rue Pré-du-Marché
1004 Lausanne
Tél. 021/646 94 93
www.asece.ch
Jean-Louis Emmenegger, rédacteur indépendant
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